[IACAM !] L'action directe continue en Islande

From : collectifencevennes@... , the 25th décembre 2008 16:12
  • 2008-12-25 16:12:35 — collectifencevennes@... - [IACAM !] L'action directe continue en Islande

Le samedi 13 décembre, une énième manifestation de masse avait été prévue sur Austurvöllur, une place devant le parlement. Mais cette fois, après 9 semaines de discours, les gens ont décidé de rester silencieux pendant 17 minutes, une minute par année où le Sjálfstæðisflokkurinn (parti conservateur de droite) a été au pouvoir. C'était  plutôt insuffisant et embarrassant de se tenir là dans le silence mais après les 17 minutes de silence, un réveil a sonné. Cela était censé symboliser le réveil du peuple islandais. Des costards et d'autres symboles de l'autorité dominante masculine ont été brûlés. Enfants vendus Avant que la manifestation ait commencé, la distribution de nourriture du collectif « Foods not bombs » a eu lieu comme chaque samedi mais avec un événement supplémentaire. Sur la même place, une grande fresque d'art large de deux murs avec de grandes photos de plus de 400 enfants a été redécorée. Un groupe de radicaux a collé un prix au-dessus des visages des enfants indiquant « 11,2 millions - VENDU ! » Une banderole indiquait   « le coût social dans le capitalisme est de 11,2 millions de couronnes islandaises (NDT: 63 641 EUR) puisque c'est le prix minimum que chaque personne payera si l'Islande reçoit un prêt du Fonds monétaire international (FMI). Des flyers ont été distribués, expliquant les impacts du prêt du FMI et du coût social « pour la continuité du capitalisme». [...] Coca-cola contre les SantAnarchistClaus Plus tard ce même samedi, coca-cola avait organisé sa parade annuelle qui a lieu au centre de Reykjavík. Chaque année, les camions de la compagnie sont décorés de lumières et de haut-parleurs jouant des chansons américaines de Noël. Les camions conduisent alors autour de la ville, s'arrêtant dans des centres commerciaux et dans les rues commerciales, où étaient (pour une certaine raison absurde) attroupés des parents avec leurs enfants pour voir le défilé d'une des sociétés les plus cruelles au monde. Il y a deux ans, un petit groupe de personnes avait essayé d'empêcher le train de coca-cola d'atteindre le centre de Reykjavík, mais avait été arrêté par la police qui escorta les camions de la companie. Cette année, les gens ont imaginé un autre plan. Environ 40 personnes et 10 SantAnarchistClaus sont entrés dans le défilé, entre les camions et la police, avec une grande bannière « coca-cola est la merde du capitalisme - appréciez-le ! » Pendant environ une heure, des chansons de Noël avec les textes anti-capitalistes ont été chantées et des flyers ont été donnés, expliquant les crimes sociaux et environnementaux de coca-cola à travers le monde. Grâce seulement à l'aide de 6 policiers, les camions ont pu continuer leur chemin. [...] Les ministres sont entrés pour leur réunion par la porte de derrière (NDT: « par le cul » dans le texte) Mardi matin, le 16 décembre, le gouvernement avait programmé leur réunion hebdomadaire dans le cabinet du Premier Ministre. Comme les précédentes semaines, des personnes se sont réunies autour du bâtiment pour essayer d'arrêter les ministres et d'empêcher la réunion d'avoir lieu. Cette fois l'action avait été plus largement annoncée, donc la police était au courant et pouvait prendre tous les arrangements nécessaires. Mais plus de personnes sont venues également. Entre 150 et 200 personnes se sont réunies à quelques centaines de mètres du bureau et a marché vers le bâtiment dans deux directions différentes. [...] Entre 60 et 70 policiers (NDT: « porcs » dans le texte) ont accueilli les protestataires. [...] C'était beau et lamentable en même temps d'être témoin du fait qu'une réunion gouvernemental ne pouvait pas avoir lieu sans l'aide de la police, aussi bien qu'observer les ministres entrer par l'arrière du bâtiment - «par la porte de derrière» (NDT: « par le cul »dans le