[IACAM !]infos du Quartier d'Isolement du Centre de Détention de Bourg en Bresse

From : iacam@... , the 30th April 2015 16:29
  • 2015-04-30 16:29:24 — iacam@... - [IACAM !]infos du Quartier d'Isolement du Centre de Détention de Bourg en Bresse

Bonjour On vous fait suivre une info détaillée au sujet de G. ASKAROGLU,  prisonnier au QI du CD de Bourg en Bresse, ainsi que deux lettres de  détenus du mêmem QI. Romain a été depuis sa lettre jugé et transféré au  CD de Roanne, il n'est donc plus en isolement. Dylan est proche de sa  fin de peine, il devrait sortir d'ici 1 mois et demi au plus. Concernant G. Askaroglu, pas de changement, sa situation est de pire en  pire. Il est en isolement depuis 6 mois, et prolongé à priori au moins jusque  juillet. Il souhaite que les infos circulent au sujet de ce qu'il vit en ce  moment, dans l'espoir qu'un peu de tapage amènerait la direction a le  transférer plus rapidement. Si vous avez la possibilité de faire circuler ces infos le plus  largement possible, de contacter la direction, si vous avez d'autres  idées... n'hésitez pas. le texte ci dessous et également en pièce jointe Infos depuis le Quartier d'Isolement de centre de détention de Bourg en  Bresse Voici des informations pour expliquer la situation dans laquelle se  trouve G. ASKAROGLU, prisonnier au CD de Bourg en Bresse, en isolement  depuis 6 mois pour ne pas se laisser marcher sur les pieds par la  matonnerie. A minima il est possible d'appuyer sa demande de transfert en appelant  le centre pénitentiaire au 04 26 16 10 00 et en demandant à parler à M.  Motuelle ou M. Courche. Puis deux lettres de prisonniers du QI. Le 28 avril Auparavant incarcéré au CD de Roanne, il s'était mobilisé contre  différents aspects de la détention : l'humiliation des détenus et leurs proches lors des fouilles et des UVF,  l'exploitation dans les ateliers de travail, la mise sous pression de la  part de différents surveillants pénitentiaires, etc. (voir  http://grenoble.indymedia.org/2012-07-06-Lettre-d-un-prisonnier-du-centre  ) Il avait chèrement payé son insoumission, de trois mois d'isolement puis  5 mois de régime en porte fermé. Puis il a été transféré. Plus tard,  alors qu'il a fait un recours pour placement abusif en isolement, la  justice a reconnu, une fois n'est pas coutume, les torts de la  pénitentiaire qui a été condamnée à lui payer une amende comme forme de  dédommagement. Ce qui ne les empêche pas de refaire la même chose  aujourd'hui, ils ne sont pas à une amende près, et la justice à plutôt  tendance à les couvrir en permanence. A cette période puis par la suite, différentes formes de rebellions face  à l'administration pénitentiaire du CD de Roanne ont fait écho à ce  récit de résistance. Arrivé à Bourg en Bresse durant l'été 2012, G. ASKAROGLU entame des  démarches pour faire baisser sa période sûreté (période au cours de  laquelle il n'est possible de faire aucune demande de libération  conditionnelle ou aménagement de peine, ni de permission de sortie.) Ces démarches sont longues, coûteuses ( financièrement mais aussi parce  qu'elles demandent beaucoup d'efforts et de garanties ) pour un résultat  très incertain. Après des mois d'attente, de recours, après avoir enchaîné les  formations et passé plusieurs CAP pour maximiser ses chances, il a «  gagné » une année. Mais les méandres du parcours à entreprendre pour obtenir un aménagement  de peine relativisent cette avancée. En effet, s'il est maintenant "conditionnable" (c'est à dire qu'il a la  possibilité de demander une conditionnelle, qui reste évidemment au bon  vouloir de la justice et de l'administration pénitentiaire) depuis le 22  mars ; s'il a déjà une promesse d'embauche pour la sortie, et des  proches qui l'attendent, la pénitentiaire lui met des bâtons dans les  roues. Avant d'obtenir une conditionnelle, il faudra de toutes façons qu'il  repasse devant un expert psychiatre qui pondra un rapport à son sujet ;  qu'il attende un temps indéfini pour passer quelques semaines devant des  spécialistes de la Commission Nationale d’Évaluation qui vont décider de  son avenir du haut de leur science, et qu'il obtienne des permissions  qui pour l'instant lui sont refusées. Si tout ceci est profondément décourageant pour une personne qui a tout  misé depuis 3 ans pour faire avancer ce projet, la situation concrète de  son incarcération actuelle l'est autant. Depuis le 21 octobre 2014, il est à l'isolement. Cette mesure, déjà  renouvelée une première fois par la direction du centre pénitentiaire  représentée par Patrick MOTUELLE (directeur) et Olivier COURCHE («  directeur en charge de la détention »), vient d’être relancée jusqu'au  27 juillet par Emmanuel FENARD pour la Direction Inter-régionale des  Services Pénitentiaires Rhône Alpes Auvergne. Les faits qui lui sont reprochés