Yougoslavie : Appels et rapports (ONG et groupes de femmes), 30-04-99 *

From : balkans@... , the 30th avril 1999 18:10
  • 1999-04-30 18:10:36 — balkans@... - Yougoslavie : Appels et rapports (ONG et groupes de femmes), 30-04-99 *

Appels Transmis par WLML wluml@... 1- APPEL DES FEMMES POUR L'EX YOUGOSLAVIE 2- DEclaration au sujet des attaques aEriennes sur la Yougoslavie (BABE - Groupe de femmes pour les droits humains  Zagreb) 3- Appel lanCE par 17 ONG de Belgrade  4- La Serbie menac�e par un d�sastre �cologique (Appel collectif ONG Belgrade) 5- FEMMES EN NOIR CONTRE LA GUERRE: UN APPEL AUX GOUVERNEMENTS DES PAYS MEMBRES DE L'OTAN 6 - Rien de neuf en Serbie: Bref rapport sur les mesures r�pressives prises par le r�gime et leurs effets sur les situations �conomique et sociale 7- DEclaration de siX professeurs de droit international en Serbie 8- Halte au bombardements, halte au nettoyage ethnique: Un guide de MADRE pour comprendre la crise Yougoslave (MADRE est une organisation internationale des droits humains des femmes) Chers amis, ch�res amies, VEUILLEZ ACCORDER TOUTE VOTRE ATTENTION � CET APPEL ET LE DIFFUSER LARGEMENT La semaine derni�re � la Commission des Nations Unies pour les Droits Humains � Gen�ve, un nombre de d�fenseurs des droits humains des femmes, avocates et amies qui avaient �t� en contact constant entre elles ainsi qu'avec nos amies f�ministes pacifistes en ex Yougoslavie depuis le d�but de la guerre, ont r�dig� une d�claration en r�ponse � la r�cente catastrophe arrivant maintenant en ex Yougoslavie. La d�claration ci dessous a �t� discut�e par des groupes de femmes et des personnalit�s � Gen�ve. Elle prend en compte les demandes, analyses et d�clarations qui ont �t� faites ces derni�res semaines par des f�ministes, des pacifistes et des ONG ind�pendantes de Belgrade (quelques unes ont �t� jointes � notre d�claration pour l'�tayer), soutenues par leurs homologues d'autres pays d'ex Yougoslavie. Nous pressons chacun(e) d'entre vous de l'envoyer aux organisations nationales et r�seaux pour la faire signer. Cette d�claration y compris la liste des signataires sera port�e au Forum des Femmes au Hague Appeal for Peace (Appel � la Paix de la Haye) du 11 au 15 mai 1999. RENVOYEZ LA NOUS AVANT LE 9 MAI 1999, EN INDIQUANT LE NOM DE VOTRE ORGANISATION ET VOTRE PAYS. En solidarit� Mari�m� H�lie Lucas ---------------------------------------------------------------------------- ------------------------------------------------ 1- APPEL DES FEMMES POUR L'EX YOUGOSLAVIE AU HAGUE APPEAL FOR PEACE NON AU NETTOYAGE ETHNIQUE / NON AU BOMBARDEMENT Nous refusons le choix inacceptable entre un nationalisme qui fait la promotion du nettoyage ethnique d'un c�t� et de l'autre c�t� une manipulation �conomique et politique des droits humains par les pays de l'OTAN, dont les cons�quences sont des actes de guerre qui violent la loi internationalement reconnue. Nous demandons une alternative qui construise le r�le crucial que les d�fenseurs des droits humains, les f�ministes, les ONG et la soci�t� civile amoureuse de la paix, jouent dans tous les pays de l'ex Yougoslavie y compris en Serbie. De plus, nous insistons sur le r�le majeur des femmes pour la promotion de la paix, la d�mocratie, et les droits humains, et pour le fait de conserver vivantes les relations entre les diff�rentes entit�s ethniques, religieuses et nationales. En cons�quence, les organisations sous sign�es font les demandes suivantes: - La fin des hostilit�s: . l'arr�t imm�diat des bombardement de l'OTAN/USA et de toutes les op�rations arm�es de toutes les parties; . un arr�t imm�diat de tout nettoyage ethnique et des expulsions forc�es de la r�gion; . que le conseil de s�curit� des Nations Unies d�cide d'envoyer des forces des Nations Unies avec un mandat temporaire pour prot�ger les civils et sauvegarder les preuves des crimes de guerre et crimes contre l'humanit� pour le Tribunal Criminel International pour la Yougoslavie (ICTY). - Un processus de paix: . la reprise d'un processus de paix avec la m�diation des Nations Unies aux niveaux r�gional (Balkan), Europ�en et international. . que l'Organisation pour la S�curit� et la Coop�ration en Europe prenne la responsabilit� de travailler avec les pays de la r�gion pour trouver une solution � long terme pacifique et d�mocratique � la crise. . des n�gociations pour une r�solution pacifique auxquelles participent des repr�sentants de la soci�t� civile, avec des femmes et des organisations de femmes largement repr�sent�es parmi les n�gociateurs . que la r�solution du conflit soit fond�e sur la reconnaissance de tous les droits humains sur une base d'�galit� - La reconstruction: . le soutien international pour une reconstruction bas�e sur la soci�t� civile et les mouvements d�mocratiques dans la r�gion, avec un accent particulier port� sur l'aide � la participation des femmes. . tout retour doit �tre volontaire en accord avec la loi internationale, et les r�fugi�s autoris�s � rentrer dans des conditions qui respectent leurs droits humains . la reconnaissance du droit des femmes � l'�galit� dans toutes les sph�res, telle que les droits � la propri�t� . la reconnaissance totale de l'importance des droits �conomiques et sociaux, particuli�rement en ce qui concerne la construction de la soci�t� civile - R�parations et application de la loi: . que l'ICYT agisse rapidement pour assurer la responsabilit� et inculper les responsables des crimes de guerre et crimes contre l'humanit� (y compris les crimes de violence sexuelle) commis par toutes les parties, . que les leaders politiques des forces d'�tat et ind�pendantes soient tenus responsables pour avoir ordonn� ou conduit des crimes de guerre et autres violations des droits humains . que Milosevic soit inculp�, son arrestation autoris�e et effectu�e . que les �tats abandonnent � la Haye les personnes ainsi inculp�es . des r�parations pour les victimes de violation des droits humains de la part des �tats coupables ou des perp�trateurs non �tatiques. Signataires: Asian Center for Women's Human Rights (ASCENT) - Philippines Center for Women's Global Leadership - USA Malaya Colas - Philippines VAWW NET International (Violence Against Women in War Network) Women Living Under Muslim Laws Les signatures sont rassembl�es pour �tre port�es au Hague Appeal for Peace. ENVOYEZ VOS SIGNATURES JUSQU'AU 9 MAI �: wluml@... ou par fax: WLUML 334 67 10 91 67 ---------------------------------------------------------------------------- ---------------------- 2- DEclaration au sujet des attaques aEriennes sur la Yougoslavie Mardi 1er avril 1999 de: B.a.b.e. B.a.b.e. - Sois active, sois �mancip�e - groupe de femmes pour les droits humains, accuse et condamne toute performance militaire, comme celle de l'OTAN, bien que nous esp�rions que la destruction de l'industrie de guerre de Milosevic �vitera de futures actions guerri�res. Nous nous souvenons que durant les neuf derni�res ann�es, des groupes de femmes militantes pour la paix ont montr� une dose de courage civil impressionante en s'opposant � l'id�ologie nationaliste et militante des gouvernants. Nous sommes fi�res d'avoir coop�r� avec de nonbreux groupes de femmes en Yougoslavie, tel que Femmes en Noir, qui ont manifest� chaque mercredi pendant les 7 derni�res ann�es, contre la guerre et la haine envers d'autres nationalit�s: Albanais, Bosniaques, Croates. Nous nous rappelons notre coop�ration avec le groupe de femmes Motrat Qiriazi, de Pristina, dont les activistes �duquaient les femmes dans les zones rurales d'Albanie. Elles ont diffus� des id�es de paix et de culture non-violente. Nous savons que les victoires et les succ�s de chaque nation se voient sur les visages masculins des guerriers et des diplomates, alors que la souffances et les d�faites sont visibles sur les corps et les �mes des femmes. Alors nous soutenons ces groupes de femmes, sachant qu'elles atteindront le but de leur mission : r�pandre la tol�rance et la compr�hension internationale, en d�pit de conditions extr�mement difficiles. B.a.b.e. (Sois active, sois �mancip�e) Groupe de femmes pour les droits humains Prilaz Gjure Dezelica 26/II, 10 000 Zabreb, Croatie T�l/Fax: +385 1 4846 176 - T�l: +385 1 4846 180 Email: babe@... CyberBaBe: http://www.interlog.com/~moyra/ ---------------------------------------------------------------------------- ---------------------- 3 - Appel lanCE par 17 ONG de Belgrade         Profond�ment choqu�s par les ravages provoqu�s par les frappes a�riennes de l'OTAN dans notre pays et par la situation dramatique des Albanais du Kosovo, nous, repr�sentants d'organisations non-gouvernementales et de la Conf�d�ration syndicale Nezavisnost, demandons fermement � ceux qui ont cr�� les conditions de cette trag�die de prendre imm�diatement toutes les mesures n�cessaires pour cr�er les conditions d'une reprise du processus de paix.         