[IACAM !]ÉVRY - Christine en procès le 17 novembre. Les chiens de garde de Fleury-Mérogis en remettent une couche!

From : iacam@... , the 28th October 2015 17:13

Incarcérée depuis novembre 2012, Christine purge plusieurs peines  écopées ces dernières années suite à de multiples insoumissions à  l’autorité de différentes institutions (flics, Administration  Pénitentiaire, institution psychiatrique,..). Tous ceux qui,  quotidiennement, ont pour rôle de réguler et réprimer nos vies,  d'assurer le contrôle social. À l’intérieur, Christine ne faiblit pas et  continue de résister. Régulièrement en conflit avec l’Administration  Pénitentiaire (AP) et son personnel, elle se bouge contre ce qu'elle ne  supporte pas : par exemple le fichage à l'entrée en détention, et les  fouilles et palpations corporelles répétées. En réponse, l'AP et la  justice ne manquent pas de moyens pour, chaque jour, tenter de la broyer  un peu plus. Mardi 17 novembre, à 9h, Christine sera jugée par le tribunal d’Évry  pour quatre chefs d'inculpation de violences sur cinq matons de la  Maison d'Arrêt des Femmes (MAF) de Fleury Mérogis. Il s'agit du report  d'un procès initialement prévu le 29 juin. l'audience avait été reporté  suite à une erreur de procédure soulevée par l'avocat de Christine. Fin juin 2014, quand elle arrive à la MAF de Fleury Mérogis en transfert  disciplinaire depuis Rennes, ce n'est qu'en transit, le temps qu'une  place se libère au Centre de Détention de Poitiers-Vivonne. (voir ici  sur son parcours :  http://rebellyon.info/spip.php?page=recherche&recherche=Ribailly ) Comme ailleurs, à son arrivée, elle refuse de donner ses empreintes, de  prendre la carte de circulation et refuse aussi toute fouille ou  palpation injustifiée [1]. La réponse de la matonnerie est directe,  violente et sans concession. Elle est  directement envoyée au mitard. A  partir de là, elle n'en sort, à chaque fois, que pour quelques jours,  voire les seules 24h légales[2], le temps qu'une autre commission de  discipline ait lieu et l'y renvoie. Christine ne manque pas de se faire  molester (plusieurs points de sutures à l’index dès son arrivée). À  chaque retour au mitard, la fouille à nue obligatoire se transforme en  une mêlée où une dizaine de matons s'affairent à forcer Christine à se  déshabiller, quand ils ne lui arrachent pas littéralement ses vêtements.  En plus de servir de sanction, le placement au mitard permet à l'AP de  maintenir Christine isolée des autres détenues. Pas question de donner  le « mauvais » exemple ! En effet, durant les quelques jours passés en  détention normale, elle est la seule à sortir en promenade sans carte de  circulation et sans palpation. Une petite victoire que l'AP et ses matons vont faire payer cher à  Christine. Le 25 septembre, elle est placée en garde à vue afin d'être entendue à  propos de plusieurs plaintes pour des soit disant violences sur des  matons de Fleury. Le 29 juin c'est le tribunal d’Évry qui la jugera sur  ces plaintes. En trois mois passés à Fleury, Christine aura passé 87 jours au mitard. Aujourd'hui, après de nouveaux transferts disciplinaires, elle est  incarcérée au Centre Pénitentiaire d’Orléans-Saran. La treizième taule  depuis le début de son incarcération, toujours dans la moitié nord de la  France, le plus loin possible de sa famille et de ses proches. Elle  continue à être maintenue la majeure partie du temps au QD. Sa demande  de libération conditionnelle a été refusée. Des matons continuent de  porter plainte contre elle après l'avoir cognée ou humiliée, pour  défendre leur sale corporation et tenter de se grappiller un treizième  