[Coordsanspap-ouest]Christian Vanneste et 10 autres députés déposent une proposition de loi pour restreindre les pouvoirs des associations

From : andry_nicolas@... , the 26th September 2010 11:53
  • 2010-09-26 11:53:14 — andry_nicolas@... - [Coordsanspap-ouest]Christian Vanneste et 10 autres députés déposent une proposition de loi pour restreindre les pouvoirs des associations

Christian Vanneste et 10 autres députés déposent une proposition de loi pour  restreindre les pouvoirs des associations Publié par Audrey Banegas   |   Dans Société   Onze députés UMP, parmi lesquels Christian Vanneste, ont déposé le 16 septembre  dernier une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à modifier les   conditions de constitution de partie civile par les associations, ou plus  clairement à restreindre radicalement leur pouvoir juridique. Au nom de la  liberté d’expression, évidemment. « UNE ASSIMILATION REGRETTABLE EST FAITE ENTRE LA RÉPUTATION D’UNE PERSONNE ET  CELLE D’UN GROUPE » Voici comment ces députés justifient une telle proposition de loi, dans l’exposé  des motifs:  »(…) une liberté d’expression reconnue mais limitée règne dans  notre pays depuis la Révolution française. (…) Ce contrôle ciblé de l’étendue du  principe de liberté d’expression ne peut être remis en cause mais est  actuellement source de dérives comme le prouvent les nombreuses affaires  judiciaires actuelles. (…) Une assimilation regrettable est faite entre la  réputation d’une personne et celle d’un groupe. Cette assimilation conduit à la  condamnation de personnes ayant formulé un propos de portée générale dont  l’appréciation de la véracité reste totalement  subjective. Ce propos peut être  désagréable. Il est laissé au jugement de l’opinion publique mais ne peut faire  l’objet d’une action judiciaire dès lors qu’il n’entraîne pas d’atteinte à la  dignité d’une personne déterminée ». « Pour éviter la multiplication des procédures et le bâillonnement de la liberté  d’expression, aucune action ne devrait être menée par une association sans  qu’une personne n’ait préalablement porté plainte pour injure ou diffamation.  Les associations ne doivent en aucun cas se constituer en « chien de garde » des  éventuelles dérives de la liberté d’expression. Ce rôle serait en effet en  contradiction profonde avec le principe même de notre droit qui soutient qu’il  ne peut y avoir  d’infraction sans victime (…) ». « (…) Une fois la plainte déposée par la personne visée par des propos  outrageants, cette dernière peut choisir de demander à une association de se  porter partie civile au regard du principe posé par l’article 2 du code de  procédure pénale. Toutefois, cette constitution ne devrait pas se contenter  d’être subordonnée au simple accord de la victime mais devrait requérir le dépôt  d’une plainte préalable de la victime et la demande de cette dernière.  L’association ne doit intervenir que dans un deuxième temps, une fois la plainte  déposée par la victime, afin d’appuyer sa demande et non d’exercer un contrôle  de ce qui constitue selon elle une opinion outrageante ». « (…) C’est pourquoi, une modification de l’article 2-1 du code de procédure  pénale énonçant la possibilité pour une association de se constituer partie  civile et les conditions de cette constitution apparaît nécessaire ». QUAND VANNESTE PRÊCHE POUR SA PAROISSE… En résumé, selon ces députés, une association ne devrait plus avoir le droit de  porter plainte pour des insultes, ou des propos discriminatoires, portés de  façon générale contre un groupe de personne. Seul un individu pourrait alors le  faire. À la condition qu’il prouve que ces insultes le concerne directement.  Ainsi, si une personnalité politique venait à déclarer publiquement des horreurs  telles que « les homosexuels sont des pédophiles » ou « les noirs sentent  mauvais », pour ne prendre que ces deux exemples extrêmes, il faudrait qu’un  individu parvienne à prouver que lui, en  tant qu’individu, est concerné par ces  injures et donc victime. Ce qui laisserait libre champs à tous les propos  extrémistes, racistes, homophobes, discriminants envers tous les groupes  possibles de la société prononcés de façon générale. On comprend rapidement où ces députés veulent en venir et en quoi Christian  Vanneste prêche pour sa paroisse. Petit rappel des faits: en 2005, trois  associations – Act Up, le SNEG et SOS Homophobie – avaient porté plainte contre  le député du Nord pour « injures en raison de l’orientation sexuelle », suite  aux propos tenus par celui-ci dans des interviews parues dans La Voix du  Nord et Nord Éclair, dans lesquelles il déclarait que « l’homosexualité est  inférieure à l’hétérosexualité » et « qu’elle est une menace pour la survie de  l’humanité ». C’était alors la première utilisation de la loi du 30 décembre  2004, appliquant les sanctions liées à l’injure envers une personne ou un groupe  à raison de l’orientation sexuelle. Christian Vanneste a tout d’abord été  condamné pour ces propos par le tribunal correctionnel de Lille, en janvier  2006. La condamnation a été confirmée par la cour d’appel de Douai, le 25  janvier 2007, mais Christian Vanneste a finalement été blanchi le 12 novembre  2008 par la Cour de cassation. QUI SONT LES AUTRES DÉPUTÉS SIGNATAIRES DE CETTE PROPOSITION DE LOI? Les autres députés associés à Christian Vanneste pour signer cette proposition  de loi font partie des plus à droite de l’UMP. On y retrouve par exemple Lionnel  Luca, député des  Alpes-Maritimes. Grand défenseur du retour de la peine de  mort, il s’est également rendu célèbre pour quelques autres faits: en 2006, par  exemple, quelques jours avant la première commémoration de l’abrogation de  l’esclavage, il avait mené un groupe de députés UMP à demander l’abrogation de  l’article sur l’enseignement de l’esclavage, en réaction à l’abrogation de celui  qui mentionnant un rôle positif de la colonisation. C’est aussi lui qui, en  octobre 2009, trouvait « un petit peu indécent qu’on s’apitoie sur le sort de  trois réfugiés afghans renvoyés dans leur pays d’origine, quand au même moment  nos soldats se battent pour leur liberté ». Et plus récemment, en avril 2010, il  accusait le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb sur la guerre d’Algérie de  « falsification historique », le qualifiant de « négationniste » et  d’ »anti-français ». Ça donne une idée du personnage.