[IACAM !]Compte Rendu du procès de Vido

From : iacam@... , the 26th March 2012 07:40
  • 2012-03-26 07:40:18 — iacam@... - [IACAM !]Compte Rendu du procès de Vido

Compte-rendu du procès de Vido le 16 mars au Tribunal correctionnel de Nîmes Le Jeudi 17 mars à 9h au Tribunal de Nîmes, Vido s'est présenté à la barre, accusé de « dégradation de bien d’autrui » (une barquette de viande de 5,95 euros) et « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » (soit de donner ses empreintes digitales). Un rassemblement en solidarité s'est tenu devant le tribunal . Des brochures* contre le fichage et la justice de classe étaient mises à disposition, aux côtés du tract présentant le point de vue de Vido sur l'affaire (voir le tract ci-joint). Le procureur, bien en peine de soutenir l'acte d'accusation, a requis une amende de 6 euros avec sursis (considérant ainsi Vido coupable). Le juge a finalement décidé de relaxer Vido. Cette banale histoire a fait l'objet d'un article copieux dans l'édition du Midi Libre du lendemain. Comme à son habitude la presse bourgeoise n'a pas eu de mal à réduire l'affaire à un fait divers croustillant et rocambolesque. Contrairement à ce que veulent faire croire le parquet et le Midi Libre en jugeant que l'affaire ne méritait pas « d'en arriver là », tous les jours la justice de classe produit des situations qui révèlent son iniquité. et son dévouement aux nantis qu'elle protège. * Pour plus d'informations sur l'ADN, on trouvera les trois brochures « L’apparence de la certitude, L’ADN comme « preuve » scientifique et judiciaire », « Du sang, de la chique et du mollard ! » et « “Ouvrez la bouche”, dit le policier », sur le site http://adn.internetdown.org/. Un « barbare » agressé par le gérant d'un U Express 12 septembre, 11h30, magasin U Express de Beaucaire (30),il y a du monde aux caisses. Vido remarque, rigolard, qu'avec 2,7 milliards d'euros de bénéfices reversés aux actionnaires, le groupe U pourrait se permettre d'embaucher plus de personnel. Quand le tour de Vido arrive, le gérant du magasin, visiblement énervé par ces propos, refuse d'encaisser et reprend la marchandise. Vido tente de récupérer son repas de midi, le gérant s'interpose, le panier tombe par terre et l'emballage de la barquette d'échine de porc explose ! Vido, blasé, sort du magasin, poursuivi par le gérant qui lui réclame le prix de la viande soit 5,95 euros et tente de le bloquer en lui demandant de le frapper. Abasourdi, Vido s'en va. Le gérant, abandonnant caisses, clients et magasin, lui emboîte le pas en téléphonant aux flics. Ils déboulent en moins de cinq minutes et embarquent Vido . Sa déposition enregistrée, on lui demande de se soumettre au relevé signalétique  (empreintes  digitales  et  photos).  Vido  refuse.  Il  ressort  du commissariat muni d'une convocation au tribunal pour dégradation et refus de se soumettre au relevé signalétique « nécessaire à l'alimentation et à la consultation des fichiers de police...». Un gérant de magasin, probablement quelque esclave franchisé, épuisé par le stress,  pète un plomb tant il s'identifie au groupe commercial qui l'exploite. Les flics embarquent Vido d'office : son aspect et son accents barbares en font un client idéal. Le procureur, malgré l'absence de plainte du gérant (et pour cause...) renvoie Vido devant le tribunal. Une blague ? Non, on assiste juste, poussé au ridicule,  à  l'application  d'une  logique  sécuritaire  et  policière,  basée  sur l'exploitation, le contrôle, la discrimination. Cette situation grotesque n'est pas un « bug » du système judiciaire. Les salles d'audiences du tribunal sont pleines de laissés pour comptes, de pauvres, d'immigrés, chair à justice de la machine à ficher et à punir. On se fout pas mal de savoir si les victimes de cet État sont « coupables » ou non. Les crimes et délits sont taillés sur mesure par un système social, économique et politique qui nous broie tous au quotidien et dont la Justice n'est que l'un des rouages. La chasse aux pauvres, le contrôle au faciès, le fichage généralisé, ça suffit ! Ne nous laissons plus faire. Ne restons pas seuls face à la machine judiciaire. Soyons solidaires. RDV au tribunal de Nîmes le vendredi 16 mars à 9h Spectacle assuré ! Support by Kalimero sous le soleil (Collectif contre la répression) :kalimerosouslesoleil@no-log.org