restent flous. Des « menaces envers le  personnel pénitentiaire » qui se seraient passées le 14, 15 et 16  octobre. Entendre une altercation verbale, une demande d'explication le  lendemain, puis une autre altercation verbale. A la suite de cette  dernière, les surveillants effectuent une fouille complète de sa  cellule, arrachent tout,  et confisquent sa chaîne hi fi, son four, ses  plantes, affaires qu'il avait depuis des mois. Puis la lieutenant  nouvellement nommée décide à ce moment de l'emmener au régime porte  fermée, au motif de menaces datant de deux jours plus tôt. Quelques jours après il est appelé au parloir où l'attend la police, qui  veut l'auditionner car il aurait menacé un surveillant. Pourtant  personne n'a déposé plainte, mais la direction en a informé la police,  qui se déplace. Ceci se déroule dans un contexte où les insoumissions sont fréquentes :  à titre d'exemple le surveillant présent le 16 a reçu un œuf en pleine  tête le matin même, d'autre part une porte de l'étage avait été sabotée  le 17 (ce qui arrive régulièrement), et la directrice de l'époque lui  avait dit alors « si ça se reproduit, vous savez où vous irez » ( alors  qu'il était en régime porte fermée ce jour là.) On peut rappeler qu'il y a eu des mutineries au centre pénitentiaire de  Bourg en Bresse, en août 2013 et plus récemment en janvier 2015. Des prisonniers se sont rebellés contre la matonnerie. Ils avaient de  multiples raisons de le faire. En retour, la matonnerie essaye de mettre  tout le monde au pas. Le 21 octobre, la direction décide de le placer en isolement, et ils  reconduisent depuis cette mesure. Puis ils en rajoutent. 2 mois après ils ont formulé un compte rendu d'incident au sujet  d'objets trouvés lors de la fouille de sa cellule, auquel il n'y a pas  finalement eu de suite. Par contre, ils refusent de lui rendre ses  affaires, par exemple la chaîne hi fi qu'il possède car un détenu libéré  la lui a donnée, mais l'administration pénitentiaire s'y oppose au motif  qu'elle n'a pas validé ce don. Si cela peut sembler des détails, il s'agit en réalité d'un acharnement,  d'une mise sous pression, et qui plus est pour une personne en isolement  ce sont pas des détails. Pour en rajouter encore un peu plus à sa mise sous pression, il y a  encore d'autres éléments. Le 18 janvier est né son troisième enfant. Il lui a été refusé de se  rendre à l’hôpital pour le voir, et à la mairie pour le reconnaître,  même sous escorte. Il a également des problèmes de santé nécessitant des matériels  spécifiques, comme un matelas et un coussin ergonomique, qu'il possède,  et utilisait précédemment en cellule. Aujourd'hui, ceux ci lui ont été confisqués, on ne sait pour quelle  raison. Le docteur Jeanne ROBINE, exerçant au centre pénitentiaire, lui  a fait un certificat le 30 janvier attestant qu'il en a besoin en raison  de ses problèmes de santé. Ils lui disent qu'il n'a qu'à en racheter un  autre. Au début de l'année, il a été opéré d'une glande salivaire, ce qui  devait au départ être bénin. Mais l'opération a eu des complications, et  un nerf a été touché, ce qui a pour conséquence une paralysie faciale  partielle, et d'intenses douleurs. Pour la médecine et la pénitentiaire  ce n'est qu'un détenu n'est ce pas ? Malgré les souffrances qui  persistent, il reste dans la même situation ; et l'accès à un réel suivi  médical reste un parcours du combattant. D'autre part la direction lui a également refusé la possibilité de  participer aux activités en commun avec les autres personnes placées en  QI pour qu'il n'ait ni contact, ni activité... et voie défiler par  centaines les heures dans la solitude et l'ennui. Il lui est reproché par la DISP des « tentatives d'intimidations  exercées à l'encontre des personnels d'établissement [par] des pressions  verbales ou des remises en cause professionnelles » ainsi que «  [de s'] enfermer dans une attitude de contestation systématique  envers les décisions prises par la direction de l’établissement,  [multiplier] les requêtes ou demandes d'audience et [sa] prise en charge  ne peut se concevoir, dans ces conditions, qu'au quartier d'isolement » Il est important de rappeler que l'isolement est un régime qualifié de  torture, qui altère les sens, la réflexion, le rapport à soi même et aux  autres : en bref, la personne en entier. L'isolement a été pensé pour  briser les détenus. Aujourd'hui, il dit qu'il commence à parler tout seul, qu'il sent qu'il  est à bout et prêt à péter les plombs. Cela fait des mois que G. ASKAROGLU demande a être transféré aux Murets  près de Toulouse. Or rien ne bouge. Le seul transfert qui lui a été  proposé, c'est à la centrale de Moulins, ce qui n'est pas adapté à ses  démarches pour l'aménagement de peine. Il pourrait être transféré dans un autre centre de détention  correspondant