[Coordsanspap-ouest] Caen Des contrôleurs de bus doivent compter les migrants, dans le Calvados. La préfecture réagit.3.05

From : muriel.elkolli@... , the 4th May 2016 12:23
  • 2016-05-04 12:23:30 — muriel.elkolli@... - [Coordsanspap-ouest] Caen Des contrôleurs de bus doivent compter les migrants, dans le Calvados. La préfecture réagit.3.05

****   *Caen* Des contrôleurs de bus doivent compter les migrants, dans le   Calvados. La préfecture réagit     Des contrôleurs de la ligne 61 du réseau Twisto, entre Caen et     Ouistreham (Calvados), auraient été sollicités pour compter les     migrants usagers des bus. La préfecture réagit. Mise à jour : 03/05/2016 à 18:23 par Elodie Armand *147* partages Facebook    Twitter    Google +    Email    cx Un extrait du  journal de bord destiné aux contrôleurs Twisto. (Document : Normandie-actu) « D’un point de vue éthique et moral, c’est inadmissible », soupire  Samuel Warnier, secrétaire CGT du Comité d’hygiène, de sécurité et des  conditions de travail (CHSCT) de /Twisto/, le réseau de bus et tramway  de l’agglomération de *Caen (Calvados)*. Depuis près de trois mois, les  équipes de contrôleurs de /Twisto/, ont reçu l’ordre de *compter les  migrants* usagers de la ligne 61. Celle-ci assure la liaison entre la  Tour Leroy, à Caen, et Ouistreham  ,  et son terminal ferry.     Des salariés de l’entreprise ont reçu une note de service qui     concernait un comptage sur la ligne Caen-Ouistreham. On leur a     demandé de faire un ciblage et de quantifier le nombre de     migrants », explique Samuel Warnier à */Normandie-actu/.*       Indiquer où sont les squats Ces contrôles s’effectueraient entre 16h et 18h30 par des équipes de 4 à  8 contrôleurs. *Sur le document que s’est procuré /Normandie-actu/, les  salariés doivent remplir un tableau et préciser l’heure, le lieu et la  date du comptage, le sens de la liaison, ainsi que le nombre de  « migrants contrôlés » et de « migrants verbalisés ».* Dans un autre document consulté, une note de service rédigée par un  responsable du service des contrôleurs, est mentionnée une « réunion  hebdomadaire en préfecture sur le sujet des migrants, d’où nos actions  sur la P61 » : « faire deux contrôles sur la P61 par équipe, la  préfecture nous demande de maintenir ce niveau de présence » et de  remonter tous squats en indiquant le « lieu précis ». « Ce qui est  encore plus choquant, c’est qu’on leur demande, si jamais ils  aperçoivent des squats sur le trajet, de les signaler ! », s’indigne  Samuel Warnier. Selon, lui « certains ont fait le job, mais beaucoup ont  été réfractaires à ces opérations » squats2.jpg        Un contrôle au faciès présumé Comment identifier un migrant ? Aucune précision n’est apportée. « Un  contrôle au faciès », estime Samuel Warnier. Ces étranges consignes ont  été remontées auprès du CHSCT et du syndicat des retraités CGT. « On a  été alerté par un salarié choqué de ce qu’il se passait », raconte  Thierry Poullenec, représentant CGT section retraités chez /Twisto/. Un  mois plus tôt, il a assisté à une opération de comptage. « Cela rappelle  les heures les plus sombres de notre histoire et ne relève pas de leur  mission », s’indigne-t-il. Jeudi 28 avril, lors d’une réunion  extraordinaire organisée pour aborder plusieurs sujets, le CHSCT a  demandé à la direction « à ce que cela cesse ». squats3.jpg        Des élus ont informé le président de Caen-la-Mer Informés de la situation, des élus ont tenu à manifester leur  désapprobation. Jeudi 28 avril 2016, Éric Vève, élu de l’opposition (PS)  et conseiller municipal de Caen, a envoyé un fax à Joël Bruneau, maire  Les Républicains de Caen et président de l’Agglomération de Caen-la-Mer,  pour dénoncer ces consignes. « C’est inacceptable sur le principe du  droit et ce type de contrôle ne rentre pas dans le cadre des missions de  service public », estime-t-il. Un peu plus tard dans la journée, au  conseil communautaire de l’Agglomération, Joël Jeanne et Gérard Leneveu,  élus PCF de Mondeville et Giberville, ont interpellé une nouvelle fois  Joël Bruneau.       