[Gisti-info]Garde-côtes libyens vs ONG : l’Italie et l’UE ont choisi leurs alliés [Migreurop & EuroMed Droits]

From : gisti@... , the 20th March 2018 15:58

/Action collective/       Garde-côtes libyens vs ONG : l’Italie et l’UE ont choisi leurs alliés Depuis fin 2016, l’Italie – soutenue par l’UE – a initié une double  stratégie pour mettre un terme aux arrivées de personnes migrantes par  la Méditerranée centrale : criminaliser les secours citoyens, et faire à  nouveau de la Libye le gendarme de l’Europe. Ces deux dimensions se sont  accentuées au cours de l’été 2017 avec l’imposition d’un « code de  conduite » aux ONG et la mise sous séquestre des bateaux des  organisations récalcitrantes. Dans le même temps, des navires militaires  italiens étaient déployés dans les eaux territoriales de la Libye,  laquelle déclarait unilatéralement sa zone de recherche et de sauvetage  (SAR) interdite aux navires étrangers non autorisés, singulièrement ceux  des ONG. Au cours des derniers jours, cette double stratégie a franchi une  nouvelle étape. Le 15 mars 2018, l’ONG espagnole de secours en mer  Proactiva Open Arms, mène plusieurs opérations de sauvetage dans les  eaux internationales au large des côtes libyennes. L’ONG est alors  contactée par les garde-côtes de Tripoli, qui lui ordonnent de  transférer les personnes migrantes secourues sur un de leurs navires.  Connaissant les privations de liberté et les sévices dont sont victimes  les boat people réacheminés en Libye, l’équipage refuse de les livrer.  Après plusieurs heures de fortes tensions au cours desquelles les  garde-côtes libyens italiens, armes à la main, menacent l’équipage du  Proactiva Open Arms, ceux-ci se retirent finalement. L’ONG espagnole se  dirige alors vers l’Italie pour y débarquer en toute urgence les  216 personnes secourues et reçoit l’ordre de débarquer les exilé.e.s à  Pozzallo (Italie), pour qu’ils soient acheminés au hotspot. Le 19 mars,  le procureur de Catane ordonne l’immobilisation du bateau dans le port  et procède à sa saisie. Suite au refus de l’ONG de remettre les  personnes secourues aux garde-côtes libyens, une enquête a été ouverte  et trois membres de l’équipage sont poursuivis, semble-t-il, pour  « association criminelle visant à faciliter l’immigration clandestine ». Si les ONG de secours en mer gênent tant, c’est qu’elles constituent  l’ultime verrou empêchant les garde-côtes libyens d’intercepter les  personnes migrantes en toute impunité, et qu’elles permettent de  témoigner du sort réservé à celles et ceux qui échappent à l’enfer  libyen. En finançant [1  ], équipant, et  coordonnant les activités des garde-côtes libyens pour renvoyer les  personnes interceptées vers des sévices que certains dirigeants  européens ont eux-mêmes, comble de l’hypocrisie, qualifié de « crimes  contre l’humanité » [2  ], ceux-ci s’en rendent  complices. C’est pour tenter d’enrayer cette politique que les réseaux  Migreurop et Euromed Droits défendent le respect du droit international  (dont le droit d’asile) la liberté de circulation pour toutes et tous  (dont le droit de quitter tout pays, y compris le sien - article 13 de  la Déclaration universelle des droits de l’Homme), et soutient celles et  ceux qui sont accusé.e.s de délit de solidarité. 20 mars 2018 *Organisations signataires :* **   * *EuroMed Droits   * * *Migreurop* / [1 ] En 2017,  162 millions d’euros ont ainsi été alloués aux autorités libyennes dans  le cadre du fonds fiduciaire, principalement en provenance du Fonds  européen de développement et du budget de la Défense Italienne et plus  de 5000 personnes ont perdu la vie sur la route de la Méditerranée faute  de pouvoir accéder au territoire européen. [2 ]  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/22/esclavage-en-libye-macron-denonce-des-crimes-contre-l-humanite_5218781_3212.html / /Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s www.gisti.org /  Page Facebook du Gisti    Page Twitter du Gisti   /Sur le Web : www.gisti.org/spip.php?article5883  /