[IACAM !]Une étudiante en lutte contre la fac de Lettres de Montpellier

From : iacam@... , the 6th February 2016 01:28
  • 2016-02-06 01:28:09 — iacam@... - [IACAM !]Une étudiante en lutte contre la fac de Lettres de Montpellier

Une étudiante en lutte contre la fac de Lettres de Montpellier (http://montpellier.mediaslibres.org/spip.php?article176)  Laurie est calme mais déterminée. Elle poursuit son combat contre  l’administration de l’Université Paul-Valéry. On la retrouve de bon  matin à la cafétéria de la fac de Lettres de Montpellier le 1er février  2016. Elle est assise en face d’un syndicaliste étudiant. Un rassemblement est organisé devant le bâtiment administratif pour rendre visible son problème. Rassemblement contre une arnaque Laurie s’est inscrite dans une formation à la fac de Lettres pour  reprendre ses études. Elle avance une somme de 261,10 €. Mais cette  formation n’est pas reconnue par le Pôle emploi et s’élève au coût de  1000 €. Laurie décide logiquement de se désinscrire pour suivre sa  formation dans un autre organisme. Surtout, elle demande un  remboursement des frais avancés.  « Voilà les mails que j’ai envoyé à la fac. Le ton est d’abord courtois. Ensuite, les échanges deviennent de plus en plus vifs »,  déplore Laurie. Lorsqu’elle veut dialoguer avec l’administration, elle  se heurte à un mur. Laure Échalier, la vice-présidente de l’Université  qui chapeaute les problèmes d’inscription, refuse même de la recevoir  malgré les nombreux courriers envoyés. Le rassemblement doit permettre  de débloquer la situation.  « Frais d’inscription :  stop à l’arnaque !! », indique une banderole accrochée sur le bâtiment  administratif. Laurie tient en main son dossier avec diverses pièces et  preuves qui attestent de l’escroquerie de la fac. « Je reste factuelle, j’avance uniquement des preuves et des faits. Mais la fac ne répond que par le mépris et la mauvaise foi », regrette l’étudiante. Frais d’inscriptions élevés Un tour devant la bibliothèque universitaire permet d’interroger les  étudiants sur cette situation. Au-delà de ce cas précis, c’est le  problème des frais d’inscription en général qui est dénoncé. Les  étudiants précaires ne bénéficient pas toujours des aides sociales,  liées à la famille à travers les revenus et l’éloignement du domicile.  Une inscription à la fac de Lettres de Montpellier s’élève à plus de 400  €. « C’est à cause de la loi sur l’autonomie des Universités. Chaque fac peut fixer le montant d’une formation comme elle le souhaite », indique une étudiante informée. Au moment du vote de cette loi Pécresse, la présidence de l’Université dénonce une dérive libérale. Anne Fraïsse s’oppose à tous les gouvernements et publie des tribunes tonitruantes. Mais, en attendant, c’est elle qui applique des politiques libérales.  Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a fait un dépôt collectif de dossiers pour le remboursement des frais d’inscription.  La loi autorise les universités à rembourser les sommes avancées par  les étudiants précaires. A la fac de Lettres de Montpellier, une obscure  commission se révèle particulièrement implacable : la plupart des  demandes de remboursement sont rejetées. Continuons le combat A la fin du rassemblement, Laurie rend visite à l’administration avec  quelques camarades. Laure Échalier est soi-disant en rendez-vous et ne  peut pas recevoir l’étudiante. La secrétaire a des consignes : elle ne  doit laisser rentrer personne. « Je vais faire un procès à cette Université. Le seul moyen de voir les responsables de cette fac, c’est devant un juge »,  répond tranquillement Laurie. Ce qui suffit à débloquer la situation.  Laure Échalier rejoint rapidement l’étudiante qui lui fixe un  rendez-vous.  « L’administration est perturbée  dans sa routine et ses protocoles. Elle n’a pas l’habitude que ce soit  les étudiants qui affirment leur point de vue et posent leurs exigences »,  indique un syndicaliste étudiant. Malheureusement, les personnes qui  ont des problèmes avec la fac préfèrent baisser la tête, voire  abandonner leurs études.  « Je ne me bat pas  uniquement pour l’argent. Je veux aussi montrer l’exemple à mes petits  frères. Je leur ai toujours dit de se battre et de ne rien lâcher. Je  vais lutter jusqu’au bout », précise Laurie. L’étudiante n’a plus  rien à perdre, mais a déjà retrouvé sa dignité. Elle poursuit son  combat, guidée par son allergie contre toutes les injustices. Elle  continue de se battre seule contre tous, pour faire plier un système  bureaucratique. La suite au prochain épisode. P.-S. Lien du communiqué de presse du syndicat qui explique la situation. Lire l'article sur le site de Montpellier Luttes : http://montpellier.mediaslibres.org/spip.php?article176