texte) comme le criait les manifestants. Une fois tous les ministres en réunion et après un dernier barouf de cri et de boules de neige, les gens ont décidé de quitter l'endroit. Malgré une tentative d'interpellation de la police et après quelques échanges verbaux et physiques, les personnes ont pu quitté la rue. La police a montré de nouveau son comportement de « robocop ». Dans les banques Les même personnes se sont réunies le lendemain matin, cette fois devant le parlement, mais pas pour l'envahir encore. Après une courte concertation, le groupe de 50 personnes est entré dans un des nombreux bâtiments de la banque de Landsbankinn, d'abord le bureau de l'équipe technique et plus tard le siège social. Un rapport a été lu et exigeait que les banques et leurs directeurs paye leurs propres dettes au lieu de les reporter sur les personnes qui n'ont rien à voir avec la crise financière actuelle. On estime que les islandais devront payer 250 milliards de couronnes islandaises (NDT: environ 1,5 milliards d'euros) seulement pour payer intégralement les soi-disantes dettes du plan « IceSave » de la banque Landsbankinn. Le prêt du FMI a été également dénoncé, puisqu'il va rendre esclave fondamentalement chaque personne dans le pays. Les gens ont fait du bruit, chanté des slogans, frappé sur des tambours et des murs. Le travail a été arrêté pendant un moment, mais surtout, un message clair a été envoyé à la banque : « Nous viendrons toutes les fois que nous voulons et arrêterons le travail dans l'établissement corrompu. Prenez la responsabilité de vos propres affaires stupides ! » L'action était courte mais claire. Et encore… Jeudi matin, les gens se sont réunis de nouveau et l'office de surveillance financière (FS) a été durement frappé. 50 personnes ont marché sur le bâtiment, qui était fortement protégé par des gardes de sécurité; toutes les entrées possibles étaient fermées à clef. Les gens ont exigé de parler au directeur du FS mais ont été ignoré encore et encore. Lassés, les gens ont pris des pierres et ont ouvert leur propre voie par l'entrée externe. Là ils ont frappé sur des fenêtres et ont crié des slogans contre le FS. Les gardes de sécurité ont contacté la police, qui est venue rapidement, mais les personnes à l'extérieur avaient formé une chaîne devant les portes pour protéger ceux à l'intérieur. Les fenêtres de l'entrée étant maintenant cassées et le message contre le FS envoyé de nouveau, le groupe a donc quitté le bâtiment. Ils ne sont pas allé bien loin, mais directement à la banque suivante, « Glitnir »,[...]. Après un moment, le groupe est reparti, mais le message était clair : « Nous reviendrons ! » Aujourd'hui, lundi 22 décembre, l'entrée de l'office de surveillance financière avait été fermée encore, mais cette fois avec des chaînes et des serrures. Le futur En y réfléchissant, ces actions n'ont pas une grande portée, particulièrement comparées à d'autres pays. Mais ils sont un pas en avant très important dans la société islandaise. Enfin les gens semblent se réveiller, réalisant les impacts réels du capitalisme et la nature de l'autorité. Durant ces dernières décennies, seulement une campagne d'action directe a été mise en place en Islande, campagne environnemental pour sauver l'Islande. Pendant les quatre dernières années, cette campagne a réalisé des actions directes contre un des principals piliers du néo-libéralisme, l'industrie lourde. Indépendamment de l'action de la campagne « Sauvez l'islande », la résistance islandaise a été au niveau zéro. Sans ce précédant, rien de ce que nous avons été témoin ces dernières semaines n'aurait été possible. La résistance devient plus forte et elle doit obtenir le changement pour se développer  de façon organique. Elle pourrait prendre un certain temps, mais au moins elle a commencé. Source et texte intégral: http://aftaka.org/2008/12/22/actions-continue-in-iceland/ Traduit de l'islandais en anglais par Tögg Traduit par les relations internationales de la Fédération Anarchiste