[IACAM !]Compte rendu de l'action contre la militarisation à Sospel (06)

From : iacam@... , the 13th August 2016 10:45
  • 2016-08-13 10:45:49 — iacam@... - [IACAM !]Compte rendu de l'action contre la militarisation à Sospel (06)

Une trentaine de personnes se sont retrouvées lors du marché de Sospel  jeudi 11 août, village de 3500 habitants limitrophe de l'Italie, pour  dénoncer la militarisation de la région. Après avoir refusé collectivement de décliner leur identité aux  gendarmes présents rapidement sur les lieux, des discussions se sont  engagées avec les passants sur la présence massive des forces armées et  du passage d'exilés dans la région. Le groupe s'est ensuite rendu à la gare où les contrôles au faciès sont  quotidiennement effectués, afin de visibiliser les rafles et de les  empêcher. Le tract ci-dessous a été distribué (pdf en pièce jointe): À Sospel comme ailleurs, ni armée ni frontières ! À Sospel, depuis trois semaines, 60 militaires sont présents dans le  village, officiellement « pour couvrir un large territoire allant de  Breil à Menton […] dans une mission d’antiterrorisme et non de contrôle  des migrants ou de fonction policière » comme l’indique l’article du 10  août paru dans Nice Matin. Or l’action quotidienne des militaires démontre bien le contraire. La  vallée de la Roya devenant un lieu de passage de la frontière, les  militaires participent effectivement aux contrôles opérés dans les  trains et sur les quais, ciblant ainsi toute personne n’ayant pas le bon  faciès. Les migrants passant depuis quelques mois dans la vallée sont  donc systématiquement arrêtés et expulsés. En effet, depuis quelques mois, la situation à Vintimille est de plus en  plus tendue, les rafles et les contrôles rendent la traversée de la  frontière très difficile et incitent les candidats au passage à modifier  leur parcours. Par conséquent, les forces répressives se déplacent elles  aussi, comme en témoigne l’occupation des villages et des sentiers par  la soldatesque armée jusqu’aux dents. La politique générale de fermeture des frontières et la présence  sécuritaire quotidienne se concrétisent ainsi non seulement aux  frontières, mais aussi jusqu’à l’intérieur du territoire. On a vu il y a quelques jours plus de 200 personnes partir en courant à  travers le poste de douane à Menton se faire refouler, matraquer, gazer  au lacrymogène puis, pour la majorité, expulser. Au camp soidisant «  humanitaire » de la Croix Rouge de Vintimille, où plus de 500 candidats  à l’exil s’entassent dans des préfabriqués, les policiers surveillent  faits et gestes et l’accès à la nourriture et à l’hygiène sont soumis à  condition. Les brimades et humiliations sont quotidiennes. Les alibis permettant la répression ne manquent pas. De la menace  terroriste à celle des militants « No border », tout est bon pour  justifier les intérêts du capital européen. Un arrêté préfectoral  interdit dans toute la vallée de la Roya tout rassemblement de plus de  deux personnes : les temps sont si sombres que même randonnée,  pique-nique et discussion autour du nomadisme sont proscrits. En  quelques jours, lors d’un campement organisé côté italien et pendant une  manifestation prônant la libre circulation des personnes, plus d’une  cinquantaine de personnes ont été arrêtées, contrôlées, et se sont vu  délivrer les désormais habituelles « foglio di via », mesure  administrative arbitraire interdisant l’accès au territoire italien pour  des durées allant jusqu’à 5 ans. Ainsi, si en France le déploiement de l’armée dans les villes et  villages se généralise, particulièrement depuis la proclamation de  l’état d’urgence, le contrôle militaire des frontières est issu d’un  processus plus large et déterminé en fonction des besoins des États  dominants. Construction de murs, déploiement de barbelés, création de  forces spéciales d’intervention… aussi bien à l’intérieur des pays  européens que dans les pays de provenance ou de transit : la logique  reste la même et le blocage effectif. Les populations sont déjà confrontées aux guerres d’intervention des  puissances occidentales dans des pays comme la Syrie, le Mali, l’Irak,  l’Afghanistan, pour ensuite retrouver ces mêmes forces armées qui les  bloquent dans leur exil. Ici comme ailleurs, l’armée joue son rôle de  contrôle de la population, et qu’elle soit présentée comme force  défensive, de surveillance ou de protection, n’oublions pas qu’un fusil  reste un fusil, et qu’il n’a pour autre but de servir l’ordre des  puissants. La guerre nous concerne tous directement, à chacun de nous de s’y  opposer !