[Coordsanspap-ouest]tours : réquisition d'un presbytère vide

From : muriel.elkolli@... , the 25th April 2018 12:49

infos locales  Logement    Le Bercail n’est pas un hôtel : réponse aux menaces de fermeture Publié le 25 avril 2018 | Deux semaines après l’ouverture du Bercail, lieu d’accueil d’urgence  réquisitionné par le collectif Résistance 37, une commission de sécurité  requalifie le bâtiment d’hôtel et demande sa fermeture, le lieu ne  correspondant pas aux exigences de sécurité pour un tel type  d’établissement. [Mise à jour le 25/04 : intervention de la police au  Bercail ce matin.]   *     #          Mise à jour : aujourd'hui à 12h48           Intervention de la police au Bercail ce matin     Ce matin, vers 8h, une vingtaine de flics se sont pointés au Bercail     avec Enedis. L’électricité a été coupé (fil à ras le poteau) par     deux employés et le compteur d’eau relevé. L’identité de toutes les     personnes présentes a également été relevée.   *     #          Mise à jour : aujourd'hui à 12h48           Intervention de la police au Bercail ce matin     Ce matin, vers 8h, une vingtaine de flics se sont pointés au Bercail     avec Enedis. L’électricité a été coupé (fil à ras le poteau) par     deux employés et le compteur d’eau relevé. L’identité de toutes les     personnes présentes a également été relevée. Ce mardi 24 avril 2018 au matin, la Commission Centrale de Sécurité  (CCS [1  ]),  composée, entre autres, d’un membre de la mairie, d’un policier et d’un  sapeur-pompier, est venue inspecter le Bercail. La Commission était  accompagnée pour l’occasion d’un représentant du maire, du vicaire, de  la déléguée diocésain, mais également d’un trésorier. Il en ressort que  la commission qualifie le Bercail d’« hôtel » recevant plus de 19  personnes et que ce lieu de vie pourrait ne pas répondre aux normes  drastiques de sécurité. Les membres des différents collectifs réfutent ce qualificatif d’hôtel.  D’abord parce que le bâtiment reste avant tout un lieu de culte avec son  presbytère. Ensuite, sa capacité d’accueil n’étant pas de 300 personnes,  l’établissement ne peut relever des Établissements Recevant du Public  (ERP), et n’a donc en aucun cas à répondre à cette réglementation.  Enfin, les résidents, anciennement à la rue et sur place depuis le 6  avril 2018, sont dans une démarche de stabilisation sur le long terme.  Pour toutes ces raisons l’établissement doit désormais être considéré  comme un immeuble à usage d’habitation exclusive et principale. Récemment, l’élu départemental Olivier Lebreton déclarait à propos des  risques encourus par les mineurs isolés étrangers : « /Ces jeunes,  perdus à cause de drames familiaux, sont vite la proie de réseaux de  drogue, de prostitution/ [2  ] ».  On peut se demander pourquoi cette déclaration ne s’applique pas  également aux hommes et femmes seul-e-s ainsi qu’aux familles laissées  dans la rue. Encore une fois, l’État et ses représentants locaux, plutôt que  d’assumer leurs responsabilités, à savoir loger de façon digne, pérenne  et stable les personnes à la rue, préfèrent accuser les collectifs de  mettre des vies en danger en réquisitionnant un grand bâtiment vide  appartenant à l’Église qui se dédouane également de ses convictions : «  / L’avenir d’un monde global est de vivre ensemble. […] Cet idéal  requiert l’engagement de construire des ponts, tenir le dialogue ouvert,  continuer à se rencontrer/ » (Pape François, dimanche 11 mars 2018 à Rome). Dans ce climat d’incertitude, il est difficile de savoir ce qu’il  adviendra des personnes qui ont trouvé un refuge au Bercail. Le Conseil  d’État a consacré, dans une décision du 10 février 2012, le droit à  l’hébergement d’urgence des personnes sans-abri, comme une liberté  fondamentale au sens de l’article L.521-2 du Code de justice  administrative. En fomentant l’expulsion à venir des habitants de  l’ancienne église Saint-Libert, les institutions violent les libertés  fondamentales. ------------------------------------------------------------------------     Notes [1  ]  Les commissions de sécurité ont pour mission d’éclairer les autorités  administratives (maires ou parfois préfets) chargées de vérifier que les  règles de sécurité sont correctement appliquées dans les "établissements  recevant du public" (ERP) et les "immeubles de grande hauteur" (IGH). [2  ]  Dans un article paru le 21 avril 2018 dans la NR.       Articles de la même thématique : Logement            Ouverture du Bercail : « Nous voulons que l’État s’engage dans une       démarche d’accueil et de logement pour tous »        22 avril 2018       Face à l’absence de logements, réquisition d’un immeuble par la       coordination Résistance 37        20 avril 2018