[IACAM !]Accident à Marcoule

From : iacam@... , the 14th September 2011 17:17

Salut, L'accident d'hier n'a pas eu lieu dans une centrale électronucléaire d'EDF. L'Etat n'arrête pas de le répéter pour minimiser les risques réels de contamination. Par contre, sur le site de Marcoule, il existe deux réacteurs militaires Célestin (nécessaires pour créer le tritium utilisé dans les bombes thermonucléaires françaises) ; plus la vieille machine expérimentale surgénératrice Phénix, en cours de démantèlement (dont les parois de la cuve sont radioactives et qui contient encore du sodium et du plutonium, mélange explosif et hautement radioactif) et d'autres laboratoires nucléaires, tels que Atalante qui travaille sur le traitement des combustibles irradiés et l'étude sur la gestion des déchets radioactifs de haute activité et à vie longue, en particulier ceux dus au démantèlement des installations nucléaires ; sans compter l'usine Melox, fabriquant du combustible Mox (mélange d'uranium et de plutonium) employé dans de nombreuses centrales électronucléaires, y compris dans le réacteur numéro 3 de Fukushima ; et, enfin, l'usine où il y a eu l'accident d'hier : Centraco., considéré, même par l'ASN, comme dangereuse. Centraco est le centre de traitement et de conditionnement des déchets relativement peu radioactifs, de courte et moyenne vie, y compris médicaux (des gants à des bouts de ferraille issus d'opérations de démantèlement), en provenance d'EDF, d'AREVA et d'autres sociétés publiques et privées. Centraco est aussi équipé d'un incinérateur spécial destiné à brûler 5000 tonnes par an ce type de déchets, en particulier métalliques, qui, après avoir été réduits en cendres radioactives, sont vitrifiés, avant d'être envoyés vers des centres de stockage, y compris autour de Marcoule. A priori, ce sont des matières certes radioactives mais non fissibles, donc incapables de générer des réactions en chaîne. C'est l'un des fours de l'incinérateur qui a explosé. L'explosion, à mon avis, est de type chimique, pas nucléaire, à moins qu'il y ait eu dans le four des pastilles de plutonium et d'uranium en quantité suffisante pour que, leur gaine de protection ayant fondu sous la chaleur , elles aient pu, en s'amalgamant, générer quelque réaction en chaîne initiale, jouant le rôle de détonateur pour enflammer les gaz, en particulier l'hydrogène très présent dans ce type de combustion chimique. En théorie, de telles capsules ne doivent pas passer les barrières de contrôle, sauf que, en pratique, la chose s'est déjà produite, à l'usine de retraitement de La Hague, entre autres, il y a quelques années. Sinon, même sans cela, il a suffi que la pression des gaz devienne brutalement incontrôlable, pour des raisons jusqu'alors inconnues ou déjà occultées, pour que le four explose, chimiquement parlant, libérant immédiatement son contenu : les particules radioactives, y compris sous forme gazeuse. De quelle nature, dans quelle quantité et à quelle distance, pour le moment, je n'en sais rien. Mais dans la mesure où les bâtiments où sont situées les fours ne sont même pas des locaux « confinés » comme ceux des réacteurs des centrales (il y a juste des systèmes de « dépression » destinés, en principe, à faire refluer en cas de problème les gaz chargés de radioactivité vers des zones sécurisés de stockage momentané autour des incinérateurs), il est inévitable qu'il y ait eu contamination. Il faut savoir que les fours de ce type sont capables de traiter chacun 1 tonne de déchets par passe. Si le four était en charge, ce qui est sans doute le cas puisque Centraco ne parle même pas de test, cela représente pas mal d'émissions radiologiques. L'Etat, donc, cache la  réalité, comme d'habitude. Sous prétexte qu'il n'y peut-être pas eu d'accident de criticité (comme celui qui a eu lieu dans l'usine de Tokaimura, au Japon, en 1999),  il affirme qu'il n'est question que d'accident industriel classique dans cette installation nucléaire ! De la même façon, il a déjà affirmé que les bombes radiologiques à uranium appauvri, utilisées depuis la première guerre du Golfe, n'étaitent pas des armes nucléaires puisqu'il n'y avait ni fission nucléaire, ni fusion thermonucléaire ! petervener@... -------------------------------------------------------------------- Salut, Je pense aussi que c'est une explosion chimique qui a eu lieu à Marcoule (une criticité semble quand même peu probable) mais pour savoir pourquoi et comment, c'est une autre paire de manche. Ceci dit, une organisation de la Drôme dans le style Crii-rad, Next-up (à l'origine un peu la « Crii-rad » du portable et des antennes relais) a fait une page Web là-dessus : http://www.cartoradiations.fr/Socodei.php Ils ont l'air bien informés... et si la photo qu'on voit est bien celle d'un des deux fours qui fond les déchets (ce qui semble être le cas), eh bien les pauvres types, ils bossent dans des conditions délirantes ! Les combinaisons les empêchent peut-être de crever de chaud (ils doivent transpirer là-dedans !) mais ça doit pas bloquer toutes les radiations, et ça n'a pas l'air d'être étanche : bonjour, les vapeurs radioactives dégagées par le four ! Enfin, tu verras à la fin que des gens ont fait des mesures vers Avignon et, sans surprise, la radioactivite ambiante a augmente suite à l'accident...