[IACAM !]A la fin de la manifestation du 29 janvier , à Montpellier

From : collectifencevennes@... , the 31st January 2009 03:55
  • 2009-01-31 03:55:46 — collectifencevennes@... - [IACAM !]A la fin de la manifestation du 29 janvier , à Montpellier

A la fin fin de la grande et calme, trop calme, manif d'hier, une vingtaine de personnes se sont rendus à une table ronde organisée à l'hôtel d'agglomération sur le thème: « Partenariat Recherche publique / Entreprises : levier d’innovation pour les PME ». Cette sauterie n'était pas gardée et ce fut sans difficulté que les perturbateurs sont entrés dans la salle. Une hotesse d'accueil leur demanda en vain de se munir d'un badge à leur nom, puis essaya de les convaincre de partir sous prétexte que cette conférence était prévue uniquement pour les patrons. Sans succès. Avant le commencement, le présentateur des débats vint demander au groupe si un porte-parole désirait participer au débat. Mais il n'y avait pas de porte-parole. Gilbert Pastor, l'élu délégué lèche-botte des entreprises, commença son exposé et fut interrompu. Lui et les autres personnes furent insultées comme elles le méritaient, avec quelques arguments tels que: vous servez le capital, vous "respectez la confidentialité des projets" quand vous aidez des starts-up, ça veut dire qu'elle peuvent nous empoisonner ou nous contrôler toujours plus, vous etes contents... Quelques chaises furent renversées et le groupe quitta les lieux, sans encombre. Un tract d'appel avait été distribué l'après-midi, exposant le cv mortifère des participants à cette conférence: A Montpellier, il n’y en a que pour les chercheurs soumis aux industries (des industries de surveillance et de biotechnologies) Dans le cadre de ses rencontres Montpellier Prospectives, Montpellier Agglomération organise une conférence-débat autour du thème « Partenariat Recherche publique / Entreprises : levier d’innovation pour les PME », à destination des PME et Grands Groupes, le jeudi 29 janvier de 18h à 20h, à l’Hôtel de l’Agglomération (salle Zeus, 6ème étage). D’après nos dirigeants : « Les partenariats public et privé dans le domaine de la recherche sont pour les entreprises un outil de compétitivité permettant la création de valeur aussi bien au niveau national qu'international. » On nous annonce ainsi l’intervention de Bernard Pau, présenté comme universitaire à la faculté de Pharmacie, pour parler des « partenariats entre la recherche publique et les entreprises ». Or il n’est pas précisé que cet homme, qui fut diplômé de l’école de chimie de Montpellier, a notamment fait carrière au sein du groupe pharmaceutique Sanofi, qui dispose à Montpellier de son plus grand laboratoire de recherche. Il a ensuite fait carrière en dirigeant des laboratoires « mixte » où la recherche publique sert les brevets privés (Université, CNRS et Sanofi, puis aujourd’hui BioRad). Ancien directeur du département « Science de la vie » au CNRS, il quitte ce poste en 2004 pour créer l’Institut d’innovations thérapeutiques (filiale du CNRS à 99,97%) dont l’objectif est précisément d’accroître « le flux de transfert d'innovations du domaine public vers l'application médicale et industrielle ». A noter qu’il créa également l’entreprise pharmaceutique Innodia. Tout cela n’en fait pas un innocent pour parler de façon neutre de cette collusion entre l’Etat et le Capital. Il y aura aussi Anne Lichtenberger qui va présenter l’organisme régional qu’elle dirige, Transfert LR, qui est chargé d’aider les entreprises à profiter de la recherche publique. A noter qu’elle s’occupait auparavant du pôle Sciences du vivant à la CCI de Nice. C’est donc naturellement que les témoignages d’entrepreneurs aidés vont venir du secteur pharmaceutique, avec l’exemple de Sysdiag (CNRS-BioRad… encore eux !) et plus généralement des bio-technologies avec Déinolab, labo mixte Déinove-CNRS-UMI-UM2. Enfin, le troisième témoignage sera celui d’Isytest, labo mixte entre le LIRMM (robotique et microélectronique) et NXP, un géant mondial de l’électronique qui fabrique des plaques de silicium pour Apple, Bosch, Nokia, Philips, Continental, Samsung ou Sony, pour des applications telles qu’une télé sur 2 dans le monde contient une de ces puces ; un géant qui est « n°1 dans les solutions de paiement sans contact » et plus particulièrement en solutions RFID (Identification par Radio Fréquence), avec plus de 3 milliards de circuits intégrés livrés. « Les technologies NXP couvrent aussi bien les tags RFID qui authentifient les médicaments, que les systèmes de billetterie électronique qui réduisent les temps de déplacement, et les ePasseports qui permettent de lutter contre l’usurpation d’identité et renforcent la sécurité aux frontières. » Voilà donc les vertus des partenariats recherche-industrie ! Et l’agglomération pourra même se vanter d’avoir aidé au lancement concurrent de NXP, puisque Coronis System, le fabriquant de puces RFID qui fut logé dans l’atelier-relais du millénaire, maintenant installé près de l’aéroport à Pérols, a disséminé pour sa part 2 500 000 puces. L’agglo adore tellement ces puces qui nous surveillent qu’on peut aussi citer Tagéos, qui est chouchouté dans la pépinière d’entreprises Cap Alpha, pépinière qui a été élue Meilleur incubateur d’entreprises technologiques au monde, à Seattle en 2007. Vive ces partenariats ! Regardez Cyberia, ce fabriquant de caméras miniatures et étanches, logé à l’atelier-relais du Millénaire ! Soyez fiers d’Hymatom, l’entreprise de Vendargues qui fabrique les caméras qu’on retrouve dans nos rues et dans une ville vidéosurveillée sur deux en France, qui équipe la plupart des stades en France, des gares et aéroports, banques, supermarchés, commissariats, prisons, sites militaires ou nucléaires… Monde de surveillance pour désamorcer nos révoltes, monde sur-médicalisé répondant à un monde qui nous rend malades. Voilà la politique de nos élites ! Voilà la politique qui nous mène droit dans le mur ! Ils nous disent que ça crée des emplois. Mais c’est surtout des emplois de chercheurs. Pour les attirer, la ville en a profité pour nettoyer et aseptiser le centre-ville. Mais des vrais emplois ? Regardez justement NXP : en septembre dernier, l’entreprise annonce la suppression de 4500 emplois dans le monde dont la fermeture d’une usine employant 350 personne à Caen… Pour montrer notre opposition à ce monde, allons donc leur dire en face, lors de leur petite sauterie entre amis, dès la fin de la manif. C’est à 18h, à l’hôtel d’agglo (Antigone)… Collectif contre la recherche en société capitaliste