Depuis deux semaines maintenant, les plus grandes puissances militaires, politiques et �conomiques du monde, sont en train de tuer des gens, de d�truire des installations civiles et militaires, ponts, voies ferr�es, usines, centrales thermiques, entrep�ts, r�serves de carburant. Ceci a entra�n� un exode de population sans pr�c�dent. Des centaines de milliers de Yougoslaves, principalement de l'ethnie albanaise, sont forc�s d'abandonner leurs maisons d�vast�es pour �chapper aux bombes et aux actions militaires du r�gime serbe et de l'ALK (Arm�e de lib�ration du Kosovo), dans l'espoir qu'ils trouveront le salut dans le tragique statut de r�fugi�.         Il est �vident que tout ceci conduit � la catastrophe et que la solution n�goci�e et pacifique au probl�me du Kosovo, que nous avons r�clam�e pendant des ann�es, n'a jamais �t� aussi loin.         Le combat que nous avons men� pour d�velopper la d�mocratie et la soci�t� civile en Yougoslavie, et pour contribuer � faire retrouver � la Yougoslavie sa place dans toutes les institutions internationales s'est d�roul� dans un contexte de pressions incessantes de la part du r�gime serbe.         Nous, repr�sentants de groupes et d'organisations de la soci�t� civile, avons avec courage et obstination combattu pour que la d�cision politique ne revienne pas aux profiteurs de guerre et aux int�r�ts nationalistes, pour le respect des droits humains, et en particulier contre la r�pression exerc�e sur les Albanais du Kosovo. Nous avons toujours insist� pour que leurs droits humains et leurs libert�s soient respect�s et pour que soit restaur�e l'autonomie du Kosovo. Durant cette p�riode, des groupes de la soci�t� civile serbe et albanaise �taient les seuls � rester en contact  et � maintenir une coop�ration.         L'intervention de l'OTAN a d�truit tout ce qui avait �t� r�alis� jusqu'ici et jusqu'aux conditions de survie de la soci�t� civile en Serbie.         Face � la situation tragique que nous vivons actuellement, nous faisons les demandes qui suivent au nom de l'humanit� et des valeurs et des id�aux qui nous ont jusqu'ici guid�s dans nos activit�s: - Nous demandons la cessation imm�diate des bombardement et de toute intervention arm�e, - Nous demandons la reprise du processus de paix avec une m�diation internationale au niveau r�gional (Balkans) et au niveau europ�en, et �galement aux Nations Unies, - Nous demandons � l'Union europ�enne et � la Russie de prendre leur part de responsabilit� dans la recherche d'une solution pacifique � la crise, - Nous demandons que soit mis fin � la pratique du nettoyage ethnique et que tous les r�fugi�s puissent rentrer au pays; - Nous demandons qu'un soutien soit apport� en faveur de la paix, de la stabilit� et du processus de d�mocratisation au Mont�n�gro, et que toutes les initiatives possibles soient prises pour aider ce pays � limiter les cons�quences d�sastreuses de la crise des r�fugi�s; - Nous demandons aux media serbes et internationaux de couvrir de fa�on professionnelle et impartiale les �v�nements en cours, de s'interdire toute participation � la guerre des media, de s'interdire le matraquage de la haine inter ethnique, l'hyst�rie et  la glorification de la force comme seul issue raisonnable � la crise.         Nous ne sommes pas en mesure d'obtenir satisfaction par nos seuls moyens.         Nous comptons sur vous pour soutenir nos revendications et nous aider � obtenir gain de cause par vos actions et initiatives. - Association des citoyens pour la d�mocratie, la justice sociale et la solidarit� avec les syndicats; - Cercle de Belgrade, - Centre pour la d�contamination culturelle, - Centre pour la d�mocratie et les �lections libres, - Centre pour la transition d�mocratique, - Initiatives citoyennes, - Centre EKO, - Mouvement europ�en en Serbie, - Forum pour les relations entre ethnies et Fondation pour la paix et la gestion de la crise, - Groupe 484, - Comit� d'Helsinki pour les droits humains en Serbie, - Union des �tudiants de Serbie, - Union pour la v�rit� sur la r�sistance anti-fasciste, - VIN: actualit�s audio-visuelles hebdomadaire, - Femmes en Noir, - Comit� des avocats yougoslaves pour les droits humains et - Conf�d�ration syndicale NEZAVIZNOST. Belgrade, 9 avril 1999. 4- La Serbie menacEe par un dEsastre Ecologique L'intervention de l'OTAN prend de plus en plus la forme de repr�sailles. Le nombre des victimes civiles augmente chaque jour. La destruction des sites �conomiques a des cons�quences dramatiques � long terme pour la population civile et met gravement en danger les villes, le pays et la r�gion enti�re. Le bombardement de l'usine chimique de Pancevo, � c�t� de Belgrade, a d�j� provoqu� des d�g�ts �cologiques tr�s importants et menace s�rieusement de tourner en d�sastre �cologique. Au cours du dernier incendie qui a d�truit la raffinerie et l'usine produisant les engrais chimiques, seule la direction favorable du vent a emp�ch� que la ville enti�re et tous ses habitants souffrent de probl�mes �cologiques et de sant� encore plus importants. Au cours des derniers jours, les installations chimiques de Novi Sad et de Belgrade ont �t� bombard�es. Leur destruction pourrait conduire � une trag�die encore plus grave que celle de Bopal, en Inde. Arr�tez ces bombardements absurdes et brutaux. Ceux qui prennent les d�cisions doivent �tre conscients des cons�quences de leurs actes.  Aucunes excuses ult�rieures, ou invoquant le �pr�judice secondaire� ne pourra justifier cette action, dont les cons�quences pourraient conduire � la destruction totale d'une population et de son environnement naturel. Au nom du peuple et au nom de la Nature, nous demandons que l'usage de la force cesse imm�diatement et qu'une solution soit trouv�e pour qu'on utilise les n�gociations pour r�soudre la crise difficile que traversent l'Europe et le monde. A Belgrade, le 19 avril 1999 * Association des citoyens pour la d�mocratie, la justice sociale et la solidarit� avec les syndicats; * Cercle de Belgrade, * Centre pour la d�mocratie et les �lections libres, * Centre pour la transition d�mocratique, * Initiatives citoyennes, * District 0230 (Kikinda) * Mouvement europ�en en Serbie, * Forum pour les relations entre ethnies, * Fondation pour la paix et la gestion de la crise, * Groupe 484, * Comit� d'Helsinki pour les droits humains en Serbie, * Union des �tudiants de Serbie, * Union pour la v�rit� sur la r�sistance antifasciste, *  Zone urbaine (Novi Pazar) * VIN: actualit�s audiovisuelles hebdomadaires, * Femmes en Noir, * Comit� des avocats yougoslaves pour les droits humains et * Conf�d�ration syndicale NEZAVIZNOST. ---------------------------------------------------------------------------- ------------------------ 5- FEMMES EN NOIR CONTRE LA GUERRE UN APPEL AUX GOUVERNEMENTS DES PAYS MEMBRES DE L'OTAN Depuis 1991 les Femmes en Noir contre la guerre se sont mobilis�es activement et sans rel�che pour la paix et la