[Coordsanspap-ouest] Tr : Lyceens, squats - Montreuil sur une poudriere

From : pj49100@... , the 16th October 2010 07:42

Il est notoire que Mme Voynet est maire de Montreuil et sa "juste" indignation  se trouve quelque peu sujette à caution quand au même moment sa mairie fait  évacuer des squats de sans papiers et de Rroms par ces mêmes "forces de  l'ordre". Comment peut-on lâcher les chiens et se scandaliser quand ils mordent??!  "Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique  sociale" A+ dans les luttes; -pj49- ----- Message transféré ---- De : Jean-Marc  Envoyé le : Ven 15 octobre 2010, 23h 52min 31s Objet : Lyceens, squats - Montreuil sur une poudriere Lyceens, squats: Montreuil sur une poudriere La haute hierarchie policiere bouge, apres l'hospitalisation du lyceen de 16 ans  blesse au visage par un tir de flashball. "Consigne a ete donnee par le prefet  de police de Paris, dans la foulee de l'incident de Montreuil, de ne plus  utiliser le flashball", a declare vendredi 15 octobre le prefet des  Hauts-de-Seine, Patrick Strzoda, lors d'une rencontre avec la presse, selon  l'AFP. Outre la capitale, l'instruction, qui aurait ete donnee jeudi a 11  heures, s'etend aux trois departements de la petite couronne sur lesquels le  prefet de police de Paris, Michel Gaudin, a autorite, la Seine-Saint-Denis, les  Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Signe d'un certain flottement, la prefecture de police n'a pas confirme cette  information en milieu de journee, se contentant d'affirmer que Michel Gaudin  avait "rappele les conditions restrictives d'utilisation du flash-ball, tant sur  le plan technique que juridique". Dans la matinee, plusieurs centaines de lyceens se sont retrouves devant la  mairie de Montreuil, en soutien au jeune homme, qui devrait être opere a  l'hôpital parisien Lariboisiere. Rappel des faits avec le recit de la veille: La police est de sortie, ce jeudi 14 octobre a Montreuil-sous-Bois. Deux  expulsions de squats et des affrontements violents avec des lyceens en greve en  l'espace de quelques heures: le prefet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert,  ancien patron du RAID, a deploye les grands moyens, cars de CRS, tonfas,  flashballs, gaz lacrymogenes, avec dans le viseur, des cibles diverses.  Resultat: des personnes a la rue, des sans-papiers arrêtes, des lyceens choques,  dont un hospitalise apres avoir ete blesse au visage par un tir de flashball et  une ambiance electrique partout dans la ville. Tout commence par l'expulsion de deux squats, a l'aube. Les policiers font  d'abord irruption dans un lieu appele le "hangar", dans lequel logeaient des  etrangers sans papiers, principalement d'origine malienne. Selon plusieurs  temoignages, six personnes sont arrêtees et placees en garde a vue. C'est  ensuite au tour de la Demi-Lune, tout pres de la, d'être encerclee. Y vivaient  depuis deux ans des militants actifs dans la lutte contre les expulsions de Roms  et de sans-papiers. Cet endroit servait aussi de salle de concerts et de debats,  dans le sillage de la Clinique, dont l'evacuation il y a un an et demi s'etait  terminee par un drame similaire: un manifestant (NB : Joachim Gatti) avait ete  atteint a l'œil par un tir de flashball. Present jeudi matin au moment des faits, un des residents de Demi-Lune,  rencontre devant la mairie de Montreuil en milieu de journee, raconte que les  policiers ont "defonce les portes", qu'ils ont exige des personnes vivant la  qu'elles ne prennent que le "minimum necessaire" et que les "pelleteuses sont  tout de suite arrivees pour tout detruire". Alerte sur ce qui se passait,  l'ecrivain Yves Pages s'est rendu a proximite du squat. Il explique que, de la,  un detachement de CRS est parti vers le lycee Jean-Jaures. "Je les ai suivis en  scooter", dit-il. "Et la, devant le lycee, poursuit-il, j'ai vu des policiers surarmes, en tenue  de robocop, un deploiement de force completement disproportionne par rapport a  la situation. Je suis parent d'eleve de ce lycee, j'ai interpelle un des  policiers. Il m'a mis sous le nez son flashball et m'a dit: “Ces morveux n'ont  qu'a rester chez leurs parents, connard.” Un autre, qui etait muni d'une  gazeuse, m'a dit qu'il fallait bien qu'il se defende. Il y a eu des tirs de  lacrymogenes et de flashballs. J'ai