Retraites,idées fausses et vrais enjeux

From : info-diplo@... , the 16th February 2010 18:14
  • 2010-02-16 18:14:05 — info-diplo@... - Retraites,idées fausses et vrais enjeux

____________________________________________________    **  Le Monde diplomatique  **           16 février 2010     http://www.monde-diplomatique.fr/ _____________________________________________________ La valise diplomatique * Retraites, idées fausses et vrais enjeux   http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-02-16-retraites   par Martine Bulard *Après avoir annoncé que tout serait réglé à la fin juillet, le président Nicolas Sarkozy a décidé que la loi sur les retraites serait prête «  début septembre  ». En attendant, on essaie d'affoler les foules en présentant des besoins de financement gigantesques (100 milliards d'euros  !) sortis de nulle part. Les commentateurs ironisent sur le fait que cinq syndicats proposent une journée d'action le 23 mars qui inclut, outre les retraites, les questions du  pouvoir d'achat et de l'emploi. Pourtant l'avenir des retraites dépend de ces deux variables - plus que de l'allongement du temps de travail.*   Il est au moins un dirigeant en France pour lequel le droit à la retraite ne se discute pas : M. Henri Proglio. Ayant *« cotisé pendant trente-huit ans dans l'entreprise, il est normal de bénéficier d'une retraite »*, a t-il expliqué pour justifier le million d'euros annuel de retraite chapeau qu'il devrait recevoir à partir de cette année... à soixante ans et demi (il est né le 29 juin 1949). De son coté, Veolia - qui lui versera la coquette somme - précise que *« l'ensemble des retraites perçues par Henri Proglio est limité à 50 % de sa rémunération brute au cours des trois derniers exercices »* (*Les Echos,* 4 février 2010). Rappelons que, dans le privé, la loi commune - que M. Nicolas Sarkozy ambitionne d'appliquer à la fonction publique - fixe les pensions sur la base des vingt-cinq meilleures années. Pendant ce temps-là, on explique au commun des mortels qu'il va falloir travailler plus longtemps pour toucher moins. En Grèce, le gouvernement de M. Georges Papandréou promet de reculer l'âge de départ à la retraite de 63 ans à 65 ans pour séduire les gouvernements de l'Union européenne et « les marchés ». En Allemagne, Mme Angela Merckel parle de départ à... 69 ans. En Espagne, le président José Luis Rodriguez Zapatero a déjà décidé que ce serait à 67 ans au lieu de 65 ans. Argument de poids avancé par le président socialiste : « tout le monde le fait » en Europe. Il est pourtant bien placé pour savoir que les moutons de Panurge finissent mal en général, l'Espagne ayant appliqué « comme tout le monde » les principes des subprimes et de la déréglementation financière avec les dégâts que l'on sait. En fait, les pouvoirs veulent enfermer le débat dans une alternative obligatoire : soit on augmente le temps de travail soit on baisse les pensions. En vérité, ils font les deux... sans que cela sauve les caisses de retraites. La France a connu trois vagues de réformes, en 1993, en 2003 et en 2007. L'âge légal de départ n'a pas été modifié (60 ans) mais la durée de cotisations a été allongé de 37,5 ans à 40 ans, puis à 41 ans,  avant de grimper d'un trimestre tous les ans. La base de calcul a été modifiée, tenant compte des vingt-cinq meilleurs années au lieu des dix précédemment. Au total, en quinze ans, le taux de remplacement (niveau de la retraite par rapport à son salaire) a baissé de 10 points. Et le risque de voir exploser le nombre des retraités pauvres (déjà 11 % des plus de 65 ans), comme a précédemment flambé le nombre des travailleurs pauvres, n'apparaît plus improbable. Les caisses, elles, sont toujours en déficit : 10 milliards d'euros attendus en 2010.  Preuve que ce type de potion aggrave le mal au lieu de le résoudre. Et qu'il faut se méfier des fausses évidences (...) Lire la suite de cet article inédit de Martine Bulard : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-02-16-retraites _____________________________________________________ * MANIÈRE DE VOIR  : « INTERNET, RÉVOLUTION CULTURELLE »            En modifiant en profondeur les habitudes culturelles, Internet déstabilise tout l'édifice social. Dématérialisation et mise en réseau ouvrent des perspectives dont on ne fait encore que commencer l'exploration.  *Manière de voir* - « Internet, révolution culturelle »  Numéro 109, février - mars 2010,  100 pages, 7,50 euros.        Disponible chez les marchands de journaux et sur notre boutique en ligne.   http://boutique.monde-diplomatique.fr/boutique/fiche_produit.cfm?ref=MDV109        _____________________________________________________         *Nous contacter :* - Pour toute requête concernant votre abonnement  au journal: abo@monde-diplomatique.fr - À propos des commandes passées sur notre boutique en ligne : boutique@monde-diplomatique.fr *Votre inscription à la liste info-diplo :* - Si vous désirez résilier votre inscription à info-diplo, rendez-vous à la page :   http://www.monde-diplomatique.fr/info-diplo *Pour signaler un changement d'adresse de courriel, il suffit d'inscrire votre nouvelle adresse puis de résilier l'ancienne.* _____________________________________________________ © Le Monde diplomatique février 2010