[Coordsanspap-ouest] Fwd: Au sujet de l'article d'aujourd'hui sur les demandeurs d'asile

From : pj49100@... , the 11th June 2011 14:55
  • 2011-06-11 14:55:12 — pj49100@... - [Coordsanspap-ouest] Fwd: Au sujet de l'article d'aujourd'hui sur les demandeurs d'asile

Le mail que je viens d'envoyer à la rédaction du Courrier de l'Ouest et  à quelques journalistes; il y aurait beaucoup plus à dire mais ce n'est  pas sûr qu'il le passe vu la longueur (4768 signes) -pj49- -------- Message original -------- Sujet:  Au sujet de l'article d'aujourd'hui sur les demandeurs d'asile Date :  Sat, 11 Jun 2011 14:44:43 +0200 De :  PJ  Pour :  Media CO  Je ne peux que réagir vivement aux propos de la préfecture en apportant  les précisions suivantes: /*Sur l'expulsion de la rue St Léonard:*/ /**/L'ancien préfet Mr Cabane avait repoussé, malgré l'insistance de la  mairie, l'évacuation de la rue de La Röe au motif que la mise à la rue  de ces demandeurs d'asile créerait un trouble à l'ordre public bien plus  grand que leur maintien dans les lieux; celle-ci s'est faite avec des  relogements comme pour tous les autres squats. Pourquoi la préfecture  n'a t-elle pas suivie, une fois de plus, cette politique dictée par la  sagesse? /*Pour les 6 hébergements, vrai mais tendancieux:*/ /**/Il est vrai que la préfecture a proposé d'abord quatre puis, devant  le refus des demandeurs d'asile, six hébergements; également refusés par  les demandeurs d'asile qui veulent des logements pour tous. Par contre,  nous nous sommes rendus, dès le lendemain matin à « Espace Accueil »  avec trois camarades somaliens blessés (certificat médical à l'appui) et  avec l'accord de l'assemblée générale pour les faire héberger; un  employé d' « Espace Accueil » a même reconnu l'un d'entre eux qui venait  le voir régulièrement. L' « Espace Accueil » a répondu par la bouche de  cet employé qu'ils n'étaient pas sur la liste préfectorale! Plus tard  dans la matinée (nous en sommes sortis à midi...), ce même employé qui  nous avait répondu que deux demandeurs de la liste seulement avaient  accepté l'hébergement proposé (et non trois), nous a dit que les quatre  logements avaient été attribués à d'autres demandeurs. _Trois remarques:_     *       Ne friserait-on pas la non-assistance à personne en danger? On       peut aussi se poser des questions sur l'autonomie de cette structure qui a vocation  d'organisation « non » gouvernementale et à même reçu, /à ce titre, /des  subventions de l'Europe pour plus d'indépendance! En temps de guerre, la  Croix rouge sort les blessés du conflit; n'en est-il pas de même en  temps de paix?     *       N'est-ce pas une manière d'instrumentaliser les demandeurs d'asile       contre leur propre collectif en nous reprochant de les avoir       laissés à la rue (et en omettant de préciser, bien sûr, qu'ils       n'étaient pas sur la liste!)     *       N'est-ce pas reconnaître implicitement qu'il y a d'autres       demandeurs domiciliés par « Espace Accueil » qui sont à la rue en       dehors des habitants du squat? /*Sur la question de l'hébergement des demandeurs d'asile:*/ /**/La préfecture prétend que « la question de l'hébergement des  personnes évacuées serait examinée, au cas par cas, /au regard de la  réglementation applicable au droit d'asile et en fonction des places  disponibles dans le dispositif d'hébergement d'urgence des demandeurs  d'asile »./ /Sur la réglementation européenne/; je tiens d'abord à rappeler pour les  lecteurs que c'est les directives et règlements européens qui priment  sur le droit français. Ceci appelle quelques remarques Le droit d'asile est réglementé par la directive 2003/9 [CE] dite  « accueil » qui précise dans son article 2-j les conditions matérielles  d'accueil qui comprennent « le logement, la nourriture et l'habillement,  fournis en nature ou sous forme d'allocation financière ou de bons,  ainsi qu'une allocation journalière; ». La préfecture n'a pas à examiner  au « cas par cas », encore moins à décider qui serait logé et qui ne le  serait pas mais à appliquer les textes européens à tous les demandeurs;  cela s'appelle un abus de pouvoir et porte atteinte à l'État de Droit  dont se prévaut la République. Sur les faibles possibilités d'hébergement: l'article 13-2 de la  directive précitée précise que c'est aux états d'adapter les moyens de  l'accueil à la demande; le gouvernement français fait l'inverse. La préfecture parle des hébergements d'urgence sans même mentionner les  CADA (centre d'accueil des demandeurs d'asile) et pour cause, ils sont  saturés depuis des années; leur budget a été diminué de presque moitié  en 2007 (43%) et le budget 2011 prévoit une nouvelle réduction en droit  français, ces CADA sont pourtant la règle « normale »; maintenant, ils  ne sont même plus une exception! Les chiffres sont parlants: 20 340 places en CADA; 48 000 demandeurs  d'asile en 2009. Trop cher? Une expulsion qui coûte en moyenne 21 000  EUR par mois ne gêne pas le portefeuille denos gouvernants! sans parler  des hébergements d'urgence à l'hôtel qui tendent à devenir la règle et  fracassent un budget en cure d'amaigrissement... Cette situation n'est pas spécifique à Angers; à Rennes, récemment,  trois squats du DAL35 logeaient 200 demandeurs d'asile, hommes, femmes  et enfants; cette une politique délibérée! les préfectures font tout  pour que les demandeurs d'asile quittent leur département ou leur région  afin d'éviter « l'appel d'air » et le Maine et Loire n'échappe pas à  cette règle. Et si, au lieu de cette règle non-écrite, les préfectures appliquaient  les règles écrites: celles qui régissent le droit d'asile... à commencer  par celle du Maine et Loire ??? Pierre-Jean BOURDON, membre du CSSP49