Réédition de « L'Age des extrêmes », d'Eric Hobsbawm

From : info-diplo@... , the 5th June 2008 18:22
  • 2008-06-05 18:22:29 — info-diplo@... - Réédition de « L'Age des extrêmes », d'Eric Hobsbawm

____________________________________________________      Réédition de « L'Age des extrêmes », d'Eric Hobsbawm              UNE AUTRE HISTOIRE DU XXE SIÈCLE   http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-06-05-Hobsbawm      ____________________________________________________    « La destruction du passé, ou plutôt des mécanismes sociaux    qui rattachent les contemporains aux générations passées,    est l'un des phénomènes les plus caractéristiques et    mystérieux de la fin du "court XXe siècle". La plupart des    jeunes grandissent de nos jours dans une sorte de présent    permanent... » Au contraire, explique l'historien    britannique Eric Hobsbawm dans son introduction à son livre    « L'Age des extrêmes », pour lui et sa génération dont    l'itinéraire traverse le siècle, « le passé fait partie du    présent », les rues portent les noms de batailles, les    monuments aux morts en évoquent les innombrables victimes...    Mais sous cette amnésie qui domine aujourd'hui, se cache une    vision du siècle qui s'est achevé avec la chute du mur de    Berlin en 1989, une lecture désespérée et désespérante des    décennies passées : massacres, guerres mondiales, génocides,    goulag, nazisme - un siècle réduit à une succession de    cataclysmes. Ce pessimisme implique aussi que toute    perspective de changement des rapports sociaux est vouée à    l'échec. C'est l'historien François Furet qui dressera la    philosophie de cette conception : il faut accepter le monde    tel qu'il est...    Pourtant, cette période qui va de 1914 à 1989 fut aussi    celle de grandes avancées pour l'humanité. D'abord, et c'est    sans doute le plus important, la chute des empires coloniaux    « éternels » : alors que, en 1914, la grande majorité du    genre humain vivait sous domination étrangère, que l'Afrique    et l'Asie n'étaient pas maîtresses de leur destin, à la fin    du XXe siècle, les indépendances politiques ont partout    triomphé, et le colonialisme - malgré quelques tentatives    de « réhabilitation » - a été renvoyé aux poubelles de    l'histoire.    D'autre part, durant ce laps de temps, les luttes ouvrières    ont abouti dans la majorité des pays européens à de grandes    conquêtes : disparition progressive du travail des    enfants - rappelons que, en 1893, la durée du travail des    enfants de 13 ans était réduite à ... dix heures par    jour ! - ; la journée de huit heures et la semaine de    quarante heures ; la sécurité sociale ; le salaire minimum ;    la reconnaissance du droit syndical. Parallèlement,    l'élargissement des droits politiques s'est accompagné d'une    avancée sans précédent de l'émancipation des femmes.    Enfin, dans les domaines des sciences, des techniques, de la    culture, des révolutions sans précédent se sont produites,    qui ont modifié notre vision de l'univers et ouvert la voie    à l'éradication de nombreuses maladies, à la conquête de    l'espace, à l'énergie atomique, etc. Le développement massif    de l'alphabétisation, l'essor du cinéma, puis de la    télévision, ont aussi créé les conditions d'un accès plus    large à la culture.    Allant à contre-courant de la vision de l'histoire imposée    par François Furet, « L'Age des extrêmes » connut en France une    aventure singulière. Il fut soumis à ce qu'il faut bien    appeler une censure politique (1). Salué dans nos pages, à sa    parution, en 1995, par Claude Julien (2), il fut refusé par la    plupart des grands éditeurs français. Il fallut une coédition du    « Monde diplomatique » et des éditions Complexe (Belgique) pour    que l'ouvrage soit enfin traduit. Le succès ne se fit pas    attendre : plus de 70 000 exemplaires vendus avant sa sortie    en édition de poche.    Cette audience, le livre la doit d'abord à sa vision    d'ensemble, qui mêle faits politiques et transformations    économiques, révolutions scientifiques et mouvements    culturels. L'ouvrage, loin de tout schématisme, permet de    mesurer l'importance de ce « court XXe siècle », et par là    même de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.    Enfin, et ce n'est pas le moins important, il y a le talent    de l'historien-écrivain, qui nous fait redécouvrir le    plaisir de la lecture, un plaisir que chacun retrouvera avec    cette nouvelle édition de l'ouvrage.                                                  ALAIN GRESH.    Eric J. Hobsbawm, « L'Age des extrêmes - Histoire du court    XXe siècle », André Versaille Editeur / « Le Monde diplomatique »,    mai 2008, 812 pages, 22,90 euros.     Disponible sur notre boutique en ligne :    http://www.monde-diplomatique.fr/boutique/hobsbawm    (1) Lire « "L'Age des    extrêmes" échappe à ses censeurs », septembre 1999 :    http://www.monde-diplomatique.fr/1999/09/HOBSBAWM/12431    (2) Lire sa recension :    http://www.monde-diplomatique.fr/1995/03/JULIEN/1360      ________________________________________________     Nous contacter :      - Pour toute requête concernant votre abonnement      au journal : abo@...      - A propos des commandes passées sur notre boutique      en ligne ( http://boutique.monde-diplomatique.fr ) :      boutique@monde-diplomatique.fr      ________________________________________________      Votre inscription à la liste « info-diplo » :      Si vous désirez résilier votre inscription à      info-diplo, rendez-vous à la page :      http://www.monde-diplomatique.fr/info-diplo/      Pour signaler un changement d'adresse de courriel, il      suffit d'inscrire votre nouvelle adresse, puis de      résilier l'ancienne.