[Cip-idf] RASSEMBLEMENT Mardi 03/04 - 18H

From : Pablonemirovsky@... , the 30th March 2007 17:01
  • 2007-03-30 17:01:32 — Pablonemirovsky@... - [Cip-idf] RASSEMBLEMENT Mardi 03/04 - 18H

Liste d'info de la Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile de  France Site internet: http://www.cip-idf.org Nombreux Nombreux Nombreux ! ABROGATION ! MARDI 3 AVRIL 2007 18H : RASSEMBLEMENT PLACE DU PALAIS-ROYAL (M° Palais-Royal) Nombreux Nombreux Nombreux ! Intermittents / Précaires : Manifeste   Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes,  stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, nous savons compter et les  chiffres sont têtus : Nous vivons dans un pays riche où les politiques successives de l’emploi ont  fait preuve de leur impuissance à améliorer notre sort.   L’ANPE compte 4.5 millions d’inscrits. Plus d’1 chômeur sur 2 n’est pas indemnisé. 1 million 100 mille personnes touchent le RMI. Si l’on inclut les conjoints  et les enfants, 3 millions de personnes en dépendent. Plus de 12 millions de salariés ont un revenu mensuel inférieur à 843 euros  [1]. Plus de 3 personnes sans logis sur 10 ont un emploi à temps complet, partiel  ou précaire, gagnent entre 900 et 1 300 euros, et cherchent soir après soir où  dormir.   Cette situation est intolérable. Et pourtant :  Les discours de droite comme de gauche prétendent encore « réhabiliter le  travail ». Il est temps de rompre avec cette logique aux racines historiquement  douteuses et économiquement inopérantes afin d’asseoir les droits sociaux sur  de nouvelles bases.  Aujourd’hui, 80 % des embauches se font en CDD, la flexibilité est la norme. Il est grand temps d’oser dire que cette divinité devant laquelle nous sommes  tous appelés à nous incliner, « le plein emploi » n’existe pas et n’a jamais  existé (rappelons que dans les années 60, la plupart des femmes n’avaient pas  un emploi et n’étaient pas sur le marché du travail, elles étaient  considérées inactives, à la charge du conjoint : le « plein emploi » n’a jamais été une  donnée, mais une représentation par rapport à une « norme » de l’emploi).  Depuis 1999, en application de son projet de « refondation sociale », le  MEDEF, avec la complicité de certains syndicats dont la CFDT, sape méthodiquement l ’assurance-chômage. Dans ce cadre, ce que l'OCDE et les gouvernants appellent  « activer les dépenses passives », consiste à transformer le chômeur  indemnisé en salarié précaire mal payé, assujetti aux employeurs, voire à verser  directement les allocations à ces derniers, comme avec le RMA.   Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes,  stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, nous savons lire : nous  trouvons dans les recommandations de l’OCDE [2]  le paragraphe suivant : « Les réformes structurelles qui commencent par générer des coûts avant de  produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si  le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les  chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou  les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer  la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins  organisés.» Pourquoi l’assurance chômage a-t-elle été particulièrement visée ? Parce qu’ elle attribuait un revenu aux chômeurs. Pourquoi le système de l’intermittence  devait-il être démantelé ? Parce qu’il offrait un modèle alternatif à la  précarisation. Au croisement du droit du travail et du système de protection sociale, il  existait une zone d'exception où la flexibilité des emplois se combinait avec une  certaine « sécurité » pour le salarié, garantissant des marges de liberté  plus larges et une certaine mobilité choisie. Tel était le régime spécifique  d'indemnisation chômage des intermittents du spectacle jusqu'à la réforme de juin  2003. Ainsi, pour un bon nombre d’intermittents, la flexibilité de l’emploi n’ entraînait ni la précarisation, ni la paupérisation. Elle ouvrait des espaces  d’autonomie dans les diverses temporalités de la vie mais aussi dans le choix  des projets dans lesquels ils s’investissaient. C’est précisément pour ces raisons que ce régime a été visé. Le danger de l’ attaque ne vient pas du fait qu’elle se concentre sur le secteur culturel,  mais bien qu’elle détruit un exemple au regard du MEDEF et de ses alliés de  garantie de revenus, exemple qui aurait pu s’élargir à toute situation de  discontinuité de l’emploi, quel que soit le secteur d’activité.   