[Gisti-info]La ville de Lille et l’État condamnés pour l’expulsion illégale des habitants d’un bidonville [Action collective]

From : gisti@... , the 12th February 2018 17:24
  • 2018-02-12 17:24:46 — gisti@... - [Gisti-info]La ville de Lille et l’État condamnés pour l’expulsion illégale des habitants d’un bidonville [Action collective]

/Action collective/       La ville de Lille et l’État condamnés pour l’expulsion illégale       des habitants d’un bidonville La ville de Lille et l’État ont été condamnés, le 6 février, par le juge  des référés du tribunal de grande instance de Lille, à réparer le  préjudice causé par l’expulsion illégale, le 3 novembre dernier, de  15 personnes vivant dans un bidonville. Cette décision rappelle que les  propriétaires de terrains, quels qu’ils soient, ne peuvent porter  atteinte au droit de toute personne à la protection de son domicile mais  doivent recourir à l’intervention du juge comme prévu par la loi. Plusieurs familles en situation de précarité — dont celle qui a porté  l’affaire en justice — avaient été expulsées par les polices municipale  et nationale, sans qu’aucune décision de justice ne l’ait ordonné, alors  qu’elles habitaient ce terrain vide (propriété de la ville de Lille)  depuis trois semaines, faute d’une autre solution de logement digne. Cette décision sanctionne la pratique, trop fréquente, des expulsions de  bidonvilles réalisées sans autorisation de la justice, y compris pendant  la trêve hivernale, pratique que les autorités prétendent à tort  justifier en prétextant un « flagrant délit ». Ces dérives s’inscrivent dans une logique récurrente d’expulsions de  bidonvilles, qui prive leurs habitants du peu de stabilité qui avait pu  s’y instaurer, de leurs biens et du lien avec ceux qui les accompagnent,  les renvoyant ainsi à des conditions de vie plus précaires encore. Plus de 11 300 personnes ont été expulsées de quelque 130 lieux de vie  en 2017, d’après l’enquête LDH-ERRC, pour une estimation de  570 bidonvilles (selon la DIHAL). La seule politique acceptable est de proposer des solutions de logement  dignes à ces enfants, ces femmes, ces hommes, dont aucun n’a choisi de  vivre dans ces conditions. C’est la précarité qu’il faut combattre, et  non les personnes qui en sont les victimes. L’instruction du gouvernement du 25 janvier 2018 « /visant à donner une  nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et des  bidonvilles/ », et adressée à l’ensemble des préfets du territoire,  annonce cette intention. Elle a pour objectif la résorption des  bidonvilles par l’accompagnement des personnes, et non plus une logique  contreproductive d’expulsion : il est impératif qu’elle y parvienne. Les associations signataires, qui sont intervenues aux côtés des  habitants devant le juge, continueront de veiller avec vigilance au  respect des droits des personnes menacées d’expulsion. Paris, le 12 février 2018 *Organisations signataires :* **   * *Amnesty International   * CNDH Romeurope   * Fondation Abbé Pierre   * Gisti   * * *LDH* /Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s www.gisti.org /  Page Facebook du Gisti    Page Twitter du Gisti   /Sur le Web : www.gisti.org/spip.php?article5851  /