[Coordsanspap-ouest]Un Marocain déchu de sa nationalité française expulsé contre l’avis de la CEDH.24.09

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  • 2015-09-24 12:24:54 — muriel.elkolli@... - [Coordsanspap-ouest]Un Marocain déchu de sa nationalité française expulsé contre l’avis de la CEDH.24.09

Police et justice    * Société    * Police et justice    * Antiterrorisme    * Faits divers    * Justice    * Police    * Prisons    * Procès    * Sécurité    Un Marocain déchu de sa nationalité française expulsé contre l’avis de   la CEDH Le Monde.fr | 24.09.2015 à 10h04 | Par Elise Vincent  Abonnez vousà partir de 1 € Réagir    Classer Partager Tweeter     Même si les faits sont graves, expulser          vers son pays d’origine une personne condamnée, en France     , pour terrorisme, n’est     pas forcément chose aisée. L’éloignement vers Casablanca, mardi     22 septembre, d’Ahmed Sahnouni el-Yaacoubi, un Marocain de 45 ans     déchu de la nationalité française en 2014, en est l’illustration.     L’homme sortait de prison après avoir      été     condamné, en 2013, à sept ans d’emprisonnement pour association de     malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste. Il aété expulsé vers     le Maroc  contre l’avis de la Cour     européenne des droits de l’homme (CEDH). /« La France réserve ses    explications à la CEDH »/, expliquait-on, mercredi 23 septembre au soir,  au ministère de l’intérieur en insistant sur le profil de l’intéressé :  notamment vétéran du djihad dans /« la zone pakistano-afghane » /et  impliqué depuis des années /« dans la mouvance islamiste radicale ».  /Une position qui suscite l’ire de son avocat, M^e Nurettin Meseci :  /« Je trouve honteux que le ministère de l’intérieur viennent  s’enorgueillir que la France ne respecte pas les décisions de la CEDH. »/ Il est 7 h 55 mardi, quand M. Sahnouni se voit formellement notifier   son  arrêté d’expulsion. Généralement, à partir   cet  instant, dans le cas d’un étranger en situation irrégulière ordinaire,  l’avocat dispose d’un peu de temps – jusqu’à quelques jours – pour  effectuer    des recours. L’étranger n’est en effet pas immédiatement conduit à  l’aéroport. Il passe souvent d’abord par le centre   de rétention. Puis est emmené sous  escorte à son ambassade ou à son consulat pour se voir    délivrer   un  « laissez-passer », soit le document qui lui permettra de voyager  . Mais dans le cas de M. Sahnouni, les autorités françaises ont,  semble-t-il, tout fait pour éviter    que son avocat ait le temps de faire   des  recours. M. Sahnouni n’est passé ni par le centre de rétention, ni par  le consulat du Maroc, selon M^e Meseci. Il a été emmené directement sur  le tarmac de l’aéroport. Rien d’illégal, le droit des étrangers est  plein de méandres juridiques avec lequel il est possible de jouer  , mais  le procédé est rare, réservé aux cas compliqués.     Contourner les recours De son côté, M^e Meseci a bien été informé, selon lui, la veille au soir  (le 21 septembre) par le /s/ervice pénitentiaire d’insertion et de  probation, de la libération imminente de son client. Il a immédiatement  fait un recours « en urgence » auprès de la CEDH, estimant que son  client risquait /« la torture » /ou des /« traitements inhumains ou  dégradants »/, s’il était renvoyé en Maroc (article 3 de la Convention  européenne des droits de l’homme). Mais la procédure nécessite malgré  tout quelques heures. Ce n’est qu’à 11 h 30, mardi 22 septembre, selon M^e Meseci, que la  décision de la CEDH demandant à la France de suspendre    l’expulsion est tombée officiellement. A 12 h 35, M. Sahnouni réussi à  prévenir    ses proches qu’il est dans l’avion grâce à un téléphone prêté par un  passager. Mais trop tard. Les portes se ferment. Ce n’est pas la première fois que la France essaye de contourner    les recours devant la CEDH, qu’elle considère dilatoire. Au mois de  février, Mohamed Ali Arous, un Algérien déchu de sa nationalité  française ayant lui aussi purgé auparavant une peine en France pour  association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste a été  éloigné dans des conditions semblables. Son avocate, M^e Fanny de Beco, a vainement tenté un recours devant la  CEDH. Mais la décision est là encore arrivée alors que les portes de  l’avion étaient fermées. /« L’avion n’avait pas encore décollé, mais à  partir de ce moment-là, on nous fait valoir   que  le pilote est le seul maître à bord »,/ explique-t-elle. A son  débarquement en Algérie , M. Ali Arous a  été immédiatement arrêté par les autorités algériennes, selon M^e De  Beco : /« Sa famille  n’a pas eu de  nouvelles pendant un mois et aujourd’hui une autre procédure a été  ouverte contre lui pour les mêmes faits. »/     « Risque réel de torture » Les autorités françaises n’ont toutefois pas toujours opéré de la sorte.  Notamment en 2009, lorsque Djamel Beghal – mentor de Chérif Kouachi et  d’Amédy Coulibaly, auteurs des tueries de /Charlie Hebdo/ et de l’Hyper  Cacher   – est  sorti de prison. Dans son cas, l’arrêté d’expulsion avait été pris  plusieurs jours avant la date effective d’exécution. Les choses  s’étaient là encore jouées in extremis, mais son avocat, M^e Bérenger  Tourné, avait eu un peu plus de temps pour faire un recours devant la  CEDH. /« Ils étaient moins bien organisés à cette époque »/, note-t-il. Le cas Beghal a même donné lieu à une jurisprudence. Le ministère de  l’intérieur avait alors contesté l’annulation de son expulsion, estimant  qu’il n’y avait pas de /« motifs sérieux et avérés »/ de croire    qu’il /« courait un risque réel et personnel de torture et de mauvais  traitement en Algérie »./ Mais dans une ordonnance du 30 juin 2009, le  conseil d’Etat lui avait donné tort. La décision du conseil d’Etat avait été d’autant moins appréciée par la  Place Beauvau que moins d’un an plus tard, en mai 2010, M. Beghal était  interpellé car soupçonné d’avoir planifié l’évasion de l’un des cerveaux  des attentats de 1995. Il purge aujourd’hui une peine de dix ans de  prison pour cette affaire.  Elise Vincent