non-violence; � l'origine du type d'action qui caract�rise les Femmes en Noir, il y a le fait que nous avons �t� confront�es � toutes les formes de violence, guerre, militarisme, nationalisme. Depuis 1991, ce sont les populations civiles  qui ont �t� le plus gravement affect�es sur le territoire de l'ex-Yougoslavie. Et cela recommence. Les valeurs que nous d�fendons sont celles de la vie, de la solidarit�, du respect des diff�rences. Depuis huit ans d�j� nous travaillons � d�velopper un r�seau d'�change et de solidarit� contre la guerre, avec la participation de femmes sur tous les continents, y compris, bien s�r, de femmes dans les pays membres de l'Otan. En tant qu'organisation de femmes qui s'est toujours engag�e contre le militarisme, c'est-�-dire, contre toute forme d'intervention militaire, nous nous engageons cette fois encore contre une intervention militaire, celle de l'Otan contre la R�publique F�d�rale de Yougoslavie. Jusqu'ici nous avons toujours eu le soutien et la solidarit� du mouvement des femmes et du mouvement pour la paix en Europe et aux Etats Unis. Malheureusement, les gouvernements de ces pays n'ont pas pris en consid�ration le travail des mouvements pour la paix locaux, et � plus forte raison l'activit� du mouvement pour la paix en R�publique F�d�rale de Yougoslavie. Nous, Femmes en Noir de Belgrade, demandons aux gouvernements des pays membres de l'OTAN - Qu'ils cessent imm�diatement les bombardements sur le territoire de la R�publique f�d�rale de Yougoslavie, - Qu'ils organisent des n�gociations de paix et une conf�rence sur les Balkans, - Qu'ils fassent le n�cessaire pour  que les r�fugi�s, les populations expuls�es et d�plac�es du Kosovo, aient la possibilit�, si tel est leur souhait, de rentrer ou de partir pour des pays tiers, - Nous demandons aux Femmes en Noir et � toutes les organisations de femmes pour la paix de remettre cet appel � leurs gouvernements. Les droits humains et la d�mocratie ne peuvent �tre impos�e par les bombes et par les armes, ils ne peuvent qu'�tre le produit des n�gociations et de la solidarit� de toutes les forces qui sont r�solument pour les droits humains et pour la d�mocratie. Belgrade, 20 Avril 1999 FEMMES EN NOIR CONTRE LA GUERRE. ---------------------------------------------------------------------------- ---------------------------- 6 - Rien de neuf en Serbie Belgrade, le 15 janvier 1999 Bref rapport sur les mesures r�pressives prises par le r�gime et leurs effets sur les situations �conomique et sociale. - La pauvret� gagne du terrain: A l'exception d'un petit cercle de gens tr�s riches, toutes les couches de la population en Serbie, toutes les g�n�rations, toutes les professions, sont touch�es par la pauvret�. Il y a actuellement  selon les chiffres officiels, 2,2 millions de personnes qui sont employ�es dans le secteur public et plus de 300 000 dans le secteur priv�. Le nombre de ch�meurs a atteint les 770 000 personnes malgr� le fait que 58% des personnes sans emploi ont un niveau de formation sup�rieur. Le taux de ch�mage dans la r�publique f�d�rale de Yougoslavie est le plus �lev� d'Europe et la main d''oeuvre la moins ch�re d'Europe - c'est � dire que nos travailleurs sont les moins pay�s d'Europe. Plus de 40% d'entre eux sont en situation de ce qu'on appelle "cong� obligatoire" pendant lequel ils re�oivent un "salaire" de 25 DEM par mois. Ceux des employ�s qui re�oivent  normalement  leur salaire (selon les chiffres publi�s par l'Intitut Economique le 7 janvier 1999) per�oivent en moyenne entre 125 et 195 DEM par mois. Le panier du consommateur co�te deux fois cette somme. Des chercheurs de l'Institut Economique ont constat� que (illisible) de la population en R�publique f�d�rale de Yougoslavie  font des petits travaux en plus, donc du travail au noir, pour arriver � joindre les deux bouts. - Des g�n�rations brad�es: En 1998 le taux de ch�mage pour la tranche d'�ge des 14 - 27 ans �tait de 59%. Ce qu'on appelle le secteur informel (le march� noir) concerne 1 200 000 personnes dont 400 000 ont de 14 � 35 ans. Ces gens ne b�n�ficient d'aucun droit, n'ont pas de protection en mati�re de droit du travail, et ne sont pas d�fendus par le syndicat. Ils n'ont pas d'assurance maladie, pas de s�curit� sociale, pas le droit de gr�ve. -  R�fugi�s, personnes d�plac�es: les plus pauvres parmi les pauvres: Il n'y a pas de chiffres pr�cis concernant le nombre des r�fugi�s qui se trouvent en RFY, parce que leur nombre d�pend de la conjoncture politique et des besoins du r�gime. Le chiffre officiel oscille entre 65 000 et 700 000, mais il est probablement plus �lev� �tant donn� que beaucoup d'entre eux ne sont pas d�clar�s. Ce sont en majorit� des Serbes, qui ont fui o� ont �t� chass�s de Bosnie-Herz�govine ou de Croatie. L'Etat a cess� de les prendre en charge depuis longtemps. "Nous sommes en train de mourir de faim. La Croix Rouge ne nous a pas distribu� de farine depuis deux ans, encore moins de l'huile ou du sucre," c'est la r�ponse habituelle des r�fugi�s. Officiellement, la Croix Rouge a pour mission de fournir l'assistance humanitaire aux r�fugi�s de plus de 65 ans et aux enfants jusqu'� l'�ge de 7 ans. Cependant, m�me cette aide parcimonieusement distribu�e n'arrive pas r�guli�rement. On estime que 20 000 personnes environ, principalement des Serbes, ont fui du Kosovo vers d'autres r�gions de la Serbie, � cause des accrochages militaires incessants depuis mars 1998. Le nombre exact de personnes d�plac�es � l'int�rieur de la Serbie (IDP) n'est pas connu. Aussi bien le Commissariat aux R�fugi�s serbe que la Croix Rouge de Serbie pr�tendent qu'il n'y a pas de Serbes d�plac�s (en provenance) du Kosovo. "Ces institutions ne consid�rent pas ces gens comme des r�fugi�s, parce qu' "ils sont encore dans leur propre pays." L'Etat ne les prend pas en charge. A la diff�rence des autorit�s serbes, les responsables mont�n�grins ont des chiffres pr�cis concernant les (IDP) personnes d�plac�es (en provenance) du Kosovo (environ 35,000). - Le patriotisme au prix fort: A cause des sanctions impos�es depuis des ann�es (embargo international), des accrochages, et de l'absence de protection juridique, il n'y a pas eu d'investissements �trangers en RFY. L'Etat est � la recherche de nouvelles sources de revenu et pr�l�ve des imp�ts sur tout. Le pr�tendu int�r�t national est une excuse commode pour piller la population. En Octobre 1998, l'Assembl�e yougoslave a adopt� la Loi sur le financement des d�penses extraordinaires pour la d�fense du pays (un imp�t de guerre) en invoquant le danger de guerre imminent. Entretenir en permanence la psychose des raids a�riens � venir (raids des forces de l'OTAN) fait partie de l'entreprise de g�n�ration du chaos et de manipulation par la peur et par la pauvret�  qui alimente et renforce le r�gime en lui permettant de remplir les caisses de l'Etat. Tout est pr�texte � taxation. Avec ces taxes, le r�gime obtient de nouvelles rentr�es d'argent et encaisse au prix fort les recettes du "patriotisme". Il y a des taxes sur les salaires, qui n'ont pas �t� pay�es depuis des ann�es, des taxes �normes sur l'enregistrement des v�hicules et sur les ventes de t�l�phones mobiles, sur les transactions immobili�res, les animaux de compagnie, les cigarettes, l'alcool. Bien que ces mesures aient �t� mises en place pour combler les trous du budget, il n'est pas s�r qu'elles seront suffisantes. Il y a tout le temps de nouvelles taxes qui sont annonc�es, ce qui aggrave encore la pauvret� de la Serbie. Les taxes introduites � la fin de l'ann�e 1998 vont encore grever les budgets familiaux de 12%. Selon les experts en �conomie, cette tentative d�sesp�r�e du pouvoir pour ponctionner la seule source de revenu "s�re" qui existe encore dans la population est un effort pour renflouer les fonds d�vast�s par la guerre et l'embargo. Il est clair qu'il n'est plus possible d'extraire quoi que ce soit de plus d'une �conomie qui produit du ch�mage au lieu de produire des biens. Au d�but du mois de d�cembre 1998, l'Assembl�e yougoslave a adopt� le budget pour 1999. Les repr�sentants de la coalition au pouvoir au Mont�n�gro n'ont pas pris part � cette session importante parce qu'ils ne consid�rent ni le gouvernement f�d�ral ni l'assembl�e f�d�rale comme l�gitimes. Le gros du budget f�d�ral (illisible) est destin� � la d�fense du pays (l'arm�e yougoslave), et � la police (le Minist�re de l'Int�rieur). Le r�gime avait auparavant allou� beaucoup plus de fonds � la police qu'� l'arm�e. L'augmentation du budget de l'arm�e indique que Milosevic est parvenu � contr�ler compl�tement l'arm�e (c'est maintenant une arm�e personnelle et totalement militaris�e). - La maladie de la pauvret�: La tuberculose est en augmentation depuis des ann�es,de m�me que les "maladies des mains sales" certaines de ces maladies ont �t� �radiqu�es en Europe (gale, dysenterie, typho�de, polyomy�lite, etc.). Parmi les autres maladies qu'on trouve fr�quemment, les malignit�s galopantes et l'hypertension. Les pharmacies d'Etat sont � court de m�dicaments et l'argent manque pour en acheter dans les officines priv�es. Les h�pitaux sont pratiquement en rupture de stocks de m�dicaments. Les patients sont oblig�s d'apporter eux-m�mes tout le mat�riel m�dical et la nourriture. A cauxe de la malnutrition de plus en plus d'enfants naissent avec des malformations (y compris des d�viations de la colonne vert�brale). Les retrait�s re�oivent leur pension en plusieurs fois, avec un gros retard de versement. Ils sont les plus gros consommateurs de calmants, qui sont utilis�s par toute la population; la drogue la plus populaire est la Bens�dine. Dans les moments o� la tension monte, la consommation de calmants augmente de 100%. C'est ce qui s'est pass� en Octobre dernier au moment des menaces de frappes a�riennes. - Une r�alit� fabriqu�e de toutes pi�ces: paillettes et villages Potemkine � la t�l�vision: Les cha�nes de t�l�vision priv�es, particuli�rement celles qui sont proches du r�gime (TV Pink et Palma), donnent � voir en permanence du clinquant, du "glamour", du factice, pour cacher la mis�re qui est la r�alit� quotidienne de 90% de la population de ce pays. Tout a des couleurs vives, tout scintille. Le sociologue Dragan Popadic dit: "TV Pink et les autres cha�nes du m�me genre sont sans pudeur. Elles proposent des repr�sentations de la r�alit� qui sont une insulte et qui sont fausses. Le contraste entre ce que nous avons en r�alit� et le spectacle que ces cha�nes montrent est une aggression. Ces illusions sont sp�cialement  destin�es aux malheureux qui vivent dans le ruisseau. Elles essayent de nous convaincre que nous menons une vie normale, d�charg�s du poids de la responsabilit�. "Ce que ces stations diffusent est la r�alit� des profiteurs de guerre, des nouveaux riches, de l'�lite politique et �conomique de ce pays. Les cha�nes de t�l� priv�es passent une douzaine de feuilletons latino-am�ricains, sans jamais mentionner la guerre et la pauvret� au Kosovo. Sur TV Pink, l'unique allusion � la guerre a �t� faite lorsque la pr�sentatrice a parl� du nouvel uniforme des policiers en fonction au Kosovo, uniforme dans lequel "ces jeunes gens se sentiront plus en confiance et plus d�tendus." Il y a aussi des d�fil�s de mode, pendant lesquels on recueille des fonds en jouant sur les r�flexes ethniques "pour les enfants des policiers tu�s au Kosovo". La t�l�vision officielle (toutes les cha�nes de RTV Serbia) a elle aussi pour mission d'�dulcorer la r�alit�, de renforcer le lavage de cerveau, de rendre plus f�roce encore l'homog�n�isation ethnique, de fabriquer du patriotisme, et de faire la chasse aux tra�tres. - Main basse sur les groupes d'opposition: Lors des �lections locales de novembre 1996 l'opposition a remport� la majorit� dans � peu pr�s 40 villes et municipalit�s. Elle a cr�� l'Association des villes et cit�s ind�pendantes. Depuis, les �lus locaux dans plusieurs de ces villes ont �t� d�mis et dans beaucoup de municipalit�s de nouveaux responsables install�s � leur place. A l'int�rieur de la coalition au pouvoir (le Parti Socialiste de Serbie, l'Alliance de la Gauche Yougoslave et le Parti Radical Serbe) il y a des divergences sur la fa�on de continuer le processus de renversement du pouvoir local. Le Parti Radical Serbe (de Seselj) est pour des �lections anticip�es. Le Parti socialiste de Serbie et l'Alliance de la Gauche Yougoslave ne sont pas press�s de voir se tenir des �lections, parce qu'ils craignent que les Radicaux en sortent renforc�s. Pour l'instant, le Parti Socialiste et l'Alliance de la Gauche sont en train d'utiliser les radicaux comme un moyen de pression qui pourrait permettre � la coalition au pouvoir de regagner du terrain, sans �lections, dans les localit�s qu'ils ont d� c�der � l'opposition. Les m�dias ind�pendants, submerg�s par les nouvelles sur le Kosovo and sur les nombreuses lois r�pressives, accordent tr�s peu d'attention � cette situation, si bien que le processus de liquidation des instances du pouvoir local appartenant � l'opposition est occult�. De plus, le conflit pour la direction de la coalition d'opposition (Zajedno) dure depuis longtemps, et la coalition a bien du mal a rester intacte. Les propos de la sociologue Nebojsa Popov, lorsqu'elle dit qu'il est impossible de maintenir la d�mocratie au niveau local sans introduire des changements au niveau f�d�ral, se trouve ici confirm�s. Les autorit�s serbes ont employ� diff�rentes m�thodes oontre les collectivit�s locales dans lesquelles l'opposition est au pouvoir. Ils ont recours � la police financi�re pour taxer les entreprises aussi lourdement que possible; les media locaux sont ferm�s; les autorit�s locales sont tenues � l'�cart lors des distributions de produits en provenance des r�serves d'Etat. Les collectivit�s o� ce sont des repr�sentants de la coalition dirigeante qui sont au pouvoir ont un statut bien meilleur. Ces collectivit�s ont des budgets plus �lev�s et re�oivent des fonds de la R�publique de Serbie pour les aider � d�velopper les infrastructures. Les collectivit�s appartenant � l'association des villes et des cit�s libres soit ne recoivent rien, soit ne re�oivent qu'un minimum cette aide � l'�quipement. Il y a eu manipulation � tous les niveaux pour minimiser les effets des �lections et pour dissiper l'espoir que ces �lections apportent le changement. Le but de la coalition au pouvoir est de pousser la population � se retourner contre l'opposition - opposition qui a, c'est un fait, sa part de responsabilit� dans la situation du pays. - L'Universit�: Pendant les quelques ann�es qui ont pr�c�d�, l'universit� a �t� au c�ur du mouvement de d�sob�issance civile au r�gime en Serbie. C'est en 1998 que le r�gime a fait sa tentative la plus muscl�e pour s'assurer le contr�le total des six universit�s d'Etat. Le 26 mai 1998, l'Assembl�e de Serbie a adopt� la Loi sur l'Universit�, qui abolissait le statut d'autonomie de l'universit�. Les provisions de cette loi controvers�e permettent au gouvernement de s�lectionner les personnels charg�s de la gestion et de l'encadrement, contr�lant le recrutement et le licenciement du recteur et des doyens. Les professeurs ont aussi �t� contraints de signer de nouveaux contrats. Jagos Puric, membre du Parti Socialiste de Serbie, a �t� nomm� recteur, et la majorit� des doyens sont membres soit du Parti Radical, soit de l'Alliance de la Gauche Yougoslave. Aucun des nouveaux titulaires, que ce soit le recteur ou les doyens, n'a le soutien de ses coll�gues ou des �tudiants. Ils ne sont pas non plus connus dans les milieux scientifiques. Cette loi est ressentie comme un acte de prise de contr�le de l'universit� en repr�sailles au pass� politique de l'universit�. Le r�gime croit que cette loi lui assurera suffisamment de contr�le pour pr�venir une nouvelle agitation et des mouvements de