L’ancienne couverture sociale des intermittents du spectacle fonctionnait  selon un principe mutualiste de redistribution vers les plus faibles revenus. Les  réformes successives de 2003 et de 2006, voulues par les gestionnaires de l’ Unedic, sont résolument inégalitaires. Elles introduisent un principe de  capitalisation des droits suivant lequel les plus employés et les mieux payés sont  également les mieux indemnisés. Les exclus du régime (près de 40000 en 2 ans)  financent ainsi les allocations ASSEDIC de « luxe » versés aux salariés à haut  revenus. Aujourd’hui, par exemple, un salarié intermittent percevant en  moyenne 12000 euros de salaire mensuel peut se voir octroyer, par le système de  capitalisation, environ 20000 euros d’allocations ASSEDIC répartis sur 243 jours.  Ce type d’aberration n’était pas possible avant les « réformes ». Voilà  pourquoi ces réformes se révèlent plus coûteuses que le précédent système. Mais le  but clairement avoué par le rapport de la Cour des comptes et par le MEDEF ne  se pose pas en termes de coût, mais de réduction des effectifs. « La question n ’est pas le déficit, mais le nombre d’intermittents » déclarait ainsi  tranquillement M. Gauthier-Sauvagnac, négociateur du MEDEF.   Et ce n’est pas tout !  Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes,  stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, nous observons le  fonctionnement politique qui s’installe : Pour accélérer les radiations des chômeurs, tout un arsenal de dispositifs de  contrôles et de contraintes à l’emploi est mis en place. On fabrique ainsi  une nouvelle insécurité sociale faite de course aux cachets, d’acceptation de n’ importe quel emploi, de peur du contrôle sous peine de se voir supprimer une  allocation. Qui aurait cru qu’après 4 ans de lutte, 4 ans d’actions, de rapports, de  missions d’information, de réunions à l’Assemblée nationale ou au ministère, les  mêmes soi-disant « partenaires sociaux » allaient signer un texte pire que le  protocole du 26 juin 2003 dénoncé par tous ? Ils l’appellent « le protocole du 18 avril 2006 ». Qui aurait cru que 4 ans de réflexions, d’expertises, de propositions  seraient balayés d’un revers de main sans même qu’aucune discussion avec les  donneurs d’ordre (le MEDEF et la CFDT) ne soit possible ? Comment ne pas être furieusement en colère ?  Le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres a répété à de nombreuses  reprises : « Le gouvernement ne donnera pas son agrément à un accord qui ne  contiendrait pas les 507 heures en 12 mois ». Il nous a menti. Non seulement aucune de ses promesses n’a été tenue, mais il a supprimé le  fonds transitoire versé par l’Etat. Ce fonds avait été obtenu grâce aux actions  menées par tous les opposants au protocole de 2003 ; il a permis de «  rattraper » 40000 exclus, leur évitant de basculer au RMI. Et ce ne sont pas les  pansements que l’Etat a cru nécessaire d’ajouter au protocole du 18 avril 2006 qui  juguleront l’hémorragie à venir de milliers d’intermittents radiés du  système.  La lutte n’est pas un vain mot, nous devons nous battre pour éviter l’agonie  annoncée de notre système de protection sociale.   Avec le laboratoire de recherche Matisse-ISYS de l’Université de Paris 1,  nous avons mené une enquête sociologique sur l’intermittence. Les analyses et  conclusions que nous en retirons dépassent largement le monde spécifique du  spectacle. Les constats sont clairs : L’emploi ne recouvre pas le travail. En d’autres termes, l’activité déborde  largement le temps de travail effectué sous contrat.  Pour un intermittent du spectacle, par exemple, tous les temps consacrés à la  formation, l’élaboration de nouveaux projets, la recherche, l’ expérimentation, quoique étant une étape indispensable à la création, ne sont pas  comptabilisés sur une fiche de paye, mais considérés comme temps chômé.  Nous proposons d’arrêter d’opposer de façon binaire emploi et chômage : le  temps de non emploi, considéré comme chômé est aussi -sinon plus que le temps  en emploi- producteur de richesses.  Il s’agit alors de relever le défi que constituent toutes les formes de  discontinuité, d’intermittence de l’emploi : repenser les droits sociaux et le  revenu au-delà de l’emploi et du chômage. L’assurance chômage n’est pas un coût passif. Elle est un investissement  productif. Il faut renverser les termes de l’assertion selon laquelle le nombre d’ intermittents aurait progressé plus vite que les ressources : ce n’est pas le  nombre d’intermittents qui augmente plus vite que les ressources du secteur, ce  sont les ressources du secteur qui augmentent trop peu. Celles-ci sont  inadéquates et largement insuffisantes pour accompagner et soutenir l‘expansion des  activités artistiques et culturelles, pour permettre le développement d’activités  en dehors des normes marchandes de l’industrie du spectacle. Cependant, le  financement des structures ne pourra jamais faire l’économie ni se substituer au  « financement » des individus. La discontinuité des projets ne doit pas  impliquer la précarisation des conditions de vie des personnes. La pérennité des  structures est liée de manière indissociable à la pérennité des droits sociaux et  des revenus des individus, à leur mobilité que seule la continuité du revenu  permet effectivement.    Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes,  stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, nous voulons réformer les  annexes 8 et 10, et aussi plus largement l’assurance chômage. Mais nous voulons  le faire autrement que le MEDEF et la CFDT. Notre Nouveau Modèle [3] d’indemnisation constitue un au-delà de l’ indemnisation chômage, et il se veut un modèle de garantie de la continuité du revenu  en situation de discontinuité de l'emploi. Il répond à un double objectif : d’ abord être adapté aux pratiques d’emploi et de travail des Intermittents. Il  vise ensuite à permettre au plus grand nombre de pouvoir bénéficier de cette  garantie d’un revenu au moins égal au SMIC. Construit sur un principe de  mutualisation, le Nouveau Modèle intègre un plafond mensuel calculé sur la base de l’ ensemble des revenus perçus dans le mois (salaires et indemnités). Il comporte  ainsi une redistribution en faveur de ceux qui perçoivent des salaires plus  faibles et connaissent une plus grande discontinuité de l’emploi. Le Nouveau  Modèle peut s’appliquer à tout travailleur engagé par des employeurs multiples,  avec un taux de rémunération, et une durée de contrats variables : c’est-à-dire  à beaucoup de personnes ne relevant pas des champs de l’intermittence  actuelle, mais connaissant une précarité réelle.  Le principe du Nouveau Modèle est donc résolument mutualiste. Loin de tout  corporatisme ou de défense de privilèges acquis, sa philosophie s’appuie sur la  continuité de revenu pour tous, conçue comme bien commun au même titre que le  logement, la santé et l’éducation.    Enfin, une refonte politique de l’Unedic s’impose, à commencer par la remise  en cause radicale d’un paritarisme à bout de souffle initié après la seconde  guerre mondiale. Depuis 30 ans, cette forme institutionnelle a progressivement  dérivé vers le mépris du commun. Ainsi, alors que partout on glose sur la «  sécurisation des parcours », des centaines de milliers de travailleurs  précaires cotisent à un régime d’assurance-chômage qui ne les indemnise pas, ou très m al.   Les syndicats de salariés (CFDT, CGC, CFTC) qui ont osé signer les dernières  réformes scandaleuses de l’assurance chômage élaborées par le MEDEF ne  représentent aucun chômeur. Il est inconcevable dans une démocratie que les premiers  concernés, à savoir les associations de chômeurs, d’intermittents, de  précaires, ne puissent pas discuter des réformes qui décident de leur vie. Il en est  de même pour tous les syndicats non représentés à l’Unedic. Mais le plus  incroyable et pour le moins incompréhensible, c’est l’absence de l’Etat. Les 4  derniers ministres des affaires sociales et de l’emploi Martine Aubry, Elizabeth  Guigou, François Fillon et Jean-Louis Borloo se sont pliés aux décisions du  MEDEF avouant ainsi leur totale impuissance ou leur parfait consentement.  Le temps libre nécessite des supports sociaux. Il s’agit de replacer l’ émancipation individuelle et collective au cœur de l’action politique.    Chômeurs, intermittents, intérimaires, vacataires, pigistes, rmistes,  stagiaires, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, nous ne voulons ni la pseudo  loi de l’économie ni une politique compassionnelle.  Nous sommes nombreux et en avons assez d’être plaints. CIP-IDF – Mars 2007   ------------------------------------------------------------------------------ --   [1] Jacques Cotta, « 7 Millions de travailleurs pauvres, La face cachée des  temps modernes » Ed Fayard [2] Perspective de l’emploi de l’OCDE (2006), stimuler l’emploi et les  revenus, Paris, 2006 [3] http://www.cip-idf.org/rubrique.php3?id_rubrique=252  _______________________________________________ Pour envoyer un message d'info sur cette liste: liste.info@cip-idf.org --------------------------------------- Inscription / désinscription / archives: https://cip-idf.org/cgi-bin/mailman/listinfo/liste.info --------------------------------------- Pour tout problème technique: liste.info-owner@cip-idf.org --------------------------------------- Pour vous inscrire sur la liste de discussion de la cip-idf: http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/cip-idf