[Cip-idf]Propositions électorales ; «Au moins un Français sur trois est pauvre ou précaire», Libération, Le Monde

From : yotogui@... , the 30th March 2007 11:03
  • 2007-03-30 11:03:24 — yotogui@... - [Cip-idf]Propositions électorales ; «Au moins un Français sur trois est pauvre ou précaire», Libération, Le Monde

Ce que proposent les candidats http://www.liberation.fr/actualite/politiques/  elections2007/244073.FR.php «Au moins un Français sur trois est pauvre ou précaire» A Montreuil, les étiquettes à la loupe 6,9 millions de Français vivent avec moins de 800 euros http://www.lemonde.fr/web/article/  0,1-0@2-3234,36-837731@51-888696,0.html Ce que proposent les candidats «Au moins un Français sur trois est pauvre ou précaire» A Montreuil, les étiquettes à la loupe Ce que proposent les candidats Par Muriel GREMILLET QUOTIDIEN : jeudi 29 mars 2007 Nicolas Sarkozy : inciter à «travailler plus pour gagner plus» Nicolas Sarkozy reprend comme une antienne son slogan : «travailler   plus pour gagner plus». C'est le seul moyen pour lui de lutter contre   la baisse du pouvoir d'achat. Les heures supplémentaires ainsi   dégagées seraient totalement exonérées de charges sociales et   patronales, ainsi que sorties de l'impôt sur le revenu. En cas de   perte d'emploi, les bas salaires pourraient être maintenus le temps   de la recherche d'un nouveau poste. Mais à une seule condition : le   salarié ne pourra pas refuser plus de deux offres d'emploi. En   matière fiscale, le candidat propose de déduire jusqu'à 50 000 euros   de son ISF (impôt sur la fortune) à condition d'investir la même   somme dans les PME. Ségolène Royal : augmenter le Smic à 1 500 euros brut en cinq ans La mesure phare en matière de pouvoir d'achat de la candidate   socialiste porte sur une augmentation du Smic à 1 500 euros brut en   cinq ans. Dans le même temps, les petites retraites seront augmentées   de 5 %, passant au moins à 985 euros mensuels net. Au-delà, la   candidate propose de créer un revenu de solidarité active, qui   éviterait à une personne de voir ses revenus baisser quand elle   quitte le RMI, ou une autre allocation pour reprendre une activité   salariée. Un moyen d'en finir avec la trappe à bas salaires. Ensuite,   toujours dans cette idée de reprise d'activité, de valorisation des   revenus venant du travail, la candidate propose de garantir aux   chômeurs une rémunération de 90 % du dernier salaire perçu contre une   recherche active d'emploi, des formations, une reconversion dans le   cadre de la sécurité sociale professionnelle. Enfin, elle prévoit la   création de 500 000 emplois tremplins, des emplois aidés dans le   public et le privé sur le mode des emplois jeunes. Au niveau fiscal, la candidate prévoit de «moins taxer le travail que   le capital» en supprimant le bouclier fiscal, en "nettoyant" et   limitant l'utilisation des niches fiscales. François Bayrou : unifier les minima sociaux en une allocation unique   «à points» Idée phare du candidat de l'UDF pour relancer la consommation par   l'emploi, il s'agit de permettre à toutes les entreprises de créer   deux emplois sans avoir à payer de charges sociales, sauf pour la   retraite. Au-delà, toujours pour améliorer les revenus de ceux qui   travaillent, Bayrou prévoit de rémunérer toutes les heures   supplémentaires entre la 35e et la 39e heure, 35 % de plus qu'une   heure normale travaillée, sans surcoût pour l'entreprise. Les minima   sociaux pourraient être unifiés en une allocation unique «à points».   Et leurs bénéficiaires pourraient exercer une activité rémunérée au   profit de la collectivité, sans pour autant perdre ces revenus. Côté   fiscal, le candidat prévoit un ISF transformé en taxe de 1 pour   mille. Soit une taxation des patrimoines de 0,1 % pour ceux qui   dépassent 750 000 euros. Jean-Marie Le Pen : créer un revenu parental d'éducation Première innovation du leader du Front national, la création d'un   revenu parental d'éducation, de trois ans, égal au Smic, qui serait   versé dès le premier enfant. Outre l'abrogation des 35 heures, Le Pen   prévoit la prise en charge par l'Etat de 200 euros de cotisations   sociales pour les salariés gagnant moins de 1,4 fois le Smic pour   favoriser l'embauche de salariés à bas salaires et donc faire baisser   le chômage. Evidemment, les salariés étrangers seront surtaxés en   cotisations sociales et impôts. Au registre fiscal, l'impôt sur le   revenu est simplifié, les droits de succession dans les familles   directes sont abrogés. Et un taux maximal de prélèvements   