protestation de la part des �tudiants. Le but du pouvoir est aussi de r�duire le nombre des enseignants, ce qui aboutirait � la r�duction du budget de l'universit�. Le r�gime est incapable de maintenir le financement de l'universit� � son niveau actuel, vu la situation �conomique d�sastreuse, et � travers les m:esures prises la docilit� des enseignants qui restent est assur�e. Le personnel qui est rest� est celui qui a sign� les nouveaux contrats de travail. Malgr� les actions du gouvernement, beaucoup ont accept� de signer. Beaucoup de professeurs, dont certains parmi ceux qui ont atteint les grades les plus �lev�s ont sign� les contrats � cause de la situation �conomique dans laquelle ils se trouvent personnellement. A l'universit� de Belgrade, plus de 130 membres du corps enseignant n'ont pas sign� les nouveaux contrats, et ce sont, pour la plupart, les professeurs les plus connus et les plus respect�s. Le d�partement de philosophie a toujours �t� le plus d�sob�issant. Plus de 70 membres de son personnel enseignant n'ont pas sign� les contrats. Dans le d�partement de langues vivantes, ils sont 25;  dans le d�partement de droit, 24 (personnel enseignant); dans le d�partement d'ing�ni�rie technique, 11. Apr�s avoir �t� licenci�s, ils ont tous port� plainte. Par ailleurs, beaucoup de membres du personnel enseignant ont �t� contraints de prendre leur retraite, et certains ont d�missionn� d'eux-m�mes. La r�sistance la plus acharn�e est venue des �tudiants et enseignants des d�partements d�j� mentionn�s. Les intimidations et le harc�lement des enseignants protestataires expuls�s, et des �tudiants,  sont monnaie courante dans ces d�partements. Les dirigeants �tudiants  (filles ou gar�ons) sont tabass�s par des personnes non identifi�es, et des agents de s�curit� sp�cialement appoint�s emp�chent les professeurs d'entrer dans l'enceinte de l'universit�. On suppose que les gorilles sont des membres de la police parall�le du r�gime. Ils v�rifient les papiers des �tudiants, bloquent les acc�s aux amphis et d�noncent les intrus. Dans ces d�partements, les �tudiants ont organis� la r�sistance en boycottant les cours et en signant des p�titions r�clamant la d�mission des doyens nouvellement nomm�s, le retour des professeurs expuls�s, l'abolition de la loi sur l'universit�, et la d�mission du Ministre de l'�ducation. Dans certains d�partements, les �tudiants ont aussi organis� des gr�ves. Les groupes les plus actifs parmi ceux qui ont recours � la d�sob�issance civile ont �t� L'Union des  Etudiants et le groupe d'action �tudiant OTPOR (R�sistance). Pour intimider les autres �tudiants, le r�gime a r�prim� au hasard. Par exemple, en Novembre 1998, trois �tudiants et une �tudiante ont �t� condamn�s � dix jours de prison et des dirigeants �tudiants ont �t� inculp�s soi-disant pour avoir �t� trouv�s en possession de drogue. La mise en place du R�seau alternatif pour l'enseignement sup�rieur (Alternative Network for Academic Educational Network - AAOM) pourrait se r�v�ler l'une des r�ponses � l'oppression par le r�gime, � la loi r�pressive et au retard pris par les d�veloppements (de la recherche) scientifique d'une mani�re g�n�rale. Elle est partie d'un groupe de professeurs d'universit� (la plupart d'entre eux pr�c�demment licenci�s) et des universit�s d'�t� d�j� en place en sociologie, sciences politiques, economie, �tudes f�ministes. Il ne s'agit pas d'un projet d'universit� parall�le, mais d'une r�ponse � l'oppression. L'enseignement sera gratuit, et cinq fili�res, comprenant � peu pr�s 40 cours toutes disciplines confondues seront propos�es. Les cours � l'AAOM doivent commencer F�vrier 1999. - Les Media: Le r�gime essaye depuis des ann�es de r�duire au silence les m�dias en R�publique f�d�rale de Yougoslavie par des moyens de pression vari�s. Des stations de t�l�vision ont �t� ferm�es, des autorisations d'�mettre refus�es, et le travail quotidien des journalistes sur le terrain bloqu�. Bien que cette politique de mise au pas dure depuis des ann�es, 1998 a connu une recrudescence nette des intimidations � l'encontre de journalistes et des restrictions � la circulation de l'information. Des journalistes ont �t� convoqu�s pour interrogatoire, menac�s, physiquement agress�s. Des journaux et des �missions de t�l�vision ont �t� interdits et des amendes tr�s lourdes inflig�es aux stations ind�pendantes. Dans certains cas la totalit� des �quipements a �t� saisie. C'est ce qui s'est pass� pour les stations de t�l�vision qui avaient diffus� des programmes d'information o� le r�gime �tait critiqu� et aussi pour les programmes d'information en provenance de l'�tranger diffus�s en langue serbe. Le gouvernement de la r�publique de Serbie a fait passer le 9 Octobre 1998 une nouvelle directive, interdisant formellement la rediffusion de programmes �trangers en Serbie. La m�me directive pr�voit aussi la fermeture des m�dias �lectroniques ou journaux qui "propageraient le d�faitisme ou saperaient l'int�r�t national ou de l'Etat." Entre le 13 et le 15 Octobre, le Minist�re de l'Information a interdit de publication les quotidiens ind�pendants Danas, Dnevni Telegraf, et Nasa Borba, en invoquant la directive du 9 Octobre. La nouvelle Loi sur l'information applicable � l'ensemble de la R�bublique, adopt�e le 20 Octobre 1998, est extr�mement restrictive et fondamentalement r�pressive. Les principales dispositions de cette loi pr�voient de tr�s lourdes amendes pour tout acte de "diffamation, appel au renversement par la force de l'ordre constitutionnel, et violation de l'int�grit� et de l'ind�pendance du territoire." Ces notions sont arbitrairement d�finies par la coalition gouvernementale. Le choix des instances qui auront � juger de ces cas d�pend directement des besoins politiques de l'Etat. Dans son contenu et son orientation, cette l�gislation sur l'information est destin�e � r�duire au silence les m�dias ind�pendants, intimider ceux qui d�fendent des opinions diff�rentes, occulter la r�alit� des accords sign�s sur le Kosovo (Milosevic - Holbrooke), dissimuler la v�ritable port�e des revers (en particulier des d�faites militaires), et d�samorcer le m�contentement populaire. Cette l�gislation s'attaque � la libert� de pens�e par la censure syst�matique et permet aussi au gouvernement de trouver une source de revenus dans les amendes exorbitantes pr�lev�es par le biais des proc�dures de condamnation. Selon Misa Vasic, qui pr�side l'Association ind�pendante des journalistes de Serbie, "cette loi engendre un sentiment d'ins�curit�, qui peut �tre compar� � la torture psychologique pratiqu�e dans les camps de concentration dans la mesure o� les peines inflig�es n'ont aucune commune mesure avec les infractions commises; tout syst�me de r�f�rences qui permettrait d'avoir des points de rep�re a disparu; le seul message est "tenez-vous tranquilles, laissez le champ libre, trahissez vos amis, rivalisez de servilit�." Nous devons aussi rivaliser de patriotisme, en faisant la chasse aux soi-disant tra�tres et mercenaires. En janvier 1999, la situation est telle que les media mis hors la loi dont il a �t� question plus haut (media �lectroniques et imprim�s) sont encore soumis � des pers�cutions. Certains journaux (comme Danas et Dnevni Telegraf) paraissent au Montenegro, mais sont souvent saisis au passage de la fronti�re Serbe. Nasa Borba ne para�t pas, le Monitor (un hebdomadaire ind�pendant du Mont�n�gro) a �t� interdit en Serbie, de m�me que plusieurs autres journaux mont�n�grins du m�me genre (mais) au tirage plus restreint. L'�tranglement des petites stations de radio continue, � travers les amendes �normes qui les �crasent. Il y a apparemment de (nouvelles) amendes tous les journs. Les proc�s de journalistes sont aussi devenus monnaie courante. Cette loi a �t� condamn�e par (la communaut�) internationale. Une d�claration du Conseil de S�curit� des Nations-Unies a �t� adopt�e qui condamne