[Gisti-info] La France expulse vers la mort une personne porteuse du VIH [ODSE]

From : gisti@... , the 22nd February 2018 12:04

/ODSE/       La France expulse vers la mort une personne porteuse du VIH Pour la première fois depuis des années, l’administration française a  pris la décision d’expulser une personne malade porteuse du VIH vers un  pays où elle ne pourra pas être soignée. Cette expulsion vers la mort a  été décidée contre l’avis officiel que le médecin de l’Office français  de l’immigration et de l’intégration (OFII) avait pourtant adressé au  préfet compétent. Interpellés par des associations et des citoyen.nes,  les ministères de l’Intérieur et de la Santé n’ont pas empêché cette  expulsion. La personne visée vivait en France depuis plus de 10 ans et avait  bénéficié de titres de séjour pour soins. Condamnée à une peine  d’emprisonnement, elle avait rencontré de grandes difficultés pour faire  renouveler son titre de séjour en raison de l’impossibilité d’accomplir  ce type de démarche depuis une prison. Un rendez-vous en préfecture lui  avait toutefois été accordé courant janvier 2018, postérieurement à sa  sortie prévue. Tout s’accélère lorsque, peu de temps avant cette levée d’écrou, le  préfet lui notifie une obligation de quitter le territoire français à  destination de son pays d’origine. Cinq jours plus tard, au moment où  cette personne s’attendait à retrouver la liberté et à poursuivre ses  démarches administratives, le préfet prend la décision de l’enfermer au  centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, en vue de son  expulsion. Constatant le risque mortel en cas de renvoi, le médecin de l’unité  médicale du centre de rétention (UMCRA) saisit rapidement son homologue  de l’OFII d’une demande de maintien sur le territoire pour soins. Dix  jours plus tard, le médecin de l’OFII confirme la position de l’UMCRA et  rend un avis préconisant le maintien en France, faute d’accès effectif  aux soins nécessaires dans le pays d’origine de l’intéressé. Mais, seul habilité à pouvoir décider d’annuler l’expulsion, le préfet  décide de passer outre cet avis médical : fin janvier, cette personne  gravement malade est embarquée de force à bord d’un vol à destination de  son pays d’origine. Aucun ministère, dûment alerté, n’aura agi pour  empêcher cette expulsion mortelle. L’expulsion d’une personne porteuse du VIH vers un pays où elle ne peut  se soigner constitue une atteinte gravissime au droit à la vie. Des  années de combats associatifs et citoyens avaient permis de mettre fin à  ces pratiques dramatiques ; elles ne sauraient renaître aujourd’hui. Les  associations signataires demandent la garantie qu’une protection absolue  soit accordée aux personnes gravement malades ne pouvant se soigner dans  leur pays d’origine, et qu’il soit mis fin à toute mesure d’expulsion  contre l’avis des autorités médicales françaises. Le 22 février 2018         Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site         www.odse.eu.org  /Envoi par le Groupe d'information et de soutien des immigré·e·s www.gisti.org /  Page Facebook du Gisti    Page Twitter du Gisti   /Sur le Web : www.gisti.org/spip.php?article5868  /