L’Agglomération va « faire la lumière » sur le sujet Interrogée à ce sujet, l’Agglomération a réagi :     L’Agglomération et son service de transport n’ont pas vocation à     mener de telles opérations et n’avait pas connaissance de la     démarche d’identification ». Caen-la-Mer a annoncé « faire la     lumière » sur le sujet et « qu’il sera rappelé aux délégataires     l’importance primordiale de son lien avec Caen-la-Mer ».       De l’insécurité et des fraudes sur la ligne P61 Bruno Guégan, directeur de /Keolis Caen/, a confirmé un renforcement des  contrôles sur la ligne 61 dans le sens Caen-Ouistreham, entre le samedi  12 mars et le vendredi 18 mars 2016. Des équipes de trois à quatre  personnes, accompagnées des services de police, ont contrôlé tous les  arrêts principaux (gare SNCF, place Courtonne et arrêt CHR notamment) à  partir de 16h. Selon Bruno Guégan, il existait un « sentiment d’insécurité » sur la  ligne 61 lié selon lui « à l’afflux de migrants ».     Lorsqu’une femme était au volant, des gens insistants se tenaient     derrière la conductrice », relate le responsable, qui dit avoir     constaté de nombreuses fraudes : « sur une ligne, 15 à 20 personnes     dans l’autocar pouvaient ne pas payer » Fin février, les syndicats de l’entreprise, avaient remonté ces  problèmes d’insécurité et de fraude à leur direction. Cette dernière  avait alors communiqué ces informations à la préfecture, par  l’intermédiaire de la police. Et renforcé les contrôles :     Par la suite, les contrôles ont été espacés et on n’a plus observé     de fraude à bord. L’objectif était de faire en sorte que la     situation devienne vivable pour tout le monde, d’un point de vue     psychologique et pratique. Du moment que les personnes paient, elles     peuvent prendre place à bord », a indiqué Bruni Guégan à     /Normandie-actu/. Le responsable de /Keolis Caen/ refuse cependant de s’exprimer sur les  soupçons de comptage de migrants, et laisse la préfecture s’exprimer sur  ce point.       La préfecture reste silencieuse sur certains points Dans un communiqué diffusé mardi 3 mai 2016, la préfecture du Calvados  « dément toute injonction aux contrôleurs dans les bus Twisto de  l’agglomération de Caen », mais confirme que des signalements  d’opérateurs de transports publics « sont spontanément remontés auprès  des forces de l’ordre ». Sans en préciser la fréquence, la préfecture confirme cependant les  contrôles opérés « par la police nationale, aidée de la police  municipale et de la police aux frontières », qui ont « signalé la  présence d’étrangers en situation irrégulière sur le réseau de  transports urbains ». Suite à une inquiétude manifestée à propos  d’usagers sans titre de transport sur certaines lignes et de situations  particulières sur la ligne 61, « il a été suggéré de procéder à des  contrôles plus réguliers », poursuit la préfecture.     Depuis plusieurs mois, la préfecture du Calvados s’emploie à réunir     l’ensemble des partenaires pour faire un point sur la situation de     l’immigration irrégulière dans l’agglomération de Caen », indique le     communiqué. « La préfecture du Calvados se mobilise chaque jour avec ses partenaires  sur la présence d’étrangers en situation irrégulière à Caen et dans son  agglomération ; ne pas traiter ces signalements ne peut se concevoir  vis-à-vis de la sécurité des biens et des personnes, des usagers et des  agents », ont précisé les services de l’État. Elodie Armand Journaliste - Twitter