obligatoires est inscrit dans la Constitution. ----------- «Au moins un Français sur trois est pauvre ou précaire» Les prix qui s'envolent, les salaires en rade ... le débat a ressurgi   dans la campagne. A la mesure de la «gravité du problème», selon   l'économiste Pierre Concialdi. Par Muriel GREMILLET QUOTIDIEN : jeudi 29 mars 2007 Pierre Concialdi est économiste à l'Institut de recherches   économiques et sociales (Ires), un organisme proche des organisations   syndicales. Il s'apprête à publier Non à la précarité (Editions Mango). Pourquoi la question du pouvoir d'achat s'est-elle imposée dans la   campagne ? Il n'est pas étonnant de voir resurgir ce débat, compte tenu de la   gravité du problème. C'était déjà la revendication majeure des   salariés dans les manifestations du printemps 2005. Après presque   trente années de vaches maigres, la situation est devenue critique   pour de très nombreux salariés, vulnérables au moindre coup dur.   Aujourd'hui, on peut estimer qu'au moins un Français sur trois est   pauvre ou précaire. Les salaires sont-ils trop bas ? Depuis la fin des années 70, les salaires ont été mis à la portion   congrue. Le pouvoir d'achat du salaire net a baissé ou stagné une   année sur trois. En moyenne, la hausse a été de 0,4 à 0,5 % par an.   Cela n'a même pas permis de rémunérer la hausse du niveau moyen de   qualification. Le pouvoir d'achat du revenu moyen par ménage a aussi   très peu augmenté (+ 0,5 % par an). De plus, cette faible hausse a   été concentrée sur deux périodes (1987-1990 et 1997-2002), en dehors   desquelles le pouvoir d'achat des ménages a baissé ou stagné, comme   depuis 2002. Les inégalités entre salariés et ménages se sont   creusées. La sécurité économique passe par les revenus de la   propriété : ils représentent l'équivalent de près de la moitié de la   masse des salaires nets, contre un quart en 1978. Assiste-t-on au développement d'une catégorie de travailleurs pauvres ? Depuis 25 ans, il y a eu une explosion des bas salaires :   aujourd'hui, plus d'un salarié sur 6 est à bas salaire (soit environ   90 % du Smic net à temps complet). Et, dans ces bas salaires, la   proportion de très bas salaires (environ deux tiers du Smic) a   pratiquement doublé. Cela a nourri le développement de la pauvreté   laborieuse. Mais ce phénomène traduit un mouvement plus profond de   dévalorisation du travail : les revenus de la propriété ont explosé   depuis la fin des années 80, et la plupart des salariés n'en ont   guère vu la couleur. Mais il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui 6,5   millions de Français vivent avec les minima sociaux, dont le niveau a   régressé depuis 25 ans par rapport au niveau de vie moyen... Comment jugez-vous la proposition de Nicolas Sarkozy qui propose de   «travailler plus pour gagner plus» ? Quand des millions de personnes sont au chômage ou en sous-emploi,   tout le monde comprend que c'est une supercherie. L'arithmétique   élémentaire qui sous-tend ce slogan signifie implicitement qu'il n'y   a pas d'autre moyen pour les salariés que de travailler plus pour   gagner plus. En clair, la croissance et les gains de productivité ne   sont pas pour eux. C'est un projet socialement insoutenable et   économiquement inefficace. -------------------------------------- A Montreuil, les étiquettes à la loupe Devant les étals du marché ou au centre commercial, on compare et on   attend les rabais. Par Muriel GREMILLET Dans une panière, des ballerines pailletées or ou argent. Cinq euros,   annonce l'affiche en carton juste au-dessus. Au niveau supérieur, un   autre magasin de maroquinerie. Plus chic. Dehors, des sacs, en   imitation cuir, sont annoncés à quinze euros. Dans la vitrine,   d'autres coûtent 445 euros. Les passants ne s'arrêtent pas et tracent   tout droit vers le supermarché niché au fond et qui proclame, en   vitrine, «pas besoin d'aller plus loin pour dépenser moins».   Difficile d'échapper aux prix, aux promotions, aux rabais, à la   «lutte contre la vie chère». Comme si la préoccupation du pouvoir   d'achat, qui monte dans la campagne électorale, n'avait pas attendu   les propositions des candidats pour exister vraiment. Au marché de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Sébastien vend des   primeurs. Deux salariés, qui pèsent, emballent les pommes de terre,   les citrons, les oignons. Devant l'étal, des Maliennes, chariot à carreaux verts en main. Des   jeunes couples de bobos, graphistes, cinéastes, artistes,   journalistes, sapés décontractés mais à la mode. Des vieilles dames   retraitées. Tout le monde regarde attentivement les étiquettes. Tous   renoncent à un moment ou à un autre à craquer pour des «citrons de   Menton» à 6,95 euros le kilo. Ce qui part ? Les oignons, ordinaires   (1,95 euro le kilo), et les patates. «Les pommes de terre, c'est un   bon moyen de savoir si les gens ont des sous ou pas, dit Sébastien.   