[Cip-idf] « Pour un processus de mobilisation prolongée »Annick Coupé, Union syndicale Solidaires

From : yotogui@... , the 30th September 2005 09:33
  • 2005-09-30 09:33:51 — yotogui@... - [Cip-idf] « Pour un processus de mobilisation prolongée »Annick Coupé, Union syndicale Solidaires

http://www.humanite.presse.fr/journal/2005-09-29/2005-09-29-815068 "(...)le patronat réclame une mise en insécurité toujours plus   poussée des salariés, il devient fondamental de mettre en avant un   maximum de garanties en termes de continuité de revenu, continuité   des prestations sociales, de cotisations retraites, d’accès à des   formations qualifiantes." « Pour un processus de mobilisation prolongée » Rencontre avec Annick Coupé, porte-parole de l’Union syndicale   Solidaires. Tous les syndicats appellent à participer à la mobilisation. Pourquoi insistez-vous sur le besoin de se mettre en grève le 4   octobre ? Annick Coupé. Depuis le référendum du 29 mai, le gouvernement est   largement délégitimé dans l’opinion publique et chez les salariés. Il   a pourtant fait le choix d’une accélération débridée des politiques   libérales. L’enjeu du 4 octobre est de permettre au mécontentement   social de se faire entendre. Un mot d’ordre unitaire des   organisations syndicales sur l’emploi et salaires y contribue   grandement. Le fait que les collectifs locaux du 29 mai ou de défense   des services publics se joignent aux manifestations est un signe -   encourageant. Pour notre part, nous ajoutons aux mots d’ordre la   défense des services publics car la politique gouvernementale forme   un tout. Les choix gouvernementaux sont en train de se dessiner dans le budget   2006. Comment réagissez-vous à l’annonce de nouvelles exonérations de   charges patronales ? Annick Coupé. Cette logique, on la connaît bien. Elle dure depuis   vingt ans mais n’a jamais produit de résultats probants sur le   chômage. Le gouvernement veut exonérer tous les emplois du niveau du   SMIC d’ici 2008. Il multiplie les cadeaux aux entreprises, et c’est   la collectivité qui doit compenser les pertes de recettes pour la   Sécurité sociale ! De son côté, le patronat remplace de plus en plus   les augmentations de salaires par l’octroi de primes individuelles,   qui sont ponctuelles et échappent elles aussi aux cotisations   sociales. Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que les   bénéfices se portent bien. Inverser les logiques globales de   précarité renvoie au partage de la valeur ajoutée. Que faudrait-il faire pour sortir l’emploi de la spirale de la   précarité ? Annick Coupé. Abroger le contrat « nouvelles embauches ». L’immédiat   passe par là, mais ne suffit pas. Il ne faut pas laisser la précarité   devenir la normalité mais au contraire décider de mesures qui   l’encadrent, la limitent et la placent sous contrôle des élus du   personnel. Des mesures fiscales, de surcotisation, par exemple,   devraient inciter les entreprises à limiter le recours aux contrats   précaires. Il est aussi nécessaire de s’attaquer sérieusement au   problème de la sous-traitance, notamment la sous-traitance en   cascade, dont les emplois sont le plus souvent précaires, insalubres   et dangereux. Enfin, alors que le patronat réclame une mise en   insécurité toujours plus poussée des salariés, il devient fondamental   de mettre en avant un maximum de garanties en termes de continuité de   revenu, continuité des prestations sociales, de cotisations   retraites, d’accès à des formations qualifiantes. Cela passe-t-il aussi par des revalorisations salariales ? Annick Coupé. De ce point de vue, l’État pourrait émettre un premier   signe positif en rouvrant les négociations salariales dans la   fonction publique. Même s’il n’y a pas d’automatisme, une progression   des rémunérations des fonctionnaires est une incitation à faire de   même dans le secteur privé. Face à l’intransigeance du gouvernement, pensez-vous utile de donner   des suites au 4 octobre ? Annick Coupé. Il y a déjà des rendez-vous inscrits au - calendrier.   La fédération Convergence des collectifs services publics, qui s’est   constituée à Angoulême, appelle à manifester 19 novembre à Paris.   Pour nous, il s’agit d’une continuité même si le mouvement syndical   n’est pas à l’origine de cette décision. Ces collectifs, qui   rassemblent des syndicats, des citoyens, des élus locaux, contribuent   à poser le problème des services publics comme un bien commun   nécessaire à tous. Il faut donc travailler des articulations avec le   mouvement syndical. Le 4 octobre est une occasion de remobiliser.   Cette journée est très importante mais risque de ne pas suffire à   faire céder le gouvernement. On manifeste tous ensemble. Pouvons-nous   tous ensemble engager un processus de mobilisation prolongée ? Entretien réalisé par Paule Masson