[IACAM !]Solidarité face à la justice et au fichage...

From : iacam@... , the 10th December 2011 22:35
  • 2011-12-10 22:35:53 — iacam@... - [IACAM !]Solidarité face à la justice et au fichage...

*Solidarité face à la Justice et au fichage***     Le 25 octobre 2011, Jéjé s'est fait interpeller pour deal de shit.     Il a fait une garde-à-vue durant laquelle il a refusé le prélèvement     ADN. Il est convoqué ce 14 décembre à 9h, en CRPC (comparution sur     reconnaissance préalable de culpabilité) au tribunal d'Alès^1 .     Au cours de la garde-à-vue, en plus d'inculper Jéjé pour     insoumission au fichage et commerce illégal, les flics ont mené     plusieurs interrogatoires portant sur ses relations et idées     politiques (mouvement contre la réforme des retraites, venue du     président à Alès, rapport avec des organisations politiques, avis     sur la tenue d'un G20 à Nice, etc...). Questions auxquelles il a     refusé de répondre. On nous veut exploités et dociles, isolés et     fragiles face à la loi de l'économie et du capital. Il s'agit pour     les flics d'identifier et de surveiller les formes de résistance à     la misère et de critique du système. Ainsi, c'est une condition     sociale et ses velléités de s'en sortir qui sont criminalisées.     Père célibataire de deux enfants, précaire quelconque, Jéjé se     démerde comme il peut pour assurer le quotidien. Dans un monde où     l'argent et la propriété font tout, la justice condamne des milliers     de Jéjé qui se sont fait prendre à vouloir s'en sortir un peu moins     mal. Le banc des prévenus est rempli de dépossédés, d'enragés     rongeant leur frein, que la justice prétend remettre dans le droit     chemin par ses sermons hypocrites et ses condamnations vengeresses.     Une justice de classe donc, qui, quotidiennement, condamne en     fonction de critères socio-économiques, en renvoyant l'accusé à ses     « erreurs » personnelles. Le prévenu serait le seul « coupable » de     la situation, pour dégager toute responsabilité à la société. En     individualisant ainsi son exercice, la justice cherche aussi à nous     priver de nos moyens de nous défendre, en ôtant le caractère     politique de la /légalité/ et du /crime/. Chaque affaire est le     miroir des inégalités et de la misère sociale.     La logique de contrôle et de répression se développe de manière     exponentielle, sous l'impulsion d'une logique sécuritaire et grâce à     la massification de l'informatique : en 2010, près de 60 fichiers de     police et gendarmerie étaient recensés, auxquels il faut y ajouter     plusieurs dizaines, gérés par les diverses administrations et ceux     des entreprises privées (sites internet, grande distribution,     officines de sécurité...). Cette frénésie du classement permet à     l'État, grand gestionnaire des ressources humaines, de manager et de     contrôler la population, de la masse à l'individu. Elle engendre la     banalisation du fichage afin de gérer le prolétariat dans ses     déplacements et ses loisirs : d'optimiser son exploitation. Avec     l'aide de ses conseillers, sociologues et autres spécialistes des     sciences humaines, il isole des catégories sociales, qu'il surveille     et réprime spécifiquement : « clandestins », « gens du voyage »,     « bandes de jeunes », « islamistes », « anarcho-autonomes », etc...     L'État déploie un arsenal répressif pour distiller la peur, pour     prévenir et endiguer les révoltes et insoumissions. Il doit     préserver les valeurs essentielles qui fondent et entretiennent les     inégalités sociales : respect de l'autorité, propriété privée,     travail, morale. Il doit défendre sa classe et ses valeurs,     aujourd'hui plus crûment que dans un passé récent, face aux flots de     pauvres, d'ici ou d'ailleurs, produits par la machine capitaliste.     Ce ne sont pas les dérives d'un système qui glisserait vers un autre     (fasciste ou totalitaire), c'est l'État et son régime démocratique     qui adapte sa gestion de la population aux nécessités économiques.     Les sciences (ADN, biométrie, vidéo-surveillance...) apportent dans     le domaine répressif une contribution notable^2 . La justice, pour     condamner, se drape d'une prétendue objectivité. Elle utilise tout     un tas d'experts (psychiatres, graphologues, experts en     balistique...) pour établir la « preuve formelle ». C'est une cour     de spécialistes, tous renfermés dans leurs domaines désincarnés, qui     imposent leurs sentences aux accusés. L'utilisation des profils ADN     s'intègre en plein dans cette mascarade. Le refus d'être enregistré     dans le FNAEG est un acte d'insubordination et de protection face à     la logique du fichage génétique. Des solidarités sont à construire et à multiplier pour sortir de  l'isolement et du cloisonnement dans lequel le système cherche à nous  maintenir. Rencontrons-nous pour discuter et affirmer notre solidarité,  face à cette justice de classe. *Rassemblement le 14 décembre 2011, à partir de 9h, * *devant le palais de justice d'Alès. * [1] Pour voir des informations sur les procédures et nos droits, il  existe un traité de self-défense juridique « Face à la Police / Face à  la Justice », consultable sur http://www.guidejuridique.net/ [2] Pour plus d'informations sur l'ADN, on trouvera les trois brochures  « /L'apparence de la certitude, L'ADN comme « preuve » scientifique et  judiciaire », « Du sang, de la chique et du mollard ! » et « /"/Ouvrez  la bouche", dit le policier », /sur le site http://adn.internetdown.org/. Collectif contre la répression Kalimero sous le soleil :  /kalimerosouslesoleil@no-log.org/