[Cip-idf]Témoignage : « Petit message avant de dormir… »

From : passerin@... , the 25th March 2007 11:25
  • 2007-03-25 11:25:55 — passerin@... - [Cip-idf]Témoignage : « Petit message avant de dormir… »

----- Original Message ----- Petit message avant de dormir qui n'aide aps à aller se coucher. à  faire suivre, bise à tous. De : m.quillard@cie-guillermin.fr Bonjour à tous... Je me permets de vous adresser ce mail afin de vous faire partager la  mésaventure dont j'ai été tout à la fois le témoin et l'une des  victimes... Une mésaventure source pour moi d'un profond malaise et  d'une totale incompréhension ; sentiments que vous partagerez j'en suis  sûr au terme de cette lecture... Une mésaventure enfin qui m'a touchée  à plus d'un titre ; et je vais donc vous expliquer pourquoi... Je  travaille à l'heure actuelle en tant que permanent pour une compagnie  de danse contemporaine grenobloise. Une compagnie qui est par ailleurs  adhérente au SYNAVI, Syndicat National des Arts Vivants, au sein duquel  je m'investis depuis maintenant quelques mois... Par ce biais, j'ai été  mis au fait des contrôles et des méthodes inadmissibles dont ont été  victimes nombre d'intermittents du spectacle depuis quelques mois ;  contrôles qui ont, IL FAUT LE RAPPELER, entraîné l'effondrement d'un  certain nombre de troupes et compagnies, et mis sur la paille et  abaissé au rang de CRIMINEL d'honnêtes gens et travailleurs du  spectacle, qui n'avaient commis d'autres fautes que celles d'avoir fait  confiance à leurs employeurs quant à leurs modes de déclaration ou  d'avoir, faute de pouvoir faire autrement au regard des possibilités  offertes par la législation française, occupé en tant qu'intermittent  des fonctions de direction artistique... Ceci pour poser le cadre. Mais  venons en aux faits, car il semble que les méthodes visant à "nettoyer"  le secteur artistique et culturel de ses "abus" et "dérèglements" aient  encore franchi un nouveau cap en Savoie... Je suis, en parallèle à mes  fonctions de permanent que j'ai évoqué plus haut, artiste musicien ; je  devais donc jouer vendredi dernier (16.03.07) au Brin de Zinc à  Chambéry avec le groupe Tikipoon dans le cadre d'un festival reggae.  Rien à signaler jusque là, mise à part une petite discussion de  comptoire avec le responsable de salle dans l'après-midi, juste avant  nos balances, qui me signalait la venue régulière (et notamment la  veille) de la police nationale aux soirées organisées par le Brin de  Zinc. Une police décrite au passage comme relativement agressive lors  de ses visites... 22 h 30 : nous entamons notre concert. 20 mn de set  et toujours rien à signaler... Et soudain, alors que nous commençons  notre huitième morceau, les lumières s'allument brusquement, et le  responsable de salle monte sur scène, nous annonçant au micro : "Nous  sommes désolés mais la police va devoir procéder à un contrôle  généralisé." Je vous dirais au passage que près de 180 personnes  étaient présentes à ce moment-là !!! Et, en effet, nous voyons alors  rentrer dans la salle trois policiers en uniformes et armés (est-ce  avec ce genre de provocations que l'on va calmer le climat d'insécurité  dont la France se fait l'écho ?), et qui procèdent alors bel et bien  aux contrôles proprement dit. Evidemment, 180 personnes à interroger,  c'est long... 40 minutes s'écoulent durant lesquelles nous patientons  tous, nous musiciens et spectateurs, en espérant que le concert puisse  reprendre. Et au terme de cette véritable inspection en salle, on  aggrave encore les faits en voyant avec stupéfaction les policiers  monter sur scène et venir nous interroger à notre tour !!! Le type de  questions posées ? Je vous le cite dans le mille !!! "Qui êtes vous ?  D'où venez vous ? Avez vous signé un contrat pour le concert de ce soir  ? Etes vous en association ? Quelle est votre activité ? Qui est le  président ? Détenez-vous la licence d'entrepreneur ?" Nous tâchons  d'être le plus clair sur la situation en répondant aux différentes  questions (amis artistes de tous bords, je ne vous fait pas de dessins,  c'est effectivement très facile quand on est en pleine prestation de se  préoccuper de ce genre de problématiques...) en restant le plus  courtois possible. Suite à quoi le policier prend congé et descend du  plateau, tout en n'oubliant pas au passage de relever l'identité,  l'adresse du domicile du chanteur du groupe et son numéro de téléphone.  Et le concert reprend, pour finalement arriver à son terme 45 minutes  plus tard... Ma question et ma remarque sont simples : MAIS A QUI AVONS NOUS AFFAIRE ? A LA POLICE ? AUX RENSEIGNEMENTS  GENERAUX ? A LA DIRECTION DEPARTEMENTALE DU TRAVAIL ? Et à quoi rime  cette manière de procéder ? IL S'AGIT UNE FOIS ENCORE D'UNE VERITABLE  AGRESSION AUX LIBERTES INDIVIDUELLES, A LA PROPRIETE PRIVEE ET PLUS  ENCORE D'UN VERITABLE DENI DE L'OBJET ARTISTIQUE !!! A T-ON ENCORE LE  DROIT D'ËTRE ARTISTE EN FRANCE AUJOURD'HUI, ET POUR COMBIEN DE TEMPS ? J'ai mal pour la culture française, tous ceux qui ont déjà souffert de  ces procédures, de ce véritable abus de pouvoir et techniciens, pour  lancer un appel : MOBILISONS NOUS !!! QU'ATTENDEZ NOUS POUR REAGIR ? LE  RETOUR DES GESTAPO ET DU REGIME DE VICHY ? CAR LES METHODES SONT LES  MÊMES ! ALORS AGISSONS ! Mathias Quillard, Grenoble (38)