Monténégro: Qu'a l'intention de faire la Deuxième armée? (AIM), 23-04-99*

From : balkans@... , the 30th avril 1999 15:28
  • 1999-04-30 15:28:35 — balkans@... - Monténégro: Qu'a l'intention de faire la Deuxième armée? (AIM), 23-04-99*

Goran Vujovic AIM (Alternativna informativna mreza) Podgorica 23 avril 1999 (traduit par Pascal Donjon) QU�A L�INTENTION DE FAIRE LA DEUXIEME ARMEE AU MONTENEGRO? Personne ne sait Pourquoi le Commandement supr�me promet-il aux recrues et � ses officiers sup�rieurs qu�il les enverra d�un bout � l�autre du champ de bataille yougoslave? On vient de verser de l�essence sur la flamme de l�incertitude g�n�rale au Mont�n�gro - par le biais du r�cent communiqu� du Commandement supr�me de l'Arm�e yougoslave, dans lequel on informe que �de la fa�on la plus opportune, en fonction des besoins, les unit�s seront envoy�es d�un bout � l�autre du champ de bataille yougoslave�. Le but de cette d�cision qui permettra � l'avenir d'envoyer aussi des recrues du Mont�n�gro - qu�ils acceptent ou non - au Kosovo, n�est pas clair. Du point de vue militaire, proc�der � des d�placements d�unit�s militaires de la Deuxi�me arm�e sur le territoire du Mont�n�gro s�explique par ce qu'on appelle un "camouflage op�ratif". En d�autres termes: se dissimuler aux yeux des bombardiers de l�Organisation du trait� de l'Atlantique nord (OTAN). Mais envoyer des unit�s du Mont�n�gro en Serbie, et inversement pour celles de Serbie, ne r�pond � aucune logique du point de vue militaire. Aux dires de Predrag Bulatovic [n� 2 du SNP, parti mont�n�grin alli� de Milosevic ndt], on compte au Mont�n�gro environ 24.000 militaires et r�servistes. Une partie seulement de la vingtaine de milliers d�hommes des troupes mont�n�grines pourra-t-elle vraiment faire pencher la balance en faveur des forces stationn�es au Kosovo? On estime que l�Arm�e yougoslave compte actuellement 150.000 soldats sur ce territoire et que la Serbie pourrait en recruter au moins autant. Une irruption de troupes interventionnistes serait, comme le communique Belgrade, une d�claration de guerre � la R�publique f�d�rale de Yougoslavie (RFY). Or, la d�fense du pays, comme le soulignent les services de l�Arm�e yougoslave, s�effectue sur l'ensemble de son territoire, de sorte que la question se pose - qui d�fendrait alors le Mont�n�gro? Le soutien que les unit�s de l�Arm�e yougoslave cantonn�es au Mont�n�gro pourraient r�ellement apporter aux troupes stationn�es au Kosovo, � en juger par les donn�es accessibles, jette une ombre sur la logique purement militaire du communiqu� du Commandement supr�me. Il ne fait aucun doute que les organes de commandement de l�arm�e sont parfaitement conscients que les ressources en armement existant au Mont�n�gro ne pourraient r�pondre aux besoins d�un �ventuel soutien aux troupes du Kosovo. Avec environ une soixantaine de chars et des a�rodromes endommag�s, le Mont�n�gro est � peine capable de faire face � une invasion terrestre potentielle sur son propre terrain.  Les strat�ges et les experts militaires contestent en fait la possibilit� d�une tentative de  d�barquement des troupes de l�OTAN au Mont�n�gro. Et ce non seulement parce que les pays voisins leur offrent un acc�s plus ais� au Kosovo, mais aussi du fait que les ressources militaires existantes au Mont�n�gro ne les y contraignent nullement. Le r�cent appel du pr�sident Chirac adress� aux forces de l�OTAN - selon lequel il conviendrait de r�duire au minimum les attaques contre l'Arm�e yougoslave sur le territoire du Mont�n�gro - va dans le sens de cette estimation. La logique politique, � la