Tout le monde en achète, pauvre ou pas. C'est le dernier légume qui   reste, même quand on est en fin de mois. Mais, depuis quelque temps,   je vois les gens rechigner sur les patates. On me dit "on mange des   pâtes". Ça aussi, c'est trop cher.» Télés à écran plat. Les clients, entre les étals, comparent les prix.   Ils attendent. «A la fin de la matinée, on est sûrs qu'on va pouvoir   emporter des légumes à prix bradés», dit une femme africaine. Le   fromager, un peu luxueux, le poissonnier, en ce jour de marché,   n'attirent qu'une clientèle dite «bobo», c'est-à-dire les jeunes   blancs venus s'installer à l'est de Paris pour y trouver des   appartements et des maisons moins chers. Enfin, moins cher, tout est   relatif. Un passage devant la vitrine d'une agence immobilière à côté   de la halle du marché donne le tournis. Une «maison de 130 m2, deux   niveaux», est annoncée à 620 000 euros. Le reste est à l'avenant.   C'est le marchand de télés à écrans plats, en face, qui a le plus de   succès : pourtant, là aussi, en dépit des calicots annonçant des   «paiements trois fois sans frais» ou des «prix bas», une petite télé   écran plat vaut près de 449 euros. «On achète le nécessaire, c'est   tout, dit Marie, qui traîne près du Bar du marché avec ses deux   filles, Garance et Suzanne. Moi, j'ai les moyens, mais ceux qui   gagnent 1 100 euros ont 700 euros de loyer, qu'est-ce qu'il leur   reste ?» Même pas l'espoir qu'un nouveau président de la République   change les choses. «D'accord, la dame [Ségolène Royal, ndlr] nous dit   "le Smic sera à 1 500 euros", note une jeune femme qui achète des   oignons. Mais personne n'y croit. On est juste fatigués. Les   politiques, c'est la tête qui bouffe. Nous, on n'aura jamais rien.» Un peu plus loin du centre de Montreuil, aux portes de Paris, un   grand centre commercial. Un hypermarché, un McDo, des boutiques de   chaînes de vêtements. Et un manège, juste au-dessus du tapis roulant   qui permet de redescendre vers le parking. Peu d'enfants à cette   heure-là. Et le patron du manège qui explique casser les prix, sinon   «les gens sont trop regardants et les gosses pleurent». Là aussi, le   regard est happé par les affiches qui proclament des prix bas,   sacrifiés, massacrés. Mais pas forcément sur des denrées de première   nécessité. «Discounter» du coin. Les réflexions des clients vont, au choix, de   «tout augmente» à «depuis l'euro, les commerçants ont fait comme si   un franc égale un euro». De toute façon, «on a pas le choix», dit une   retraitée, «faut bien manger». Comme d'autres, elle pratique le   «tourisme» commercial. Les indispensables, dans l'hypermarché. Les   produits de base, chez le discounter du coin. Un réflexe pris bien   avant que les candidats à la présidentielle découvrent qu'il y avait   peut-être un petit problème de répartition du pouvoir d'achat en   France, entre les actifs et les retraités, entre les salariés eux-  mêmes. Sans parler des chômeurs. Même le fast-food du coin, pour continuer à attirer les jeunes qui   préfèrent aller manger dans les kebabs de la rue de Paris, un peu   plus loin, y va de ses promotions, avec «les petits prix McDo». En face se dresse le siège de la CGT. Et, bizarrement, fait aussi une   campagne baisse des prix : «Ne payez pas un euro de trop» proclame un   calicot accroché sur une des tours. C'est le slogan de son guide   annuel d'aide à la déclaration de revenus. ----------------------------------- 6,9 millions de Français vivent avec moins de 800 euros LE MONDE | 23.11.06 | 13h41 En 2004, la France comptait 6,9 millions de personnes pauvres,   disposant de moins de 788 euros par mois pour vivre. De 1996 à 2004,   à la faveur de l'augmentation générale du niveau de vie, qui s'est   accru de 12 % en moyenne, la proportion de pauvres dans la population   totale a diminué - passant de 13,5 % à 11,7 % - révèle l'édition 2006   de l'ouvrage de l'Institut national de la statistique et des études   économiques (Insee) sur Les revenus et le patrimoine des ménages,   rendue publique jeudi 23 novembre. Toutefois, précise l'Insee, cette diminution s'est interrompue en fin   de période : 2003 et 