[Chiche-info] numéro dix-neuf, appel du dix-huit joints et textes sur le travail

From : aude@... , the 14th June 2002 02:36
  • 2002-06-14 02:36:32 — aude@... - [Chiche-info] numéro dix-neuf, appel du dix-huit joints et textes sur le travail

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         Chiche ! info
    un bulletin écolo-alternatif et tout et tout,                   à parution quasi-hebdomadaire                                         <<<<<<<< _______ n° 19 _____________________________________ Appel du 18 joints à Lyon, et on espère une action à Bordeaux... Le Collectif pour l'abrogation de la loi du 31 décembre 70 (CAL70) Lyonnais* vous invite à participer au rassemblement de l'Appel du 18 Joint qui aura lieu place Bellecour le mardi 18 juin à 18 heures. Au programme : stands associatifs, prises de parole, animation musicale, dégustation de produits dérivés du chanvre et distribution de chènevis (graines) bio ! * Les Alternatifs - Chiche ! - Circ Lyon - Fédération anarchiste - JCR - LCR - LDH - MJS - Ruptures - SOS Racisme - Syndicat de la magistrature - Unef - Les Verts ________________________________________________ Euthanasions les pauvres ! Il y a dans notre pays, et dans d'autres, toute une frange de population laissée à elle-même, qui vit dans la plus grande pauvreté, aux limites de la légalité. Cette population, devenue inemployable par la force des choses (le marché, quoi), n'a plus d'autre espoir qu'une assistance continue de l'Etat grâce aux impôts de populations encore au travail. Nous ne pouvons pas entrer dans une logique d'assistance et de mise sous perfusion de la pauvreté. C'est donc plein de charité que je propose une mesure pour améliorer le bien-être des pauvres : leur euthanasie. Considérations éthiques Au XVIIIème siècle Jonathan Swift proposait pendant une famine en Irlande de nourrir les pauvres avec leurs enfants. Une façon d'assurer la survie de certains pauvres en acceptant le sacrifice de leur proche famille, puisque de toute façon si rien n'était fait ils allaient tous crever. Il ne s'agit pas ici d'anthropophagie, mais de pure charité. Sans travail, comment garder son humanité ? Vivre aux crochets de l'Etat est une position dégradante et malsaine. Bien sûr nous sommes assez riches pour faire vivre tout le monde sur nos ressources existantes en instaurant un droit au revenu. Mais n'est-ce pas une façon d'encourager le passage d'un être humain (d'un chômeur, tout de même) au rang de l'animal ? Améliorer son employabilité Le bon chômeur ne bénéficiera pas d'un revenu inconditionnel. Un revenu lui sera bien accordé, mais de manière temporaire, pour assurer la transition entre deux emplois et sa survie pendant quelques mois. Il ne s'agira donc en aucun cas d'un revenu d'autonomie ou d'existence, comme le proposent ces affreux gauchistes, mais d'un revenu (minimum, hein) d'insertion. Le bon chômeur sera responsable de son employabilité. Aucune cause sociale ne sera à l'origine de son impossibilité à trouver un emploi. Quand on veut, on peut. Poussez, poussez, y'en aura pas pour tout le monde On pourra m'objecter que dans une société où le travail est de plus en plus automatisé, où la hausse constante de la productivité ne s'est pas accompagnée d'une redistribution des fruits du capital, l'emploi est une denrée rare. Et la croissance, ou l'ouverture de nouveaux marchés, ne seront que des cache-sexe anti-écologiques. Soit. Mais si on est bon, on peut trouver du boulot. Les assistances sociales le disent aux petits jeunes qui viennent les voir : si t'es prêt à travailler, avec des horaires pas évidents, à trois cents bornes de chez toi, à vingt kilomètres de là où tu auras de quoi  crécher, tu trouveras quelque chose. Mais faut se battre. Y'en aura pas pour tout le monde, on le sait. Désolé les autres. Le revenu n'est pas un dû. La social-démocratie jusque là, dans son rapport de force avec le capitalisme, avait réussi à protéger les intérêts des populations. Elle a abandonné l'idée même de réduction du temps de travail, comme en témoigne l'avancement de l'idée de RTT. Et elle soutient que le chômage est une faute dont le sans-emploi est coupable, que lui donner de quoi survivre (revenu minimum, allocation chômage, transports gratuits) est contraire aux principes de la société dans laquelle nous vivons. Le revenu d'est pas un dû, la vie n'est pas une fatalité. Si les conditions minimales de la survie ne sont pas offertes à ceux qui ne trouvent ou ne veulent pas d'emploi, l'euthanasie est exigible. Aude Vidal, Chiche ! Bordeaux _______________________________________________ Cadeau bonux : un texte d'une chanson de René Binamé qui fait bien triper Chiche ! Paname et Chiche ! Dijon Tic-Tac Je préfère de nager dans la mer, de faire l'amour au bord de la rivière. Je préfère de câliner sans fin et de boire de la bière sans misère à noyer... que d'aller travailler. Plutôt plutôt jouir que d'aller travailler ! Je préfère de gambader dans la bruyère, de siffler sur la colline, de dormir sur la plage. Je préfère de retourner la terre, de manier la truelle, le ciseau, le laser... que d'aller travailler. Plutôt plutôt jouer que d'aller travailler ! Je refuse d'être tué à la tâche, affamé au chômage pour cracher du profit. Je préfère de suer sang et eau en choisissant pour qui pour quoi où et quand et comment... que d'aller me détruire pour produire des nuisances qui détruisent à leur tour ! Pour découvrir la vie plutôt que la survie, pour ne plus travailler, rien n'est à espérer, tout est à renverser, et sur la table rase, nous pourrons nous aimer... Où l'on apprend que l'on a tout à gagner Quand nous n'aurons plus rien à vendre, à marchander ni à troquer. Quand il n'y aura plus de commerce, plus de marché, plus de valeurs à échanger ni titres de propriété. Nous pourrons enfin décider des richesses que nous produirons et tout ce qui nous sera cher n'aura réellement plus de prix. Quand nous ne serons plus à vendre à engager, à licencier. Quand nous n'aurons plus de monnaie, de bons d'échange ni de chéquiers, plus de salaires, plus d'honoraires, plus de pourboires, plus de cachets. Nous pourrons enfin nous parler sans avoir peur de nous montrer. Sans psychologues, sans sexologues, nous pourrons enfin nous aimer. Sans patrons, sans notaires, sans gendarmes, sans vigiles, sans profs, sans juges, sans contrôleurs, sans congés, sans loisirs, sans temps libre, sans vacances... nous pourrons enfin vivre. ________________________________________________ Retrouver virtuellement la multitude de Chiche !             sur                  www.chicheweb.org _________________________________________________