[IACAM !]Il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde...

From : iacam@... , the 6th September 2015 18:53
  • 2015-09-06 18:53:33 — iacam@... - [IACAM !]Il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde...

Ci-dessous, un tract de 1996 du Collectif "Des papiers pour tous" qui a  joint la lutte des sans-papiers la même année. *Il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde...* Parce que seule la libre circulation des prolétaires de tous les pays  peut empêcher le triomphe de ce monde urbain incolore, inodore et sans  saveur qu’on veut nous fabriquer... Parce que nous n’en avons rien à  cirer de l’" identité française "… Parce que la xénophobie d’État flatte  et encourage le racisme d’une partie de la population et détourne sur  les " étrangers " la colère qui monte face à un système produisant  toujours plus de richesses et toujours plus de pauvres... Parce que  cette colère est la nôtre... Parce que nous savons que ce n’est pas l’immigration qui crée le  chômage, mais bien la course à la compétitivité, c’est-à-dire la logique  même du système. Parce que cette logique folle nous pourrit la vie... Parce que la chasse aux " clandestins " repose sur une énorme  hypocrisie, puisque ce sont les règlements eux-mêmes, toujours plus  restrictifs, qui fabriquent de la " clandestinité ", et que des secteurs  entiers de l’économie vivent de la surexploitation de ces immigrés qui,  loin de représenter " toute la misère du monde ", sont des producteurs  de richesses... Parce que cette hypocrisie encrasse les cerveaux,  pervertit la pensée de ceux qui nous entourent et fonde le consensus de  toute la classe politique depuis plus de vingt ans... Parce que la surexploitation des " clandestins " permet de faire  pression sur nos salaires, et de nous exploiter davantage... Parce que  l’énorme appareil lancé contre eux, avec ses fichiers informatiques, son  espace Schengen, ses fonctionnaires-collabos qui en rajoutent toujours  sur l’infamie réglementaire, ses flics qui se croient tout permis et ses  juges zélés, parce que cet appareil qui sert aujourd’hui contre eux,  pourra fonctionner demain contre d’autres catégories de la population... Parce que, dans un monde qui donne tout le pouvoir à l’économie,  l’opposition entre réfugiés politiques et réfugiés économiques n’a plus  aucun sens... Parce que nous sommes tous victimes d’un système qui accélère sans cesse  la circulation planétaire des marchandises et des images, en s’opposant  chaque jour un peu plus à la circulation de la grande majorité des  humains – les pauvres du Sud et de l’Est et les précaires de partout...  Parce que nous avons été, nous sommes, ou serons tous un jour de ces  précaires que menacent la matraque, le règlement et la " rationalité "  économique... Parce que nous ne supportons pas que l’absence d’un dérisoire bout de  carton puisse empêcher de circuler, de rencontrer, de découvrir, d’aimer  et de partir à l’aventure… Pour toutes ces raisons, et mille autres qui tiennent au parfum de  liberté qu’ont ramené dans l’air les mouvements sociaux, le combat des  sans-papiers est le nôtre, et nous faisons nôtre cette revendication  minimale : des papiers pour tous ! La lutte commencée avec l’occupation de Saint-Bernard a montré que les  lois Pasqua, sont non seulement odieuses et inhumaines, mais encore  inapplicables - à moins de confier définitivement la question du droit  des étrangers et de chacun d’entre nous à la discrétion de la police.  Elle a montré les limités de la négociation " au cas par cas ", qui  divise le mouvement et l’enlise dans d’interminables démarches  administratives, et celles des soutiens humanitaires. L’énorme  déploiement policier et son piteux épilogue judiciaire, assorti de  rafles au hasard pour remplir les charters, ont montré qu’il était plus  dangereux de ne rien faire que d’apparaître publiquement. De toute  manière, leur finalité n’est pas comme on voudrait le faire croire  d’expulser les illégaux, mais de les faire replonger dans la  clandestinité, d’exercer une terreur qui les contraigne à accepter des  conditions de salaire et de travail intolérables. En s’organisant eux-mêmes et en luttant pour imposer leurs conditions  aux organisations qui les soutenaient, les occupants de Saint Bernard  avaient d’ores et déjà posé le problème hors des cadres humanitaires où  on voulait le cantonner. En tentant de " vider l’abcès ", l’État n’a  réussi qu’à répandre le virus de la solidarité et à permettre que ceux  qui n’avaient pas trouvé place dans l’église créent de nouveaux comités  ouverts à tous les sans-papiers. En réaffirmant leur volonté de ne pas  être mis hors du " droit commun ", les sans-papiers et plus largement  l’immigration attaquée à travers eux, portent un coup au processus de  précarisation de larges couches de la population, de démantèlement des  protections sociales (RMI interdit aux moins de 25 ans, flicage du  chômage, etc.). L’offensive contre les sans-papiers n’est pas le problème des  sans-papiers, c’est notre problème à tous. *Prenons l’initiative !* Paris, le 11 septembre 1996, *Collectif " Des papiers pour tous"* [ancien] Le collectif " des papiers pour tous " se réunit les premiers  et troisièmes mardi du mois à 19 h au 21 ter, rue Voltaire, Paris 11e Une chronologie de luttes des sans-papiers de 1996 à 1997, faite par le  Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s) et publiée en  1996 et 1997 dans /Plein droit/, la revue du Gisti, est disponible sur  les liens internet suivants : /*Le printemps des sans-papiers*/:  http://www.gisti.org/spip.php?article3714 /*Chronologie d’une révolte : Sans-papiers, la lutte continue:  */http://www.gisti.org/spip.php?article3739 --- This email has been checked for viruses by Avast antivirus software. https://www.avast.com/antivirus