[Cntait-info] Main basse sur les tickets resto

From : cntait-info@... , the 2nd March 2010 01:14
  • 2010-03-02 01:14:42 — cntait-info@... - [Cntait-info] Main basse sur les tickets resto

Pour les patrons, il n'y a pas de petits bénéfices. Il y en a même des  gros. Prenons l'exemple des restaurateurs : l'an dernier, le  gouvernement leur a fait un superbe cadeau. En passant la TVA de 19,6 %  à 5,5 %, il leur a offert une augmentation de revenus de 14,1 %. Et  c'est bien dans leur poche que tout est passé. Ils avaient promis de  baisser les prix et d'embaucher. Coté baisse des prix : quelques  centimes par-ci par-là tout au plus, mais, plus généralement zéro  centime de baisse ou... de grosses arnaques (exemple : des restaurants  ont bien passé leurs menus de 14 à 12 euros, mais... en sortant les  entrées -- ou le vin - du menu et en les facturant à part ... 2 ou 3  euros. Résultat : non seulement ils n'ont pas baissé réellement les  prix, mais, avec cette grosse astuce, ils les ont même parfois augmentés  !). Coté embauche, les dizaines de milliers d'emplois qu'ils devaient  créer (40 000 d'après leurs promesses) sont toujours en attente (et pas  réellement mieux payés non plus !). Comme si ce substantiel cadeau ne leur suffisait pas, l'arrêté du 20  août 2009, applicable au plus tard au 1er mars de cette année, va tenter  de leur en réserver un autre, cette fois-ci au détriment direct des  salariés les plus modestes. Curieusement, cet arrêté, qui va avoir un  impact certain sur les plus petits revenus n'a pas fait de bruit. En  quoi consiste-t-il ? Tout simplement, et pour faire simple, il va  interdire d'utiliser les « titres-restaurants » (nom officiel des  Tickets Resto) pour autre chose que pour manger au restaurant. Or pour beaucoup de salariés du privé, pour les plus petits modestes en  particulier, les tickets resto constituaient à ce jour un véritable  complément de salaire qui servait à faire manger toute la famille (et  pas au resto, mais à partir des rayons du discount !). Le patronat qui  maintient depuis des années le SMIG au plancher (à un niveau ne  permettant plus de vivre décemment) et qui refuse d'augmenter les  salaires s'est montré un peu plus souple sur les tickets resto (qui lui  reviennent moins cher qu'une augmentation salariale du fait qu'ils  bénéficient d'exonérations fiscales et d'exonération de cotisations  sociales). Le système des tickets est simple : les employeurs les cèdent à leurs  salariés en contrepartie d'une somme inférieure à leur montant. En gros,  le salarié donne 3,5 euros à son employeur pour obtenir un ticket avec  lequel il peut acheter (jusqu'au 1er mars 2010 seulement) pour 7 euros  de marchandises alimentaires. Sur cette base, à raison d'un ticket par  jour de travail (soit 20 jours par mois), le complément de salaire est  de l'ordre de 70 euros par mois. Ce qui est loin d'être négligeable  quand on ne touche qu'un SMIG. Dans la réalité (parce que la  réglementation écrite était un peu plus restrictive), avec ces tickets  vous pouviez bien sûr vous payer le restaurant, mais vous pouviez  surtout régler vos courses alimentaires : pratiquement toutes les  grandes surfaces, les boucheries, traiteurs, ... les acceptaient comme  moyen de paiement (et même vous rendaient la monnaie, ce qui est en  principe interdit). La loi Bachelot du 21 juillet 2009 avait même étendu  cette possibilité à l'achat des fruits et légumes non-préparés avec cet  argument imparable : puisqu'on incite tout un chacun à manger au moins 5  fruits et légumes par jour, il faut bien qu'on puisse se les payer.  L'Assemblée nationale avait applaudi cette idée géniale et le texte en a  été inclus dans le Code du travail (art. L. 3262-1 et suivants). C'est  pas beau, cet intérêt pour notre santé ? Mais la santé du portefeuille des restaurateurs passe avant la nôtre :  ils se sont plaints qu'ils « perdaient des clients » et avec l'arrêté du  20 août, ils espèrent « ramener » vers eux tous les utilisateurs de  tickets restaurant. L'Élysée leur a donné raison. L'Élysée ne refuse  rien au lobby des restaurateurs. L'Élysée sait que les restaurateurs  votent massivement pour lui et font sa campagne électorale. Et l'Élysée  ne sait pas (ou, s'il le sait, il s'en moque éperdument) que 70 euros,  pour une famille modeste, ça compte pour manger, que 70 euros, c'est un  caddy de pâtes et de produits basiques. Les restaurateurs font un calcul  de dupes : peut-être vont-ils récupérer, à la marge, quelques clients de  plus. Mais, la majorité des utilisateurs actuels de tickets n'ira pas  chez eux : ils n'en ont pas les moyens. Pour une famille, manger au  restau, ticket ou pas, c'est devenu trop cher. Le salaire, il sert à  payer un loyer devenu exorbitant et aux courses alimentaires. Après ça,  pour beaucoup d'entre nous, il ne reste rien pour le restaurant et  autres fioritures. La nouvelle réglementation va se traduire simplement  par une perte sèche de 70 euros... à ajouter à la hausse des différents  tarifs. Article d'Anarchosyndicalisme ! n°116 --- février - mars 2010 =============================== ABONNEMENT UN AN - Tarif normal : 10 euros, Abonnement de soutien : 20 euros ou plus Libellez les chèques à : CDES (CCP 3 087 21 H Toulouse) Anarchosyndicalisme ! 7, rue St Rémésy, 31000 Toulouse Anarchosyndicalisme ! est adressé gratuitement sur demande aux prisonniers Il est également disponible dans les kioskes de la région Midi Pyrénées Pour diffuser Anarchosyndicalisme ! autour de vous : Vous pouvez recevoir plusieurs exemplaires pour les diffuser. Prenez  contact avec le journal pour les modalités pratiques. 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