[Cip-idf]"Impuissance politique", "(...) régime des intermittents déjà contesté, à peine entré en vigueur", Le Monde

From : yotogui@... , the 31st March 2007 16:04

Editorial Impuissance politique Drôle de calendrier. La réforme de l'assurance-chômage des   intermittents du spectacle entre e  vigueur le 1er avril, en pleine   campagne présidentielle. Ell  n'a pas commencé à produire ses effets   que, déjà, plusieur  candidats, comme Ségolène Royal, s'engagent à   remettr  les négociations en chantier. Ces déclarations sont san    doute un peu hâtives tant les promesses électorale  doivent être   maniées avec précaution sur ce sujet La situation des intermittents est préoccupante. Leur nombre a   quadruplé en vingt ans. Malgré un doublement de la quantité de   travail sur la même période, les effets pervers du système   aboutissent à un déficit de près de 900 millions d'euros, financé par   le régime général. Et la colère qui couve chez les quelque 100 000   intermittents, échaudés par près de quatre ans de conflit, ne demande   qu'à se réveiller à l'occasion des prochains festivals, comme à l'été   2003. Les artistes et les techniciens du spectacle n'ont pas obtenu ce   qu'ils réclamaient : une garantie de revenus sur douze mois pour 507   heures de travail. En dépit d'améliorations, le texte signé,   notamment par la CFDT, le 21 décembre 2006 reprend les grandes lignes   de celui de juin 2003 qui avait déclenché la crise. Dans   l'intervalle, divers rapports d'experts et de parlementaires ont   proposé en vain des voies alternatives. Renaud Donnedieu de Vabres, le ministre de la culture qui s'est   fortement engagé, n'est pas parvenu à régler ce dossier. Nommé au   printemps 2004, il promettait de résoudre la crise au plus tard au   1er janvier 2006. A quelques semaines de son départ, force est de   constater que le ministre n'a pas réussi à imposer un calendrier aux   partenaires sociaux et à infléchir leurs positions sur le fond. Il   lui est aussi reproché de ne pas avoir fait voter une proposition de   loi répondant à des revendications d'intermittents, soutenue par des   élus de tous bords mais contestée par la CFDT. Il s'est trouvé   paralysé par l'antagonisme entre la CGT et la CFDT. M. Donnedieu de Vabres a fait trop de promesses. Certes, il a obtenu   la création d'un " fonds permanent " financé par l'Etat, qui aura   vocation à soutenir des intermittents en difficulté. C'est le   deuxième pilier de la réforme. Et, troisième pilier, il a amené les   professionnels à négocier des conventions collectives étendues dans   tous les secteurs pour traiter la question de l'emploi culturel et   clarifier la notion d'intermittence. Mais ce travail échappe au temps politique. Dans l'immédiat, le   nouveau régime, moins protecteur que le précédent, risque d'exclure   du système de nombreux intermittents, sans que les vrais abus, comme   l'emploi massif de l'intermittence dans l'audiovisuel, soient   corrigés. C'est un comble, alors que, comme l'a souligné la Cour des   comptes, les gains financiers de cette réforme restent largement   incertains ! -------------------------- Le nouveau régime des intermittents déjà contesté, à peine entré en   vigueur   La réforme prend effet le 1er avril. Les candidats à l'élection   présidentielle se disent prêts à revoir ce dispositif complexe qui   est loin de faire l'unanimité Rien de tel qu'une campagne présidentielle pou  fragiliser une   réforme impopulaire et à peine entré  en vigueur.. Si la réforme de l'assurance-chômage des intermittents du spectacle   doit s'appliquer le 1er avril, va-t-elle être remise en cause après   l'élection ? La question se pose à la lecture des promesses - un peu   rapides ? - des principaux candidats à l'élection présidentielle. Ségolène Royal (PS) a ouvert le bal en s'engageant, dans un   communiqué, début mars, à amener les partenaires sociaux à négocier   un nouvel accord. De son côté, François Bayrou (UDF), Marie-George   Buffet (gauche antilibérale), ou Dominique Voynet (Verts) se disent   prêts à faire voter la proposition de loi alternative au protocole,   soutenue par des élus de tous bords. Tous cherchent à répondre à la revendication majeure de la CGT-  spectacle, le syndicat le plus représentatif du secteur, et de la   Coordination des intermittents : 507 heures de travail sur douze   mois, ouvrant droit à une indemnisation sur douze mois, avec un   examen à date fixe du dossier, par les Assedic. Plusieurs rapports   d'experts et de parlementaires plaidaient aussi dans ce sens, à   quelques nuances près. Le texte, signé le 21 décembre 2006 par la CFDT, la CFE-CGC, la CGC,   et rejeté par la CGT et FO, n'a pas suivi cette voie : malgré   quelques modifications, il reconduit l'esprit du protocole de juin   2003, à l'origine de la " crise des intermittents ". Et l'on peut   parier que la " crise " n'est pas terminée. Est-ce pour cette raison que même Nicolas Sarkozy promet de rouvrir   les négociations, comme on peut le lire dans sa réponse écrite à la   Société des réalisateurs de films ? La situation ne manque pas de   sel ! Expert du dossier et proche de M. Sarkozy, le député Dominique   Paillé décrypte : " Nous allons voir les effets que produit la   réforme dans les six mois qui viennent. Si ce n'est pas concluant en   termes d'équilibre financier, de justice sociale et de sécurité des   artistes, il faudra le revoir ", confirme-t-il. Las, François Chérèque (secrétaire général de la CFDT) a déjà opposé   une fin de non-recevoir aux candidats. Et à Mme Royal en particulier,   avec laquelle il s'est entretenu sur le sujet. " Nous lui avons dit   que si le gouvernement remet en cause de lui-même l'accord, il   ouvrira un conflit majeur avec la CFDT ", a déclaré M. Chérèque au   Monde. Et de brandir la menace que les annexes 8 (techniciens) et 10   (artistes) de l'Unedic ne soient plus financées par les cotisations   des salariés du privé. La " solidarité interprofessionnelle "   volerait en éclats. " FONDS PERMANENT " En attendant, le ministre de la culture et de la communication,   Renaud Donnedieu de Vabres, tente d'assurer le service après-vente de   la réforme. La plaquette d'information officielle affirme, en   caractères gras et en couleur : " Le seuil d'affiliation de 507   heures sur douze mois est maintenu " en 2007. Les 507 heures en douze   mois ? Pas tout à fait. En fait, au-delà des prestations prévues par l'accord des partenaires   sociaux, des intermittents en difficulté pourront, sous certaines   conditions, bénéficier d'une allocation financée par l'Etat, via le "   fonds permanent de solidarité et de professionnalisation " - lequel a   vocation aussi à fournir une assistance, notamment en cas d'accident   de carrière. Ce " fonds permanent " prolonge, avec quelques bémols, le fonds   transitoire créé à l'été 2004 qui aura permis, au total, d'indemniser   43 805 intermittents (chiffre du 23 mars) exclus, pour un coût évalué   fin février à 242 millions d'euros. Autant dire que les intermittents   y sont très attachés. Le nouveau dispositif sera-t-il aussi protecteur ? Grâce à ce " fonds   permanent ", affirme-t-on Rue de Valois, une garantie de revenus sur   douze mois pourra être assurée, si l'on met bout à bout les   prestations d'assurance-chômage, l'allocation financée par l'Etat et   les congés payés. Les intermittents crient au " mensonge " et à la "   trahison ". Suite du feuilleton après l'élection. Clarisse Fabre