mois. Et à la finale, c'est la date de libération de Christine qui  continue toujours de s'éloigner. Parce que le rapport dans lequel Christine se débat n’est pas un rapport  individuel entre elle et les institutions, mais bien un rapport social  fait d’exploitation et de domination que nous subissons tous  quotidiennement, Parce que ces même institutions mettent tout en place pour nous  maintenir divisés et isolés, Parce que, dans un tribunal ou dans une taule, un peu de solidarité peut  redonner du courage ou appuyer un rapport de force trop souvent en notre  défaveur, SOYONS NOMBREUX À SOUTENIR CHRISTINE FACE À LA JUSTICE ET L’ISOLEMENT CARCÉRAL. RDV MARDI 17 NOVEMBRE 2015 À 8H30 devant le Tribunal d’Évry (rue des Mazières) D’ici là et après, pour lui écrire, voici son adresse à Épinal: Christine RIBAILLY, écrou 2824, MAF – CP d'Orléans, RD702 – les  Montaubans, 4024 ancienne route de Chartres, 45770 SARAN Pour plus d'informations sur la situation de Christine et lire des  extraits de courriers : http://enfinpisserdanslherbe.noblogs.org/ NOTES : 1/   Bien que la loi pénitentiaire de 2009 interdise théoriquement les  fouilles systématiques des détenus, à Fleury comme dans de nombreuses  autres taules, à chaque arrivée au Quartier Disciplinaire (QD) et chaque  retour de parloir, les détenues son fouillées à nu. Et d'une manière  générale chaque sortie de cellule est conditionnée à une palpation  corporelle. La formulation du texte de loi est suffisamment floue pour  que chaque taule s'en accommode à sa guise. 2/   La même loi de 2009 limite à 30 jours la période maximale des  placements en QD. 24h de pause suffisent pour rembrayer sur une autre  période de mitard. _______________________________________________________________________________ Ci-dessous, un récit de Christine sur cette période passée à  Fleury-Mérogis FLEURY MEROGIS Je suis arrivée début juillet (je ne me souviens d’aucune date par cœur  et je n’ai pas mon cahier avec moi) à Fleury, en transfert-transit entre  Rennes et Vivonnes (2 CD [Centre de Détention]). Comme d’habitude, à l’arrivée, je refuse de donner mes empreintes au  greffe. Je leur explique calmement « Soit vous rester calmes et on règle  ça dans une semaine avec un prétoire où je ne risque pas plus de 7  jours ; soit vous me les prenez de force, on risque de se faire mal, ça  va compliquer tout le reste de la détention ici et, de toutes façons,  vous n’aurez rien d’utilisable ». Ils choisissent la force, ce qui donne  une photo assez comique et pas d’empreintes palmaires. Je résiste mais  ne me débat pas. Arrivée à la MAF [Maison d’Arrêt Femmes], en camion vu  la taille de la taule, un chef vient me dire que je vais direct au  mitard. Je lui dit qu’il va avoir du mal à le justifier mais que  j’accepte. Je suis encore menottée, il y a des agents avec l’équipement  pare-coups (casques, plastrons, etc.). Je redis que je vais y aller  seule mais ils veulent me tenir. Du coup, je me débats et ils m’y  portent de force. Là, je refuse la fouille et je rue comme je peux  pendant qu’ils me pelotent. Le prétoire 2 jours plus tard est annulé car, comme je l’avais prévu, il  n’y a pas de justificatif de mise en prévention. Je vais au QA 3 jours  puis ils le refont correctement. Je prend 7 jours de QD [Quartier  Disciplinaire (« mitard »)]. Durant la GAV [Garde à vue], presque 3 mois  plus tard, ils me diront que 2 surveillantes ont été blessées (2 et 3  jours d’ITT) lors de la fouille. C’est la première affaire de violences. [...] (Lire la suite sur ici :  http://enfinpisserdanslherbe.noblogs.org/post/2015/01/30/lettres-de-fleury-juillet-aout-2014/)