[Coordsanspap-ouest] Le Mans

From : sanscra@... , the 13th November 2011 08:58
  • 2011-11-13 08:58:55 — sanscra@... - [Coordsanspap-ouest] Le Mans

« On assiste à une régression du droit d'asile » De gauche à droite, Yves Cottereau, Serge Nikitine, Annie Bigot et Bernard Lebrun, membres du collectif RESF 72. Pour RESF 72, la régionalisation de l'accueil des étrangers qui se fait désormais à Nantes aggrave la précarité des demandeurs d'asile. Réduisant leur possibilité de décrocher un titre de séjour. France, terre d'asile. En Sarthe, cette image pourrait bien être écornée à l'aune des inquiétudes formulées par les bénévoles de RESF 72, l'antenne départementale de ce réseau national d'aide et d'assistance aux demandeurs d'asile et à leur famille. Premier constat : RESF dénonce les effets pervers de ce qu'on appelle la régionalisation de l'admission des étrangers. Depuis deux ans, en effet, les demandeurs d'asile arrivant en Sarthe sont obligés d'aller s'enregistrer à Nantes pour ouvrir un dossier à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). « Avant, on avait un rendez-vous à la préfecture du Mans et on pouvait bénéficier d'une solution d'hébergement d'urgence avant d'obtenir un récépicé ouvrant des droits », se souvient Bernard Lebrun, bénévole du réseau. Aujourd'hui, tout s'est terriblement compliqué. Le demandeur d'asile qui débarque au Mans doit d'abord frapper au centre d'accueil et d'orientation de l'Horizon qui prend contact avec la préfecture de région ; seule solution pour obtenir un rendez-vous à Nantes. Des délais de procédures qui s'allongent « Pendant tout ce temps, les familles sont à la rue. Sans moyen de subsistance », dénonce Serge Nikitine. Ensuite, pour aller à Nantes, « impossible de déléguer cette tache à une seule personne. Les familles entières doivent y aller à leur frais et par leurs propres moyens », ajoute Yves Cottereau, l'un des portes paroles de RESF 72. Devant l'afflux de réfugiés à la préfecture de Région, les délais des procédures se sont, en outre, allongés. Il n'est pas rare que les rendez-vous habituellement fixés à 15 jours atteignent désormais un mois ou plus. Ce qui pose de vrais problèmes. Certains documents n'étant que temporaires, les demandeurs d'asile peuvent se retrouver dans l'impossibilité de disposer de leur droit, comme celui de se soigner. Autre changement : jusqu'à présent, les réfugiés qui débarquaient au Mans bénéficiaient la plupart du temps d'un hébergement d'urgence dans l'attente du dépôt de leur demande à Nantes. Ce n'est plus toujours le cas. « Début octobre, nous avons reçu un courrier de l'Horizon nous annonçant qu'il n'avait plus d'argent et qu'il ne pourrait plus prendre en charge de nuitées d'hôtel », indique Annie Bigot, autre bénévole de RESF. « Tous les crédits sociaux ont subi une baisse de 20 % en un an. Cela a évidemment un impact sur l'hébergement d'urgence », embraye Bernard Lebrun. Enfin, poursuit-il, « la réduction du nombre de fonctionnaires a entraîné des fermetures exceptionnelles du service des étrangers de la préfecture de la Sarthe. » Ce qui complique encore plus la tache du demandeur d'asile. « On assiste à une régression du droit d'asile », dénonce Yves Cottereau. Les gens croient qu'on est débordé par les demandeurs. Il n'en est rien. En revanche, la réalité, c'est une réduction des moyens et des obstacles de plus en plus nombreux pour les demandeurs d'asile. » Bernard Lebrun estime qu'on a « déstructuré ce qui fonctionnait bien. Il faut revenir de la régionalisation. La préfecture de Région ne peut pas tout absorber. » Ouest-France