diff�rence de la logique militaire, offre une explication quelque peu plus complexe. L�instrumentalisation de l�Arm�e yougoslave a �t� une constante syst�matique et rigoureuse durant toute la d�cennie �coul�e, venant toujours r�pondre aux besoins du moment du r�gime de Milosevic. Et les garnitures de cadres aux postes de commandements se sont succ�d�es en fonction des modification d�objectifs, alors que �la conformit� politique� des individus �tait jaug�e en fonction des exigences du r�gime. Ceci s�est refl�t� sur les positions politiques d�une partie du cadre des officiers, de sorte que sous la pression du m�contentement - d� aux mauvaises conditions mat�rielles, � la perte du prestige social et aux injustices qui accompagnent une telle instrumentalisation - l�uniformit� de pens�e l�gendaire de l�arm�e s�est estomp�e. Cependant, l�arm�e n�en est pas pour autant devenue �pluripartite�, mais a vu se propager en son sein des discordances quant � la fa�on et les objectifs au nom desquels elle �tait utilis�e � des fins politiques. Le r�gime de Milosevic a r�v�l� � quel point l'ambiance �tait d�licate par le cas du chef de l��tat major, le g�n�ral Momcilo Perisic. Apr�s lui, a �t� destitu� le chef des services de contre-espionnage, Dimitrijevic. Puis a suivi une s�rie de mutations d�officiers sup�rieurs de l�Arm�e yougoslave. Parall�lement � l'aggravation de la situation au Kosovo, mena�ant d�un �largissement du conflit aux pays voisins, le malaise � l��gard des personnes �politiquement non conformes� s�est accru. Pour cette raison, �la mutation d�un bout � l�autre du pays (par exemple, des officiers ind�sirables au Kosovo), �tait jusqu�� pr�sent une des fa�ons, en apparence l�gitimes, pratiqu�e par certains commandements, pour r�gler leur compte aux personnes ne partageant pas les m�mes opinions politiques. Le communiqu� du Commandement supr�me ne serait-il donc pas un clin d�oeil adress� aux fid�les du r�gime, sugg�rant la fa�on dont on doit r�gler leur compte � ceux qui, dans un instant critique, pourraient �penser avec leur propre t�te�? Car le caract�re secret des op�rations militaires devient impossible � conserver en pr�sence de �personnes politiquement non conformes�. Pour cette raison, seul un r�glement de compte avec ces derniers au sein de l�arm�e pourrait cr�er les conditions d'un combat d�cisif, jusqu�� la victoire finale d�un des r�gimes en conflit sur le territoire de la RFY. Un possible d�placement d�unit�s enti�res de l�Arm�e yougoslave du Mont�n�gro, �d�un bout � l'autre du champ de bataille yougoslave�, et ce en fonction de l�appartenance politique, bouleverserait vraisemblablement tr�s s�rieusement le rapport de forces sur la sc�ne politique mont�n�grine et �l��quilibre de la peur� �tabli. cela pourrait fournir l�occasion d'autres �v�nements que des meetings patriotiques - peut-�tre un �conflit spontan�, un �petit� r�glement de compte. Pour cette raison le communiqu� de l��tat-major peut �tre interpr�t� comme un acte dirig� contre les autorit�s civiles au Mont�n�gro. Et ce, � la seule demande de Milosevic. Car la direction politique du Mont�n�gro n�a officiellement jamais fourni le moindre �l�ment permettant de mettre en doute son attachement � la Yougoslavie. Ainsi, ni la c�l�bre ordonnance sur les �obligations de travail�, ni la r�solution de l�assembl�e concernant le maintien de la paix civile, ne sont, en principe, en contradiction avec le devoir de d�fense du pays et l�unit� nationale. Dans ce cas, pourquoi, comme on l�affirme � Cetinje [capitale historique du Mont�n�gro et fief des ind�pendantistes