vu le blesse dans le camion de pompier. Il y  a eu aussi un gamin qui a ete arrête et menotte devant ses camarades. Des jeunes  filles ont pris leur premier coup de tonfa. Qu'on lâche, comme ça, des CRS sur  des gamins, grevistes, en plus, c'est inadmissible." Et il denonce  l'"hyperbanalisation" de l'usage du flashball dans les banlieues, "la où les  flics ont un sentiment d'impunite. Jamais des policiers n'interviendraient comme  ça en plein Paris!" Des affrontements violents ont eu lieu, même la police en convient. Selon une  procedure rodee dans ce type de cas, la prefecture de Seine-Saint-Denis diffuse  via l'AFP ses "elements de langage": les policiers "ont ete la cible de jets de  projectiles", un jeune de 16 ans a ete "legerement blesse au visage par un tir  de flashball", l'adolescent a ete evacue a l'hôpital Andre-Gregoire de Montreuil  et l'Inspection generale des services (IGS) "a ete saisie" par le prefet. "A partir du moment où des lyceens bloquent des etablissements, nous ne pouvons  plus repondre de leur securite, car certains blocages risquent de degenerer en  debut d'emeutes urbaines", declare de son côte a l'AFP l'inspecteur d'academie,  Daniel Auverlot. Woerth: "Je salue le sang-froid des forces de l'ordre" Vers 13 heures, plusieurs centaines d'eleves des trois lycees de Montreuil,  Condorcet, Eugenie-Cotton et Jean-Jaures, se reunissent devant la mairie.  Margot, en terminale S, explique pourquoi elle manifeste contre les retraites:  "On ne bloque pas par plaisir. Sarkozy veut obliger nos parents a travailler  plus longtemps, sans qu'ils aient plus de droits, alors que nous, nous allons  arriver sur le marche du travail, nous n'aurons pas de travail. C'est le monde a  l'envers!"  A cette heure, outre les lyceens, une foule heteroclite de Montreuillois se  retrouve devant la mairie, des enseignants indignes, des syndicalistes CGT et  employes territoriaux en colere, des agents de la mairie houspilles par des  militants opposes aux expulsions de Roms. Messages successifs et desordonnes au  megaphone, rumeurs en boucle sur les evenements de la matinee. Ça part dans tous  les sens. Certains des lyceens rejoignent, en metro, les manifestations parisiennes a  Jussieu ou devant le Medef. D'autres, de maniere spontanee, marchent dans la  ville. Avant de traverser le peripherique, en direction du lycee Ravel, une  cinquantaine d'entre eux s'engouffrent dans un centre commercial, en ressortant  aussi vite qu'ils etaient entres, mais semant la panique chez les commerçants.  Une fois dans Paris, leur cortege se delite, les forces de l'ordre interviennent  la encore a coups de gaz lacrymogene. Les yeux rougis, plusieurs jeunes rentrent  chez eux, avec un sentiment d'incomprehension enorme: "Demain, on va revenir, on  bloquera le lycee, et la on aura nos capuches, nos baskets et de quoi nous  defendre!", lance Fatima, en premiere comptabilite au lycee Eugenie-Cotton.  Dans l'apres-midi, les violences trouvent un echo jusqu'au Senat où Dominique  Voynet (Verts), la maire de la ville, prend a partie eric Woerth: "J'ai bien  compris que vous cherchiez a faire porter a la gauche la responsabilite de  troubles que votre aveuglement et votre surdite seuls expliquent (...), que vous  êtes en difficulte face a la rue. Mais je vous pose la question: le pouvoir  est-il a ce point febrile qu'il en soit reduit a ce genre de provocation? Que  vaut donc un pouvoir politique quand il en est reduit a tirer sur ses enfants?"  Ce a quoi le ministre du travail repond, cinglant: "Je salue le sang-froid et le  professionnalisme des forces de l'ordre en France", s'en prenant a "tous ceux  qui attisent, qui poussent les jeunes a descendre dans la rue". Lors d'une conference de presse, Dominique Voynet precise que le lyceen touche  par le flashball a "trois fractures au visage", qu'il "va être opere demain  (vendredi)" et qu'il "risque de perdre un œil". Vendredi matin, elle annonce son  intention de porter plainte et de saisir la Commission nationale de deontologie  de la securite (CNDS). a propos de l'usage du flashball, elle rappelle que  "quand c'est apparu, on disait que c'etait une arme non letale. C'est en fait  une arme tres dangereuse, imprecise qui peut defoncer les os".   Mediapart - 14 Octobre 2010 - par Carine Fouteau, Hugo Vitrani