[Cip-idf] Une cotisation qui fait scandale (Le Parisien)

From : yotogui@... , the 30th March 2007 10:48
  • 2007-03-30 10:48:01 — yotogui@... - [Cip-idf] Une cotisation qui fait scandale (Le Parisien)

Une cotisation qui fait scandale LE « CONSEILLER social » est connu de tous les professionnels du   cinéma, de la télévision et des spectacles vivants. Cet homme   contrôle les conditions d'hygiène et de sécurité sur tous les   tournages et son salaire est réglé via une cotisation récupérée   auprès de 4 599 entreprises artistiques. Si l'homme s'acquitte de sa   tâche avec intégrité, la cotisation, elle, provoque le scandale. Elle fait l'objet d'un chapitre dans un rapport de la Cour des   comptes, que notre journal a pu consulter. Où est passé l'argent ? Selon les rapporteurs, 0,54 million d'euros   avaient été collectés auprès des entreprises par les Congés   spectacles qui les reversaient au CSPF, la Chambre syndicale des   producteurs de films (employeur du conseiller social). Verdict : « Au   vu des éléments dont la Cour des comptes a eu connaissance, le   montant des fonds collectés semble supérieur au coût du service du   conseiller social. » Où va la différence ? En dehors du salaire et   les frais du conseiller, l'argent est « partiellement utilisé pour le   financement du paritarisme, c'est-à-dire la couverture de dépenses   courantes d'organes syndicaux ». En fait, la CSPF elle-même (60 %) et   un autre syndicat patronal, le SPI (40 %), sans détails sur   l'affectation réelle. Les rapporteurs dévoilent que les sociétés de   production de télévision, non adhérentes à la convention, n'ont pas   d'obligation de payer cette taxe. « Il semble donc que, contrairement   aux stipulations du protocole actuel, qu'elle applique, la caisse ne   devrait pas appeler systématiquement la cotisation auprès des 4 599   entreprises relevant des codes 921 A, B, C (cinéma, télévision, court-  métrage). » L'ancien président de Congés spectacles allume la mèche. Les sommes   occultées sont de plus grande ampleur. Dès 2001, le président des   Congés spectacles de l'époque, Daniel Peressini, patron de sa boîte   de production, ancien journaliste d'investigation, et son bureau,   avaient tiré la sonnette d'alarme. « Il y a eu des dérives   scandaleuses, explique Daniel Peressini à notre journal, on a   découvert le pot aux roses quand la boîte de production de Michel   Drucker, DMD, a obtenu la condamnation des Congés spectacles à   rembourser la cotisation versée sur plusieurs années, environ 8 000   €. On a appris qu'en cinq ans la caisse avait collecté 3,5 millions   d'euros. Ça fait cher le salaire d'un seul homme. Les sommes   recouvrées ont explosé à partir de 1987 avec l'essor des boîtes de   production de télévision. L'administration des Congés spectacles m'a   mis des bâtons dans les roues. Nous avons saisi un avocat, l'Igas et   le ministère du Travail qui a la tutelle de la caisse. » Les   différentes parties ont fini par renégocier le dossier à partir de 2005. La CGT-Spectacle demande des comptes. Les Congés spectacles n'ont pas   voulu répondre à nos questions, en revanche René Bonnel, le tout   nouveau président de la CSPF*, lâche une bombe. « Dire que le coût du   conseiller social est inférieur est une façon tronquée de regarder la   réalité mais je vous annonce qu'à partir du 1 e r avril nous arrêtons   le système actuel et nous gérerons désormais avec d'autres syndicats,   dont l'USPA et le SPI. » Du côté de la CGT-Spectacle, le ton monte. «   Cette affaire, grave, ne va pas en rester là, on veut savoir où s'est   évaporé tout cet argent, gronde Jean Voirin, secrétaire général de la   Fédération. Notre syndicat a été signataire de l'accord de création   du conseiller social. Quand on me dit que les sommes ont servi au   paritarisme depuis des décennies, pour ma part je n'en ai pas vu un   seul centime. » * Il n'était pas en poste au moment des faits notés par la Cour. Le conseiller social, chargé de contrôler l'hygiène et la sécurité   sur tous les tournages, est rémunéré via une cotisation versée par   les entreprises artistiques. Eric Giacometti Le Parisien , jeudi 29 mars 2007