à ce qu'il demande depuis des mois, entamer concrètement  les démarches d'un aménagement de peine, et préparer sa sortie après 14  ans d'enfermement. Poussé à bout par l'administration pénitentiaire qui a décidé de lui en  faire baver, il pourrait aussi laisser libre court à sa colère, et  prendre le risque de nombreuses autres années de prison. Ces informations sont relayées pour faire savoir comment  l'administration pénitentiaire tente de briser les prisonniers qui ne se  laissent pas marcher dessus ; et pour que les personnes qui sont  interpellées par cette situation puissent exprimer leur solidarité de la  manière qui leur convient. En complément voilà deux lettres de prisonniers du quartier d'isolement  de Bourg en Bresse le 13/02 Je viens(...) vous expliquer tous les problemes que nous rencontrons au  quartier d'isolement de Bourg en Bresse. A ce jour il ne me reste meme pas 4 mois de prison a faire, j'ai un  travail, j'ai fait toutes les démarches possibles pour sortir mais le  directeur ne veut pas me donner ma chance, j'ai fait 3mois et demi de  mitard et depuis que je suis au QI moi et d'autres détenus on subit des  pressions. On m'a fait 2 fouilles de cellule par jour et pendant une fouille  j'étais à la musculation et on m'a cassé ma télé. J'ai des témoins,on veut me faire craquer. Je ne suis pas le seul, la direction protège les surveillants, on n'a  plus de droits ici. Même pour le médical, on a des rendez vous mais personne ne nous  appelle, j'ai toutes les preuves de cela. Merci de votre compréhension. Beleza Dylan Le 18/02 , à Bourg en Bresse Je me permets de vous écrire pour vous faire part des problèmes que je  rencontre au centre pénitentiaire de Bourg en Bresse ou je suis  actuellement détenu ; depuis l'agression d'un détenu qui a eu lieu le  22/11/2014 dans l'aile du centre de détention à laquelle je suis  affecté. J'ai été le jour même en début de soirée changé de bâtiment sans aucune  explication, ni audition, et sans aucune de mes affaires. Le lendemain le 23/11, toujours sans explication ni audition pour une  quelconque enquête, j'ai été placé au quartier d'isolement. De plus ce  jour là était un dimanche où j'avais un parloir, mais ma compagne s'est  vue refuser l’accès au parloir sans aucune explication des surveillants. Toujours le 23/11, quand on m'a enfin ramené mes affaires, il me  manquait plusieurs de mes affaires, notamment ma chaine hi fi, mon  lecteur DVD, des cantines et plusieurs affaires de toilette qui ne m'ont  toujours pas été rendues depuis. Dans la semaine qui a suivi je suis passé en débat contradictoire pour  statuer sur mon maintien en quartier d'isolement. Lors de ce débat on m'a expliqué que j'étais accusé d'avoir participé à  l'agression de ce détenu et que j'étais donc placé à l'isolement pour  une durée de 3 mois minimum alors qu'une fois encore je n'avais pas été  entendu en audition pour donner ou recevoir des explications, ni par  l'administration pénitentiaire, ni par aucun service de police qui  serait éventuellement chargé d'une enquête. 3 semaines plus tard j'ai été placé en garde à vue pour violence  aggravée, puis reconduit au centre pénitentiaire 24heures plus tard sans  voir de juge ni connaître la suite des événements, et étant toujours  placé a l'isolement. Ce n'est que le mercredi 11/02 que la police est revenue me chercher  pour m'emmener au tribunal en vue d'une comparution immédiate pour  laquelle j'ai demandé un report qui a été fixé au 12/03. Lors de mon défèrement j'ai appris qu'un 2eme détenu était lui aussi  poursuivi pour les mêmes faits que moi, qu'il avait été placé dans  l'aile du régime fermé le lendemain des faits, mais qui depuis peut être  avait été replacé en aile ouverte. Je ne comprends pas comment sur deux détenus soi disant poursuivis pour  les mêmes faits l'un est remis en quartier ouvert et l'autre est  maintenu en isolement. De plus lors de mon placement à l'isolement on m'a expliqué que cela  était pour l’enquête ainsi que pour la sécurité de la victime et des  témoins. Une date de jugement ayant été fixée, l’enquête est donc terminée. De plus la victime a été transférée, et le seul détenu ayant témoigné  contre moi est lui aussi à l'isolement à quelques cellules de moi. Je ne comprends donc pas ce que je fais encore à l’isolement. Je dois repasser d'ici quelques jours en débat contradictoire pour  savoir s'ils me renouvellent l'isolement car le 23/02 cela fera 3 mois  que j'y suis. De plus depuis mon placement à l'isolement ma famille a beaucoup de mal  à réserver des parloirs, et s'est vue à de multiples reprises refuser la  réservation de parloirs sans aucune explication. Je ne sais plus quoi faire et j'ai besoin d'aide pour démêler cette  situation plus que compliquée. Romain Chabert ( depuis cette lettre il a été jugé et transféré).