2004 - qui ont vu augmenter fortement le   chômage, le nombre d'allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI)   et de travailleurs pauvres - ont davantage été des années de   stabilisation de la pauvreté. De plus, si l'on ajoute à cette   catégorie de pauvres - au sens monétaire - les personnes qui cumulent   des conditions de vie difficiles et de faibles ressources, conduisant   à des privations, près du quart de la population (22 %) appartient à   l'une ou l'autre de ces deux catégories, 5 % des individus cumulant   les deux formes de pauvreté. Autre précision apportée par l'Insee : l'augmentation générale du   niveau de vie sur huit ans a bénéficié principalement aux personnes   aux revenus les plus modestes et aux plus aisées, qui ont vu leurs   niveaux de vie respectifs augmenter en moyenne de 20 % pour les   premiers et de 13 % pour les seconds. Le niveau de vie moyen mensuel   s'établit, en 2004, à 1 503 euros par personne, et le seuil de revenu   qui sépare la population en deux est de 1 314 euros. Ce n'est pas une surprise, la répartition des revenus reste   inégalitaire : les 20 % des individus aux niveaux de vie les plus   faibles détiennent 9,6 % de la masse des revenus par unité de   consommation, contre 37 % pour les 20 % des plus aisés. Les 10 % de personnes aux revenus les plus modestes disposaient en   2004 de moins de 753 euros par mois, le RMI pour une personne seule   étant à cette date de 418 euros et le minimum vieillesse de 588 euros   mensuels. Les 10 % les plus aisés avaient, eux, 2 363 euros pour vivre. Dans la même période, la composition de la population pauvre a   beaucoup évolué. Elle compte moins de familles nombreuses (couples   avec trois enfants ou plus) et davantage de personnes seules (17 %   des pauvres en 2004 contre 14 % en 1996) et de familles   monoparentales (16 % contre 13 %). En outre, la pauvreté monétaire a continué à se déplacer des petites   agglomérations vers les grandes villes. Près d'une personne pauvre   sur quatre vit désormais dans des villes de plus de 200 000   habitants. La proportion de pauvres habitant une commune rurale est   passée, en huit ans, de 30 % à 27 %. Longtemps, les personnes âgées ont été sur-représentées au sein de la   population pauvre. C'est de moins en moins le cas. L'Insee révèle en effet que la population des seniors - les plus de   55 ans - est très hétérogène. Les 55-64 ans, qui sont dans une phase   de transition entre la vie active et la retraite mais participent   encore majoritairement au marché du travail, bénéficient d'un niveau   de vie supérieur à celui des plus jeunes mais aussi à celui de leurs   aînés. L'écart de niveau de vie entre les "jeunes" seniors et les   plus de 65 ans est ainsi de l'ordre de 15 % en faveur des premiers. En 2003, précise l'Insee, le niveau de vie annuel moyen des plus de   55 ans était de 18 100 euros, très légèrement supérieur (+ 2,7 %) à   celui de l'ensemble de la population. Mais la même année, les   personnes de plus de 65 ans disposaient de 16 700 euros par an pour   vivre : leur niveau de vie était, lui, inférieur de 7,8 % à celui de   l'ensemble de la population. Cette hétérogénéité de situations   s'explique notamment par le fait qu'à la faveur de l'augmentation du   travail des femmes, chaque nouvelle génération atteignant la tranche   d'âge 55-64 ans a connu des taux d'activité plus élevés que la   précédente, et bénéficie de droits à la retraite plus importants. Dernier enseignement et non des moindres apporté par l'Insee : à   l'heure où l'UMP propose la suppression des droits de donation et de   succession "pour tous les patrimoines petits et moyens" et envisage   d'exonérer 90 % à 95 % des ménages jusqu'à 300 000 euros, le   patrimoine moyen des ménages vivant en France métropolitaine était de   165 000 euros en 2004, la moitié disposant de plus de 98 000 euros de   patrimoine. Toutefois, cette moyenne dissimule d'importantes   disparités. Les 10 % de personnes les plus riches possèdent au total   46 % de l'ensemble du patrimoine avec des avoirs supérieurs à 382 000   euros, et les 10 % les plus pauvres moins de 900 euros. Enfin, parmi les ménages propriétaires de leur résidence principale   et parmi les plus de 60 ans, les inégalités patrimoniales sont   restées stables. En revanche, elles ont progressé au sein de la   population âgée de 30 à 50 ans. Le patrimoine brut des jeunes, qui   ont de plus en plus de mal à devenir propriétaire, est moindre en   2004 que douze ans auparavant. Claire Guélaud et Rémi Barroux