cette loi. C'est la premi�re fois dans l'histoire des crises dans la r�gion des Balkans que le Conseil de S�curit� adopte une d�claration contre une loi sur la presse. Il y a eu des douzaines d'initiatives pour que la constitutionnalit� de cette loi soit r�examin�e, mais leurs chances d'aboutir semblent faibles. Veran Matic, r�dacteur en chef de Radio B92 and pr�sident de l'ANEM (Association des media �lectroniques ind�pendants) va jusqu'� dire que "les media ind�pendants du Kosovo ont �t� victimes de l'accord sur le Kosovo", et qu'il est imp�ratif que l'OESC envoie une mission de v�rification aupr�s des media. La communaut� internationale ne semble pas comprendre que le probl�me du Kosovo ne peut pas �tre r�solu s'il n'y a pas de processus d�mocratique en Serbie. Pour la communaut� internationale, la priorit� est de se concilier les bonnes gr�ces de Milosevic pour garantir la paix, pendant que la situation des droits humains en Serbie est rel�gu�e au second plan. - Les agressions contre la soci�t� civile continuent: Le 13 janvier, des repr�sentants officiels au sommet de la coalition gouvernementale (Seselj entre autres) ont accus� les media ind�pendants, certains des partis d'opposition, certaines ONG, des organisations �tudiantes, et des syndicats autonomes de "recevoir des fonds du gouvernement am�ricain." Ils ont fabriqu� de toutes pi�ces un document sign� par la CIA dans lequel il est fait mention de ces pr�tendus financements. Ils ont aussi appel� au "lynchage des agents � la solder de l'�tranger, des tra�tres et des espions." De telles accusations sont prof�r�es devant une population frustr�e par la pauvret� et manipul�e par les media contr�l�s par l'Etat. Le r�gime tente de d�tourner l'attention de l'opinion publique du probl�me du Kosovo et de ses propres responsabilit�s. Il d�signe les coupables comme �tant "les autres" (que ce soit au sens ethnique, id�ologique, ou autre). - Les ONG: La campagne contre les ONG s'est intensifi�e depuis le d�clenchement de la guerre au Kosovo. Pendant les nombreux rassemenblements de protestation organis�s par les Femmes en Noir contre la guerre au Kosovo, nous avons �t� tra�n�es dans la boue par les media, harcel�es par la police, et confront�es � des r�actions tr�s n�gatives des gens dans la rue. Le 14 Mars 1998, alors que nous annonc� notre rassemblement suivant la proc�dure habituelle, la police a dispers� le rassemblement. Le 19 septembre, le rassemblement de protestation dont nous avions pris l'initiative avec Amnesty International, et que de nombreux groupes de d�fense des droits humains de Belgrade avaient pr�vu de rejoindre, n'a pas �t� autoris�. D'autres organisations ont elles aussi subi des pressions parce qu'elles protestaient contre la guerre au Kosovo. Au milieu du mois de juin 1998, dans plusieurs villes en Serbie, la police a arr�t� des militants de la campagne anti-guerre qui distribuaient des tracts contre la guerre au Kosovo. En Octobre 1998, pendant la p�riode o� les menaces d'intervention militaire de l'OTAN se pr�cisaient, les repr�sentants de la coalition au pouvoir (SPS et SRS) ont publiquement prof�r� des menaces � l'encontre des militants, les accusant de "collaboration avec l'OTAN". Lors des sessions des deux parlements, le parlement serbe et le parlement f�d�ral, � la fin du mois de septembre, comme pendant la campagne f�roce des media contre les ONG, V. Seselj, leader du SRS (Parti Radical Serbe), a adress� des menaces r�p�t�es au Cercle de Belgrade, au Comit� d'Helsinki pour les Droits Humains, et aux Femmes en Noir. Cette campagne de propagande a eu un impact tr�s n�gatif sur nos activit�s en Serbie parce qu'elle a provoqu� des r�actions de peur tr�s importantes chez les gens qui travaillent avec nous, groupes ou individus. Des changements dans la l�gislation applicable aux ONG ont �t� annonc�s; on s'attend a des cons�quences pour les media comparables � celles qu'ont eu pour l'Universit� et les media la loi sur l'universit� et la loi sur les media. Ces mesures vont vraisemblablement exposer les ONG � une r�pression accrue. Actuellement, les media sous contr�le de l'Etat nous servent une mixture de propagande patriotique, de spots publicitaires de l'arm�e, d'accusations � l'encontre des collaborateurs de la CIA am�ricaine et de discours utilisant le langage de la haine. Cette rh�torique est comparable � celle de la p�riode o� l'intervention de l'OTAN se faisait mena�ante. Il semble qu'une autre op�ration de lynchage contre "les agents � la solde de l'�tranger, les assassins, les tra�tres" soit � l'ordre du jour. Cette rh�torique est utilis�e quotidiennement, avec le m�me sch�ma r�p�titif de phrases patriotiques �cul�es (qui constitue en lui m�me une forme d'agression particuli�re contre l'esprit, sans parler des intentions et buts sous-jacents � une telle propagande). - La peur omnipr�sente: Il y a clairement en Serbie une r�action de haine � connotation nationaliste profond�ment implant�e et largement r�pandue vis-�-vis des Albanais du Kosovo. En plus de la haine il y a des craintes multiples qui tenaillent les gens: peur du changement, peur de la guerre, peur d'�tre montr� du doigt, et peur de l'aggravation de la pauvret�. Cette haine et cette peur se combinent � l'absence g�n�rale de toute perspective d'avenir au plan personnel (particuli�rement pour la jeune g�n�ration) et avec le manque d'alternative politique au r�gime en place. Le r�sultat est une atmosph�re d'apathie, de fatalisme, et d'impuissance. Naturellement, au milieu des images sombres de la r�alit� morose de ce pays, il y a eu des actes tout � fait encourageants de d�sob�issance civile (ils feront l'objet d'un prochain papier) qui pourraient bien �tre (la preuve d'une) "contagion symbolique" qui se r�pandrait lentement � travers le pays. (Les �l�ments d'information utilis�s dans ce rapport proviennent des media ind�pendants, Danas, Nasa Borba, Vreme, B92, et the Humanitarian Law Fund). ---------------------------------------------------------------------------- --------------------------------- 7- DEclaration de siX professeurs de droit international en Serbie         Les attaques a�riennes contre la Yougoslavie repr�sentent une violation grave d�une des r�gles fondamentales du droit international contemporain contenue dans l'art. 2, par. 4 de la Charte des Nations Unies, interdisant non seulement l�emploi de la force arm�e, mais �galement la menace de cet emploi. Les actions militaires de l�OTAN repr�sentant les actes de guerre, ne sont autre chose qu�un acte d�agression, tel que cet acte a �t� qualifi� par la d�finition de l�agression adopt�e par l�Assembl�e G�n�rale des Nations Unies, avec le consentement des tous les �tats membres, y compris ceux qui font aujourd'hui la guerre a la Yougoslavie. H�las, dans cet acte internationalement illicite on prit part dix-neuf �tats membres de l�OTAN, y compris trois membres permanents de Conseil de S�curit� des Nations Unies ayant le devoir primordial de la protection de la paix et s�curit� internationales.         Dans l�arr�t de Nuremberg d�j� (1946) le Tribunal Militaire International avait constat� que l�agression repr�sente un crime contre  la paix, ayant pour cons�quence la responsabilit� p�nale individuelle des responsables d'un tel acte. L� "intervention humanitaire" ne peut �tre nullement excuse pour l�agression et cela d�autant plus que les circonstances en Yougoslavie, y compris m�me la situation au Kosovo en moment de d�clenchement des attaques, ne peuvent pas �tre invoqu�es comme excluant l�ill�galit� de la violation commise.         Par un tel acte l�ordre juridique international, qui, par ailleurs, s�est tout de m�me maintenu durant un demi si�cle malgr� toutes les difficult�s, est �branl� dans ces fondements. Si tout �tat quelconque, surtout ceux grands et militairement puissants, prend la �justice entre ses mains�, on peut avec beaucoup de pr�occupation se demander o� va le monde contemporain ?         