Serbie: La loi anti-terrorisme représente une menace monstrueuse (suite), (IWPR), 25-6-2000*

From : c.fisler@... , the 29th June 2000 11:03
  • 2000-06-29 11:03:00 — c.fisler@... - Serbie: La loi anti-terrorisme représente une menace monstrueuse (suite), (IWPR), 25-6-2000*

The Institute for War & Peace Reporting Rapport sur la crise des Balkans N� 150 25 juin 2000 (traduit par C�cile Fisler) LA LOI ANTI-TERRORISME REPRESENTE UNE "MENACE MONSTRUEUSE" (suite). Par Slobodan Vucetic � Belgrade. Ce n'est que lorsque des conditions juridiques et constitutionnelles sp�cifiques existent que le parlement f�d�ral ou le gouvernement f�d�ral peuvent d�clarer la guerre ou l'�tat d'urgence. Ces conditions juridiques ou constitutionnelles n'existent pas en Serbie. Il n'y a pas de "troubles int�rieurs de grande envergure qui menacent l'ordre constitutionnel du pays", selon la Loi sur la D�fense, Article 4. Si le r�gime de Milosevic adoptait une telle loi ce serait en violation de la Constitution de la R�publique F�d�rative de Yougoslavie (FRY), et particuli�rement des clauses garantissant les libert�s civiles fondamentales. Au sein du syst�me judiciaire serbe, un groupe de responsables dociles a d�j� annonc� dans les m�dia l'introduction possible de nouvelles restrictions rigoureuses des libert�s et droits fondamentaux. Ces responsables ont donn� comme raisons pour cette nouvelle loi des "int�r�ts sup�rieurs" et le "besoin urgent de prot�ger la soci�t� contre le terrorisme". L'augmentation propos�e des pouvoirs de d�tention de la police, les restrictions sur les droits des suspects � une d�fense �quitable et l'introduction de proc�s rapides seraient tous en contradiction avec la Constitution de la FRY et la loi f�d�rale sur les Proc�dures l�gales, une loi adopt�e pendant l'�re Tito. Selon la loi actuelle sur les Proc�dures L�gales, les pouvoirs de la police sont d�j� vastes et non constitutionnels: en effet,  un suspect peut �tre d�tenu pendant 72 heures sans avoir droit � un avocat de la d�fense. Les citoyens jug�s "politiquement inaptes" sont d�j� soumis � des soi-disant "conversations instructives" dans leur commissariat de police local, ce qui est �galement une violation des lois en vigueur. On sugg�re �galement que la nouvelle loi l�galiserait l'utilisation d'�coutes t�l�phoniques et de micros et que la police aurait le droit de pr�senter ces enregistrements au tribunal pour servir de preuves. Ces propositions sont scandaleuses et repr�sentent un dangereux pr�c�dent politique et juridique. Elles menacent la libert� des citoyens serbes, l'avenir et la r�putation internationale du pays. Les droits constitutionnels de la vie priv�e seraient viol�s. Il n'existerait aucune garantie que ces enregistrements auraient �t� faits apr�s l'adoption de la loi ou que le mat�riel n'aurait pas �t� trafiqu�, tronqu� ou sorti de son contexte. Il a d�j� �t� annonc� que la police aurait le droit de p�n�trer dans des locaux priv�s sans un ordre du tribunal ou la pr�sence de deux t�moins chaque fois qu'ils jugeraient qu'il y a des "preuves justifi�es" qu'un acte terroriste est en pr�paration. Actuellement, la Constitution serbe et la Constitution f�d�rale (Article 31) permettent � la police de le faire seulement "s'il est n�cessaire d'arr�ter une personne qui a commis une infraction criminelle ou pour porter secours � des personnes ou d�fendre des biens conform�ment � ce qui est d�fini dans la loi f�d�rale". On ne doit donc pas �tre surpris si toutes les formes de critiques publiques et priv�es du r�gime et de ses responsables sont ainsi red�finies comme �tant des actes de terrorisme et si tous les rassemblements publics de plus de cinq personnes sont interdits, � l'exception bien entendu de ceux organis�s par des membres des partis au pouvoir. Si l'on en juge par les commentaires du ministre serbe de la Justice et de ses coll�gues du parti de la Gauche Yougoslave (JUL), ils sont d�sireux de voir adopter une mesure l�gislative destin�e � combattre le terrorisme dans des tribunaux sp�ciaux. Les magistrats qui ont d�j� d�montr� leur m�rite en pronon�ant des peines draconiennes contre les m�dia ind�pendants pourraient occuper des postes dans ces organismes administratifs. Les derni�res rumeurs laissent entendre qu'une loi f�d�rale contre le terrorisme pourrait �galement �tre en chantier, ce qui l�galiserait ainsi l'arrestation de "terroristes" au Mont�n�gro. L'ampleur effarante de ce projet de Loi contre le Terrorisme est illustr�e par le fait que m�me Vojislav Seselj - connu pour �tre un ennemi de la d�mocratie et des droits civils en Serbie -  est oppos� � son adoption. --------------------------------------------------------------------- -------------- Balkan Crisis Report The Institute for War & Peace Reporting Lancaster House, 33 Islington High Street, London N1 9LH, United Kingdom Tel. : (44 171) 713 7130 (44 171) 713 7140 E-mail : info@... ; Web : http://www.iwpr.net Les opinions exprim�es dans le � Balkan Crisis Report � sont celles des auteurs, elles ne refl�tent pas n�cessairement celles de la publication ou de l�IWPR Copyright � 2000 The Institute for War & Peace Reporting � Tous droits r�serv�s Le Courrier des Balkans. ---------------------------------------------------------------------------- --------------- Le Courrier des Balkans S�lection d�articles traduits en fran�ais de la presse ind�pendante des Balkans Informez-vous : http://bok.net/balkans/ balkans@... 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