[Coordsanspap-ouest] A Angers, la chasse aux pauvres continue ! La lutte aussi !

From : muriel.elkolli@... , the 9th July 2013 20:15
  • 2013-07-09 20:15:54 — muriel.elkolli@... - [Coordsanspap-ouest] A Angers, la chasse aux pauvres continue ! La lutte aussi !

A Angers, la chasse aux pauvres continue ! La lutte aussi ! La douleur angevine encore et toujours... Ce matin, le squat Le Village (4 maisons dans le quartier de la Roseraie  à Angers) qui rassemblait depuis l'automne 2012 des Français, des Rroms  de Roumanie, des demandeurs d'asile somaliens, géorgiens, des vieux, des  jeunes, des enfants et des femmes enceintes, a été expulsé sans aucune  proposition de relogement. Depuis la réquisition de la gendarmerie des  ponts de cé fin 2008, puis du 48 rue lionnaise, c'était le 10eme squat  du mouvement de solidarité avec les migrants et les sans-toit. Cette expulsion avait été demandée comme toutes les précédentes par la  mairie d'Angers (proprio des 4 maisons) au cours du procès du squat en  janvier 2013 (délai obtenu alors jusqu'en avril). La mairie toujours  aussi faux-cul a courageusement donné l'ordre à la pref d'expulser sans  préavis le squat ce mardi 9 juillet, sans aucun respect pour les  habitants donc, puisqu’elle s'était engagée solennellement à "trouver  des solutions", promettant alors la main sur le coeur de ne pas les  expulser sans concertation. Un mardi 9 juillet, quoi de mieux pour  limiter toute possibilité de médiatisation et de mobilisation du réseau  militant, du quartier, et de l'école voisine dans laquelle plusieurs  enfants du squat étaient scolarisés ? 6h du mat, 8 cars de CRS sont arrivés pour expulser (de manière musclée,  avec clébards et commentaires racistes de rigueur cela va sans dire) une  quarantaine de migrant-es, encore ensommeillé-es. La vingtaine de gens  venus en soutien (cssp49, sympathisants et des voisins) n'ont pas pu  empêcher les forces du désordre de faire leur sale besogne. Pas de trace  par contre d'un quelconque responsable politique ou de représentants de  la pref, pourtant seule compétente en matière de droit au logement et  droit d’asile... seulement quelques "administratifs" et autres : chef de  la police municipale, huisssiers, DDASS (?), services sociaux de la  mairie (CCAS). Les demandeurs d'asile ont tous été contrôlés puis jetés avec leur  baluchon sur le trottoir, l’Etat violeant une fis de plus sans vergogne  les droits fondamentaux (Convention de Genève et conditions matérielles  d’accueil définies par le droit européen). Les Français sentant le coup venir avaient préféré trouver refuge  ailleurs il y a quelques jours. La dame géorgienne enceinte de 5 mois, mère d'une petite de 2 ans a été  "prise en charge" par une personne du CCAS : après passage à la maison  de la solidarité (ou au Pass ?), elle a eu le droit de retourner à la  rue avec un chèque déjeuner de 15 euros. N'oublions pas donc, cet aprem ou plus tard, de garder quelques crachats  pour le Conseil général qui est en charge de la protection de l'enfance... Le matériel (matelas, couvertures, meubles, vêtements, soit les seules  possessions des habitants) a été trié par les services de la ville :  tout ce qui n'est pas "récupérable" sera jeté (donc comme d'hab bon  nombre de couvertures et de matelas et de fringues "qui puent" selon ces  messieurs dames)... le reste sera emmené à Montreuil-Juigné sans  possibilité immédiate d'y avoir accès... pratique quand on vient d'être  jeté à la rue ! Comme à Barbès le 6 juin, une rafle à deux pas de chez vous… Tous les Rroms roumains (sauf un, car muni d'une carte de séjour) ont  été embarqués au commissariat. Citoyens européens de seconde zone, leur  seul tort est de mendier leur survie dans nos rues proprettes. La France  restreint leur droit au séjour à 3 mois, et les socialistes au pouvoir  se sont bien gardés d’abolir ce régime d’exception. D'après les soutiens  présents au comico vers 11h au moins 2 Roumain-es sont en vol pour  Bucarest, les autres suivront ou seront libérés aujourd'hui... 2 mineurs  ont été relâchés avec convoc au commissariat (sans savoir ce qui les  attend). Quelques slogans sympathiques ont été entendus à l'intérieur et  à l'extérieur, en roumain et en français avant que des flics viennent  menacer de gazer les crieurs énervés. A 14h aujourd’hui la mairie continue de se foutre de notre gueule en  nous disant qu’il y a de la place au 115 (c’est faux, vous pouvez  vérifier) et offre charitablement des repas (uniquement pour les DA) à  condition que nous ayons un lieu pour le festin ! L’ironie des saucialos  décidément, ça ne passe pas… Voilà pourquoi nous bloquons le tram, et que nous appelons tous les  Angevins à rejoindre le mouvement ! Contre la mairie d'Angers qui mure, détruit, gentrifie les quartiers,  expulse, traque et chasse les pauvres de tous horizons, main dans la  main avec l’Etat saucialo ! Pour la réquisition de tous les logements vides ! Pour la régularisation  de tous les sans-papiers ! Pour la liberté de circulation et  d’installation ! Pour le respect du droit d'asile !