Les professeurs de droit international qui ont sign� cet appel protestent vigoureusemernt contre cet acte d�agression et demandent aux gouvernements des �tats impliqu�s dans cette guerre de cesser insamment avec les attaques et demandent � tous les Etats membres des Nations Unies de faire pression dans ce sens. Nous esp�rons et croyons fermement que, une fois cette trag�die termin�e, la responsabilit� de tous ceux ayant particip� � cette malheureuse enreprise, sera equitablement constat�.         Aucun probl�me politique ne peut �tre r�gl� par l�emploi de la force arm�e et encore moins un probl�me humanitaire. L�isolation politique internationale de la Yougoslavie ne peut �tre invoqu�e comme pr�texte pour une violation aussi grave du droit international. La Yougoslavie dans son ensemble et tous ses citoyens ne peuvent tout de m�me �tre mis hors la loi. Ljubivoje Acimovic Vojin Dimitrijevic Dejan Jancca Konstantin Obradovic Obrad Raccic Milan SSahovic ---------------------------------------------------------------------------- --------------------------- 8- Halte au bombardements, halte au nettoyage ethnique Un guide de MADRE pour comprendre la crise Yougoslave L'organisation internationale des droits humains des femmes MADRE, condamne fermement la guerre en cours contre la Yougoslavie et r�clame l'arr�t des bombardements de l'OTAN. Nous sommes horrifi�es par  l'ethno - nationalisme extr�me pr�n� par le pr�sident Yougoslave Slobodan Milosevic,  et les violations majeures des droits humains commises par ses troupes: plus de 2000 Albanais du Kosovo ont �t� tu�es et 400 000 chass�s de chez eux avant le d�but de l'attaque de l'OTAN cette ann�e. Mais les bombardements n'ont jamais permis de mettre un frein � la violence. La guerre actuelle ne fait pas exception � cette r�gle. Les frappes a�riennes ne mettront pas fin aux pers�cutions de Milosevic � l'encontre des civils albanais au Kosovo. Les repr�sentants officiels des Etats Unis ont d�clar� d�s le commencement que les bombardements peuvent seulement "affaiblir" mais non d�truire le potentiel militaire yougoslave. Plus encore, comme les responsables de l'OTAN et les responsables am�ricains l'avaient eux m�mes pr�vu, les bombardements ont pouss� Milosevic � aller encore plus loin dans la voie du nettoyage ethnique et � s'engager dans une supr�me tentative pour �radiquer l'arm�e de lib�ration du Kosovo, qui combat pour le compte de la majorit� albanaise de la r�gion. Le r�sultat certain lors d'un bombardement, ce sont  des �tres humains tu�s en masse et des infrastructures �conomique et sociales d�vast�es pour des ann�es. Le recours aux bombardements est inacceptable, mais la suspension des frappes a�riennes ne mettra pas fin au g�nocide engag� contre les Albanais du Kosovo. Cette crise doit �tre g�r�e par la communaut� internationale, par le canal des Nations Unies et non de l'OTAN, qui n'est rien d'autre qu'une alliance militaire occidentale destin�e � permettre la poursuite des int�r�ts strat�giques des Etats Unis et de l'Europe occidentale. Quelles sont les origines de la crise? Apr�s la guerre des Balkans du d�but des ann�es 1990  la Yougoslavie s'est retrouv�e scind�e en deux r�publiques, Serbie et Mont�n�gro, avec une petite province du Kosovo (ethniquement albanaise � 90%) enclav�e � l'int�rieur des fronti�res de la Serbie. La d�sint�gration de la Yougoslavie en tant que r�publique pacifique et multi-ethnique a attis� un ethno-nationalisme extr�me dans la plupart des communaut�s pr�cipit�es dans la guerre. En 1989, le Pr�sident Milosevic a r�voqu� le statut d'autonomie dont jouissait le Kosovo depuis 1974. Depuis lors son r�gime a pi�tin� les droits culturels et politiques de la majorit� albanaise du Kosovo. En r�ponse, s'est d�velopp� chez les Kosovars albanais un mouvement de masse non violent en faveur de l'ind�pendance, que l'Occident a r�solument ignor� m�me au moment de l'escalade dans la r�pression de la part des Serbes. La cons�quence a �t� que de plus en plus de gens ont �t� attir�s vers l'ALK, un groupe arm� ultra-nationaliste qui a de fait fait capoter le mouvement non-violent. Pourquoi la situation s'est-elle d�t�rior�e cette ann�e? En Octobre 1998, le d�partement d'Etat am�ricain a mis au point le plan de paix de Rambouillet, qui pr�voyait le d�ploiement d'une force de l'OTAN de 28 000 hommes (parmi lesquels 4000 soldats am�ricains) en Yougoslavie. On imagine difficilement le dirigeant d'un Etat souverain acceptant qu'une arm�e �trang�re remplace ses troupes sur leur propre territoire. C'est ainsi que le r�gime serbe a per�u l'exigence am�ricaine. Milosevic a rejet� le plan de Rambouillet. Les Etats-Unis ont alors lanc� un ultimatum: capituler ou s'exposer au bombardement de l'OTAN. Mais un ultimatum est une arme � double tranchant. Comme Milosevic, les Etats-Unis se sont retrouv� devant une alternative: bombarder, ou donner l'impression qu'ils faisaient des menaces sans lendemain. Le bombardement est-il l�gal? Le Chapitre VII de la Charte des Nations-Unies stipule clairement que seul le Conseil de S�curit� des Nations-Unies est habilit� � permettre le recours � la force. Sans l'aval des Nations-Unies, le bombardement de l'OTAN est tout simplement ill�gal. Pourquoi les Etats-Unis n'ont ils pas cherch� � avoir l'aval des Nations-Unies pour bombarder? La Russie et la Chine, qui sont l'une et l'autre oppos�es � l'attaque de l'OTAN consid�r�e comme un encouragement � l'h�g�monie de l'Occident, ont droit de veto dans le Conseil de S�curit�. La Secr�taire d'Etat am�ricaine Madeleine Albright a reconnu que le Conseil de S�curit� n'aurait pas approuv� les frappes a�riennes (ABC News, 3/23/99). Quelle importance a le fait que les bombardements se fassent dans l'ill�galit�? M�me avec ses lacunes, la Charte des Nations-unies repr�sente l'unique instrument de r�f�rence global reconnu en mati�re de code de conduite des Etats. Sans cette charte, les gens seraient encore plus d�munis face aux abus de pouvoir de leur gouvernement, et sans point d'appui pour revendiquer leurs droits humains. La Charte des Nations-Unies  pr�voit en cas de recours � la force par les Etats des garde-fous l�gaux, qui donnent aux n�gociations des diplomates le pas sur le recours � la violence. En ignorant ces dispositions, les Etats-Unis cr�ent un pr�c�dent dangereux en se situant en dehors du droit et sapent le principe de base selon lequel les pays �uvrent ensemble � la solution des conflits (c'est � dire le multilat�ralisme). Les Etats Unis sont justement d�crit comme une "superpuissante sans foi ni loi", pour qui seuls comptent  ses propres int�r�ts d�finis de fa�on extr�mement �troite, et prompte � d�truire quiconque se met en travers de son chemin. Rien qu'en 1999, les Etats Unis ont bombard� l'Irak, le Soudan, l'Afghanistan et maintenant la Yougoslavie, dans un crescendo de la violence, de la maladie, de la pauvret�, et de la destruction de l'environnement � l'�chelle de la plan�te. Pourquoi les Etats-Unis se pr�occupent-ils du Kosovo? A la diff�rence d'autres z�nes de conflit, pour lesquelles les Etats-Unis ne prennent pas en consid�ration le ph�nom�ne de la violence communale (Rwanda, Sierra Leone, Timor oriental, Alg�rie), le  Kosovo est situ� au carrefour entre l'Europe, l'Asie et le Moyen Orient: il  a donc un int�r�t strat�gique pour les Etats Unis. La crise humanitaire au Kosovo sert d'�cran de fum�e � l'intervention militaire qui permettra d'assurer � long terme le contr�le des Etats-Unis sur la r�gion des Balkans. Clinton a parl� de l' "imp�ratif moral" que constitue la d�fense de la population du Kosovo et de son autonomie foul�e aux pieds. Les violations des droits de l'homme au Kosovo sont r�elles et tr�s graves. Mais nous devons nous demander pourquoi des abus semblables, commis par la Russie en Tch�tch�nie, la Turquie dans les r�gions de peuplement