[Gisti-info]Au Col de l’Échelle, impunité pour les identitaires d’un côté, prison ou tabassage pour les soutiens pacifiques des migrants de l’autre...,Jusqu’où iront le gouvernement, la police et la justice pour décourager la solidarité ? [Collectif « Délinquants solidaires »]

From : gisti@... , the 26th April 2018 11:06

/Collectif « Délinquants solidaires »/       Au Col de l’Échelle, impunité pour les identitaires d’un côté,       prison ou tabassage pour les soutiens pacifiques des migrants de       l’autre...       Jusqu’où iront le gouvernement, la police et la justice pour       décourager la solidarité ? Alors que des citoyen·ne·s, associations et collectifs locaux se  mobilisent depuis de longs mois pour organiser l’accueil de personnes  exilées sur leur territoire face aux pratiques irrégulières des forces  de l’ordre, les évènements de ce week-end à Briançon montrent bien que  le délit de solidarité a encore de beaux jours devant lui. Dans le cadre d’une mise en scène médiatique au col de l’Échelle à la  frontière franco-italienne, le groupe d’extrême-droite Génération  Identitaire a bloqué la frontière entre le 21 et 22 avril, étalant des  messages haineux en pleine montagne, barrant la route à des personnes  épuisées par un trajet en montagne, les mettant ainsi potentiellement en  danger, puis relayant les photographies de leurs faits d’armes sur les  réseaux sociaux à grand renfort de commentaires xénophobes. Ainsi, à  l’instar de ce qui s’est passé lors de l’action organisée en  Méditerranée à l’été 2017 pour saborder les sauvetages de personnes  migrantes, des militant⋅e⋅s d’extrême droite de plusieurs pays européens  sont venues bloquer symboliquement la frontière sans que les forces de  l’ordre interviennent ou que les autorités condamnent clairement cette  action, se bornant à évoquer des « gesticulations ». Le dimanche 22 avril, une manifestation pacifique composée de plus de  150 personnes exilées et de leurs soutiens est partie de Clavière en  Italie pour rejoindre Briançon à pieds et ainsi protester contre la  militarisation de la frontière et la non prise en charge des personnes  mineures ou en demande d’asile par les autorités françaises. Les  organisations locales et régionales alertent depuis 2015 sur les  atteintes systématiques aux droits des personnes migrantes à la  frontière franco-italienne, de Menton à Briançon sans qu’elles soient  entendues par les responsables politiques. A l’issue de cette manifestation spontanée, six personnes ont été  interpellées par les forces de l’ordre. Trois ont finalement été  relâchées mais trois autres sont toujours en détention provisoire,  enfermées à Gap et à Marseille. Poursuivies pour « avoir par aide  directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée  irrégulière en France de plus d’une vingtaine d’étrangers, avec cette  circonstance que les faits ont été commis en bande organisée », elles  risquent selon la loi française jusqu’à 10 ans de prison assortie de 750  000 euros d’amende. Le jugement ayant été renvoyé au 31 mai 2018, ces  trois personnes originaires de Suisse et d’Italie resteront donc  potentiellement enfermées jusqu’à cette date. En marge de la manifestation, cinq participant·e·s attablé·e·s à la  terrasse de l’Hôtel de la Gare à Briançon vont faire l’objet d’un  contrôle d’identité. Les policiers demandent à l’une des personnes de  les suivre, refusant d’en donner la raison. « On va pas te le répéter  deux fois » lance un policier. La personne sort son téléphone pour  prévenir un avocat, les policiers le lui arrachent et la projettent au  sol, lui sautent dessus. Face contre terre, coups de matraque, clef de  bras, coup de genoux, pouces enfoncés dans les yeux, étranglement, la  personne est finalement traînée par les pieds dans les escaliers,  toujours face contre terre, puis jetée sur le goudron deux mètres plus  loin. Alertés par les cris, des gens arrivent, les policiers gazent tout  le monde, y compris la personne gisant au sol, visage tuméfié, en sang,  la mâchoire gonflée, respirant difficilement et aveuglée par les gaz  lacrymogènes. Souffrant de multiples contusions, d’un énorme hématome à  la mâchoire, d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la  trachée, cette victime de la violence policière est amenée aux urgences.  Résultat : 10 jours d’interdiction totale de travail. Il est inadmissible que ces personnes soient actuellement privées de  liberté ou violentées alors qu’elles ont été interpellées dans le cadre  d’une manifestation pacifique. En outre, ces militant·e·s de la  solidarité ont participé à de nombreuses opérations de sauvetage en  montagne, se rendant juste « coupables » d’assistance à personne en  danger. Un cas de plus de dissuasion de la solidarité. Le collectif Délinquants solidaires s’inquiète du peu de cas qui est  fait par les pouvoirs publics de l’expression sans complexes d’une  xénophobie et du blocage des frontières par des militant·e·s  d’extrême-droite, qui a pour conséquences immédiates la mise en danger  des personnes migrantes parmi lesquels des mineur·e·s, ainsi que le déni  pur et simple du droit d’asile, qui est encore une obligation  conventionnelle de la France. Le collectif Délinquants solidaires condamne fermement la détention de  soutiens des exilé⋅e⋅s et appelle à leur libération immédiate. Par  ailleurs, il répète que la solidarité et l’accueil sur nos territoires  manifestés par des milliers de citoyens et citoyennes doivent être  encouragés au lieu d’être systématiquement dénigrés ou réprimés. Si les  député·e·s ont raté l’occasion d’abroger le délit de solidarité, nous  restons mobilisé·e·s et solidaires des personnes exilées pour réclamer  un accès aux droits effectifs pour toutes et tous et le droit de  s’organiser collectivement. 26 avril 2018 Lire aussi :   * « Le droit d’asile en danger : Contre la loi asile et immigration,     contre la militarisation de la frontière, résistons à bras ouverts      », le     communiqué de presse de l’association « Tous Migrants » à Briançon,     publié lundi 23 avril 2018 | http://tousmigrants.info         Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site         www.delinquantssolidaires.org  /Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s www.gisti.org /  Page Facebook du Gisti    Page Twitter du Gisti   /Sur le Web : www.gisti.org/spip.php?article5902  /