ndt] a-t-on adress� dans cette seule ville 2.000 ordres de mobilisation � des r�servistes, vraisemblablement le plus fort pourcentage d�ordres de mobilisation adress�es dans une ville de RFY? Il est difficile de rejeter l'id�e selon laquelle derri�re l�appel � une unit� historique - �particuli�rement dans les rangs combattants� - se cache l�empreinte de Milosevic. Car, alors que l�arm�e appelle � cette union, le procureur militaire exige avec insistance l�arrestation de Novak Kilibarda, vice-pr�sident du gouvernement mont�n�grin. R�cemment, son coll�gue du parti, Dragan Soc, a estim� que cette exigence �tait dirig�e politiquement contre le gouvernement mont�n�grin. Il semble que l�attitude envers le Minist�re de l'int�rieur du Mont�n�gro n�est pas non plus plus constructive. En l�occurrence, l�Arm�e yougoslave entrave de plus en plus la t�che des policiers mont�n�grins sur le terrain ou emp�che le d�roulement des enqu�tes, en suscitant inutilement une tension et une hostilit� � leur �gard. Et en �change on offre comme solution la possibilit� que le Minist�re de l'int�rieur du Mont�n�gro se place sous le commandement de l�Arm�e yougoslave. Lors d�un meeting du parti socialiste populaire � Podgorica (capitale du Mont�n�gro), le 22 avril, Momir Bulatovic n�a exprim� aucun dilemme. �La police mont�n�grine se placera sous le contr�le du Commandement supr�me de l�arm�e - ou ne sera pas�, s�est-il exclam�. Le lendemain Filip Vujanovic, premier ministre du gouvernement mont�n�grin, a conclu que cette d�claration de Bulatovic �tait �un appel direct � la guerre civile� et la preuve que �l�on ne peut pas avoir la moindre influence sur Bulatovic�. Il est donc �vident que Milosevic, en d�pit des frappes de l�OTAN, ne renonce pas aux tentatives de discipliner le Mont�n�gro. C�est pour cette raison que le commandement supr�me de l�arm�e qui lui est soumis sous la banni�re de la d�fense unifi�e, proclame le Mont�n�gro champ de bataille et ignore tant la position officielle des autorit�s mont�n�grines que les int�r�ts des citoyens mont�n�grins. D�apr�s une d�claration de l�arm�e, le Mont�n�gro est un champ de bataille dans sa totalit� �car une attaque contre Subotica (Vo�vodine) est simultan�ment une attaque contre Ulcinj, Tivat, Budva  (Mont�n�gro) et une attaque contre Niksic et Cetinje est une attaque contre  Dimitrovgrad, Pirot, Zajecar et Bor�. Mais on peut remarquer � quel point la tonalit� vindicative du communiqu� colle avec les d�sirs irrationnels de groupes de citoyens, qui, lors de meetings et dans leur entourage, se lamentent, en tant que patriotes, que le Mont�n�gro n�est pas autant bombard� que la Serbie. �Mais tirez donc un peu sur nousaussi � d�clare cette logique � cinq sous. Et seul un petit pas la s�pare du � nettoyage d�esprit� - tactique op�rative d�j� �prouv�e et appliqu�e en Bosnie et au Kosovo. Ainsi la d�fense de la RFY rev�t de plus en plus l�aspect d�une farce tragique dont la victime pourrait facilement �tre le Mont�n�gro - d�ailleurs les canons de la police mont�n�grine sur le poste fronti�re de Debeli Brieg sont point�s sur Herceg Novi [ville du Mont�n�gro ndt]. (mis en forme par Emmanuelle Rivi�re) � Tous droits r�serv�s Le Courrier des Balkans. ---------------------------------------------------------------------------- ------------- Le Courrier des Balkans S�lection d'articles traduits en fran�ais de la presse ind�pendante des Balkans Mont�n�gro Flash Un service du Courrier des Balkans et de Solidarit� Europe Mont�n�gro Informez-vous : http://bok.net/balkans/ balkans@... T�l/fax : 01-47-97-55-23