kurde, et l'Angleterre en Irlande du Nord n'ont pas justifi� le recours aux m�mes nobles discours. Toujours dans cet ordre d'id�es, nous pourrions nous demander pourquoi l'apparition de 350 000 r�fugi�s serbes en 1995 du fait de la politique de la Croatie n'a pas �t� identifi�e comme une crise humanitaire et pourquoi les Etats Unis ont choisi d'ignorer le nettoyage ethnique quand il �tait commis par un alli� de l'OTAN, alors qu'ils qualifient les m�mes atrocit�s de g�nocide quand elles ont lieu au Kosovo. Quelle est la raison d'�tre de l'OTAN? L'Organisation du Trait� de l'Atlantique Nord, constitu�e de 19 pays europ�ens, des Etats-Unis et du Canada, a �t� form�e par les Etats Unis en 1949, pour "d�samorcer et se pr�munir contre" le dispositif militaire sovi�tique. La plus grande partie du monde a vu dans l'OTAN, d�s le d�part, une coalition militaire offensive, destin�e � menacer et, si n�cessaire, passer � l'attaque contre, les pays du bloc socialiste. L'OTAN a aussi fourni le dispositif longtemps attendu pour la r�int�gration et le r�armement de l'Allemagne post-nazie, un alli� essentiel pour les Etats-Unis pendant la guerre froide et pendant les bombardements actuels. L'OTAN a aliment� le complexe militaro industriel et l'industrie des armements dans le monde entier. La construction de chacun des bombardiers B-2 utilis�s lors des raids actuels, par exemple, a co�t� plus de deux milliards de dollars. Le r�cent �largissement de l'OTAN � la Hongrie, la Pologne, la R�publique tch�que, devrait selon les estimations g�n�rer presque 100 milliards de dollars de vente d'armes durant les dix prochaines ann�es. Pourquoi se servir de l'OTAN pour cette guerre? Les Etats Unis �taient de moins en moins satisfaits des performances des Nations Unies comme instrument pour assoir leur politique �trang�re. La structure du Conseil de S�curit� expose les Etats Unis au veto des autres nations, plus particuli�rement de la Russie et de la Chine. L'OTAN, d'un autre c�t�, est un club militaire tr�s ferm� avec la pr�rogative tout r�cemment affirm�e de passer outre les Nations-Unies, ce qui fait de l'OTAN, comme l'a dit Madeleine Albright, l' "institution privil�gi�e" pour les Etats-Unis (New York Times, 10/18/98). L'OTAN a perdu sa raison d'�tre quand la guerre froide a pris fin. Mais au lieu de d�manteler l'organisation, les Etats Unis ont �largi son mandat et sa composante. l'OTAN a �t� transform�;  d'une alliance qui fonctionnait � l'int�rieur du territoire des Etats membres, elle est devenue une force permettant la poursuite des int�r�ts de ces Etats au-del� de leurs fronti�res - et m�me l'ing�rence dans les affaires internes des Etats non-membres. Maintenant que la "menace du communisme" a �t� �radiqu�e, la cause humanitaire est devenue le nouveau cri de ralliement des partisans de l'intervention militaire. Le Kosovo est le premier test grandeur nature de cette nouvelle mission de l'OTAN. Les bombardements prennent place juste au moment o� va avoir lieu le sommet du cinquanti�me anniversaire de l'OTAN � Washington le 23 Avril. C'est l'occasion id�ale pour faire la d�monstration qu'il est n�cessaire de continuer � financer l'OTAN, alors m�me que les Etats Unis font des coupes sombres dans les budgets des programmes sociaux � l'int�rieur du pays et � l'ext�rieur. Quelle est la strat�gie globale des Etats Unis dans les Balkans? L'utilisation de l'OTAN pour r�affirmer une pr�sence militaire � commandement am�ricain dans les Balkans est vue comme un moyen d'affermir les deux �l�ments constitutifs de la polique am�ricaine en Europe de l'Est et en Europe centrale: a) pr�vention de toute remise en cause des "r�formes" qui ont d�mantel� les gouvernements communistes de la r�gion; b) enfermement de ces pays � l'int�rieur d'un r�le �conomique de type Tiers-Monde impos� par les Etats Unis et l'Europe occidentale: en clair, fournir de la main d'�uvre � bon march�, des mati�res premi�res et des march�s pour les multinationales des Etats Unis et d'Europe occidentale. Faire passer les  ressources de l'ex-Union sovi�tique sous le contr�le des int�r�ts occidentaux est la priorit� des priorit�s pour les Etats Unis. Chevron a d�j� sign� un accord pour les droits sur les �normes r�serves p�troli�res du Kazakhstan. De telles op�rations mettant en jeu des milliards de dollars n�cessitent un minimum d'assurances quant � la stabilit� de la r�gion: l'OTAN est vue comme le garant de cette stabilit�. La "stabilit�" suivant les crit�res des Etats Unis implique que les dirigeants locaux se plient servilement aux int�r�ts am�ricains. Milosevic a de fa�on r�p�t�e d�pass� les bornes en refusant de permettre aux Etats Unis l'implantation d'une base militaire en Yougoslavie et en s'opposant � l'incorporation de la Yougoslavie dans un ordre �conomique n�olib�ral. Les projets des Etats Unis aux Balkans sont facilit�s par la situation d'�miettement d'une Yougoslavie en �tat de guerre. Il est plus facile d'imposer la restructuration �conomique forc�e (qui est devenu le mode dominant de l'intervention am�ricaine � l'�chelle internationale) � de petits pays isol�s les uns des autres, comme dans les Cara�bes, qu'� des pays vastes, comme la Chine, ou des f�d�rations d'Etats, comme l'ex-Yougoslavie (une raison majeure pour la premi�re op�ration de d�mant�lement de la Yougoslavie au d�but des ann�es 1990). Vers qui doit se porter le soutien des gens qui se sentent concern�s? Ni Milosevic, ni l'Arm�e de lib�ration du Kosovo ne m�ritent d'�tre soutenus. Milosevic �tait d�j� un criminel de guerre avant d'avoir commandit� massacres et nettoyage ethnique au Kosovo. Mais l'opposition � Milosevic n'a pas � se traduire par un soutien aux bombardements de l'OTAN. L'ALK a adopt� une id�ologie ultra-nationaliste et un programme de nettoyage ethnique qui diff�rent de ceux pr�n�s par Milosevic principalement en ce que l' ALK n'a pas les moyens d'imposer sa conception r�actionnaire. Mais le fait qu'on condamne l'ALK ne signifie pas qu'on accepte la brutalit� de Milosevic au Kosovo. Nous devons aller plus loin que l'envie de trouver qui sont "les bons" dans le sc�nario yougoslave et ne pas oublier qu'au del� des diverses formations politiques et groupes arm�s il y a des communaut�s de gens. Au Kosovo, o� villes et village sont livr�s � l'incendie et la boucherie,. En Serbie, (o�) les gens vivent dans la terreur des bombardements de l'OTAN � cause de l'intransigeance de leur gouvernement. Mais aussi bien au Kosovo qu'en Serbie, il y a encore des gens pour r�clamer une solution d�mocratique, non-nationaliste et multi-ethnique � la crise. C'est � ceux-l� que MADRE apporte son soutien. MADRE en appelle aux Etats Unis pour que les bombardements de l'OTAN cessent imm�diatement. Nous en appelons � la communaut� internationale pour - Apporter l'aide humanitaire aux r�fugi�s par l'interm�diaire des groupes d'opposition d�mocratiques et multi-ethniques, - D�ployer les forces des Nations Unies au Kosovo pour mettre fin au g�nocide et pr�venir le retour de la violence. - Traduire Milosevic en justice comme criminel de guerre conform�ment � la convention des Nations Unies sur le g�nocide. MADRE travaille depuis 15 ans avec les organisations de femmes au niveau local � travers le monde pour apporter assistance d'urgence, services m�dicaux et aide juridique � la d�fense des droits humains dans les communaut�s en situation de crise. MADRE travaille avec des organisations de femmes d�mocratiques et multi-ethniques en ex-Yougoslavie depuis 1993. � Tous droits r�serv�s Le Courrier des Balkans. ---------------------------------------------------------------------------- ------------- Le Courrier des Balkans S�lection d'articles traduits en fran�ais de la presse ind�pendante des Balkans Mont�n�gro Flash Un service du Courrier des Balkans et de Solidarit� Europe Mont�n�gro Informez-vous : http://bok.net/balkans/ balkans@... T�l/fax : 01-47-97-55-23