Hayek ou le bolchevismenéolibéral

From : info-diplo@... , the 5th December 2016 16:32

____________________________________________________    **  Le Monde diplomatique  **             5 décembre 2016    http://www.monde-diplomatique.fr/ _____________________________________________________ * Hayek ou le bolchevisme néolibéral    http://www.monde-diplomatique.fr/56948    par Pierre Rimbert Plus que trois jours pour vous procurer  le « Manuel d'économie critique » -  http://www.monde-diplomatique.fr/manuel - en kiosques.  Alors que les programmes des candidats de droite  à l'élection présidentielle  en France rivalisent  de mesures néolibérales - le champion désigné du principal  parti d'opposition se félicite même d'être comparé à  Margaret Thatcher -, revenir sur les origines de l'idéologie dominante permet de révéler qu'elle n'a rien de « naturelle ». À ses débuts, le néolibéralisme était en fait un courant d'après-guerre marginal, qu'un petit groupe d'évangélistes s'employa ensuite à populariser. *« Un économiste qui est seulement un économiste, *explique Friedrich von Hayek en 1956,* est susceptible d'être un fléau si ce n'est un réel danger. »* Né en 1899 dans une famille de la noblesse viennoise, Hayek incarne le néolibéralisme tout comme John Maynard Keynes personnifie l'interventionnisme. Tous deux partagent une approche pluridisciplinaire de l'économie, une croyance en la toute-puissance des idées et un mépris aristocratique pour les peuples. Ils s'affrontent, et leurs thèses évoluent en opposition de phase : hégémonique au début du XXe siècle, le libéralisme est marginalisé dans le monde occidental en 1944 au profit de l'approche keynésienne.
 Cette année-là, Hayek affirme dans un pamphlet à succès, *La Route de la servitude, *que toute politique fondée sur la justice sociale et l'interventionnisme mène au nazisme ou au communisme. Pour lui, la société - il déteste ce mot - ne s'articule pas autour des classes sociales ni l'économie autour des grands agrégats (l'offre, la demande), mais repose sur la rationalité des comportements individuels, qui s'harmonisent dans l'« ordre spontané » du marché. 
 Dans cette conception, l'État joue un rôle non pas de redistribution mais de producteur de services (sécurité, infrastructures, statistiques, revenu minimum) inadéquatement assurés par le marché. Lequel garantit la liberté par la dispersion des pouvoirs. *« C'est la soumission de l'homme aux forces impersonnelles du marché qui, dans le passé, a rendu possible le développement d'une civilisation qui sans cela n'aurait pu se développer ; c'est par cette soumission quotidienne que nous contribuons à construire quelque chose qui est plus grand que nous ne pouvons le comprendre.»* Énoncés au moment où les gouvernements européens bâtissent les systèmes de protection sociale sous la pression populaire, ces principes apparaissent loufoques ou, aux yeux des libéraux, utopiques. 
 Mais Hayek est opiniâtre. *« D'ordinaire, *note-t-il,* des idées neuves ne commencent à exercer de l'influence sur l'action politique qu'une génération au moins après avoir été formulées pour la première fois. »* Si leur mise en oeuvre dépend d'un rapport de forces social et politique favorable, leur dissémination s'organise (...) Lire la suite de ce texte de Pierre Rimbert :  http://www.monde-diplomatique.fr/56948 _____________________________________________________ Le Manuel d'économie critique est disponible  en kiosques jusqu'au 8 décembre et sur la boutique en ligne :   http://www.monde-diplomatique.fr/manuel _____________________________________________________ * Nous contacter Pour toute requête concernant votre abonnement au journal :   abo@monde-diplomatique.fr À propos des commandes passées sur  notre boutique en ligne :    boutique@monde-diplomatique.fr * Votre inscription à cette liste Si vous désirez résilier votre inscription, ou changer d'adresse, rendez-vous à la page : www.monde-diplomatique.fr/info-diplo _____________________________________________________ © Le Monde diplomatique décembre 2016