LES DROITES AU POUVOIR

From : info-diplo@... , the 12th September 2007 15:34
  • 2007-09-12 15:34:14 — info-diplo@... - LES DROITES AU POUVOIR

____________________________________________________________     Manière de voir 95                   OCTOBRE - NOVEMBRE 2007                      LES DROITES AU POUVOIR                   En vente en kiosque :  7 euros     ___________         s o m m a i r e        _________________     http://www.monde-diplomatique.fr/mav/95/     Numéro coordonné par Serge Halimi     * L'ère des restaurations.       Serge Halimi       http://www.monde-diplomatique.fr/mav/95/HALIMI/15182     I. SECONDE JEUNESSE DE LA VIEILLE DROITE     Pendant les trois décennies qui ont suivi la seconde     guerre mondiale, la vieille droite autoritaire a dû     ronger son frein. La disqualification des pratiques     répressives découlait de l'effondrement sanglant des     régimes fascistes ; de son côté, le libéralisme     économique paraissait avoir été blessé à mort par la     grande crise des années 1930. Assurés qu'il fallait,     hélas, que tout change pour que tout reste pareil, les     conservateurs s'accommodèrent alors du pouvoir des     syndicats, des politiques keynésiennes de régulation,     d'un secteur public en expansion, d'une religion     cantonnée aux affaires spirituelles et aux seules     consciences qu'elle maintenait encore sous son emprise.     Ils pestaient contre la tyrannie de la majorité et     contre les progrès du communisme dans le monde, mais     avec le sentiment un peu élégiaque de conduire un     combat d'arrière-garde.     Pourtant, le vieux feu couvait sous la cendre.     L'apparente hégémonie idéologique de la gauche, la     résignation des milieux d'affaires à une économie mixte     n'étaient que provisoires. La vieille droite n'avait     pas désarmé ; elle continuait, discrètement, à mener la     bataille des idées. Se présentant comme opposée à un     « politiquement correct » progressiste, elle     interrogeait, soupçonneuse : la démocratie n'a-t-elle     pas été trop loin ? La moralité traditionnelle     peut-elle impunément être remise en cause au risque de     voir le chaos s'installer dans les usines, dans les     familles,dans les rues ? Le clergé, la police et     l'armée ne constituent-ils pas d'utiles piliers de     l'ordre social ? Rien de très neuf en apparence.     Mais quand l'euphorie des « trente glorieuses »     commença à se dissiper, quand le chômage s'installa, on     se mit à prêter davantage d'attention aux propositions     d'antan, que les années de prospérité et de progrès     avaient disqualifiées. Parfois, comme au Chili, le     retour de bâton fut particulièrement brutal. La roue     avait tourné. Peu à peu, la droite en revint alors aux     principes qu'elle tenait sous le boisseau en attendant     des jours meilleurs. « Je suis un keynésien », avait     lancé le président républicain Richard Nixon en 1971.     Justement, c'était fini ; le consensus d'après-guerre     allait basculer avant que la décennie ne s'achève. Dix     ans plus tard, Ronald Reagan entrait à la Maison     Blanche. Ce vieux conservateur y personnifia la     jouvence de la nouvelle droite, mélange singulier de     morale religieuse puritaine et de capitalisme ivre de     débauches.     * De la révolution nationale à l'enthousiasme industriel.       Gilbert Comte     * Hantise du loup-garou communiste.       Claude Bourdet     * Quand la démocratie menaçait le capitalisme.       Claude Julien     * Les cléricaux au secours des libéraux.       Marie-France Toinet     * Dieu, la nation et l'armée, une sainte trinité.       Philip S. Golub     * Fiasco pour la gauche post-nationale américaine.       Todd Gitlin     * « Je ne me considère pas comme un néoconservateur.       J'ai toujours été conservateur. »       Samuel Huntington     * Maurras en Amérique latine.       Miguel Rojas-Mix     * Pologne parano.       Ignacio Ramonet     * Ces chômeurs, ces étrangers qui se prélassent...       Philippe Videlier     * Le discours orchestré contre l'égalité.       Christian de Brie     II. TECHNIQUES DE LA « RÉFORME »     Cherchant, en juillet 2007, à justifier l'idée d'un     financement de la protection sociale par des impôts sur     la consommation, lesquels pénalisent     proportionnellement davantage les revenus modestes, un     conseiller du président Nicolas Sarkozy a expliqué :     « Chacun doit avoir l'honnêteté de reconnaître que, si     l'on taxe le capital ou le travail, ils s'en vont, et     que la taxation de la consommation peut être une partie     de la solution pour faire face au dumping fiscal et     social de certains pays. »     Il était difficile de décrire le corridor des     « réformes » libérales de façon plus pédagogique. Des     décisions politiques, nationales ou internationales     (européennes par exemple), ont favorisé la mobilité du     capital ; ensuite, au nom des effets prévisibles — et     prévus — de cette « libération », les gouvernements se     sont trouvés « contraints » de hâter le pas sur la même     voie, de remettre en cause chacun des piliers de l'Etat     social, dont la fiscalité progressive. Un « effet de     cliquet » interdit tout retour en arrière.     Un tel voyage sans retour exige souvent pour condition     préalable que les éventuels foyers de résistance aux     « réformes », les syndicats par exemple, soient affaiblis     ou défaits lors de grandes batailles. Comme celle qui,     en 1984-1985, opposa Mme Margaret Thatcher aux mineurs     britanniques.     La nouvelle droite se voulant révolutionnaire, chacune     des résistances à ses politiques se voit assimilée à ce     que Milton Friedman qualifiait de « tyrannie du statu     quo. » Pour s'en dégager, il faut tout chambouler au     plus vite, tirer le meilleur parti de la victoire et du     désarroi de l'adversaire. Un des architectes de la     révolution libérale néo-zélandaise conseilla à ses     amis : « N'essayez pas d'avancer pas à pas. Définissez     clairement vos objectifs et rapprochez-vous-en par     grands bonds qualitatifs. Une fois le programme de     réformes mis en œuvre, ne vous arrêtez qu'après l'avoir     mené à terme : le feu de vos adversaires est moins     précis quand il doit viser une cible qui ne cesse de     bouger. » Restriction du droit de grève, autonomie des     universités, baisse des impêts directs, remise en cause     des contrats de travail, durcissement pénal : les     débuts de la présidence Sarkozy s'inspirent-ils de ces     « grands bonds qualitatifs » ?     * Les vieilles idées des « nouveaux » économistes.       Denis Clerc     * Et le patronat a créé la flexibilité...       Danièle Linhart     * La longue grève des mineurs anglais.       Maurice Lemoine     * De l'art d'ignorer les pauvres.       John Kenneth Galbraith     * Pris dans l'étau des privatisations. (S. H.)     * La Poste saisie par le commerce.       Gilles Balbastre     * L'impôt vu de droite.       C. de B.     * L'envers du miracle économique américain.       Thomas Frank et David Mulcahey     ________________________________________________              « PROPAGANDE IMPÉRIALE                & GUERRE FINANCIÈRE               CONTRE LE TERRORISME »               Un livre d'Ibrahim Warde       Ce livre ne montre pas seulement la       manière dont, pour occulter toute relation       entre terrorisme et politique étrangère,       l'administration américaine s'est prise à sa       propre propagande, il dévoile les       contradictions entre la libéralisation prônée       à marche forcée dans les années 1990 et le       contrôle financier tentaculaire que les       Etats-Unis désormais mettent en place, non       sans résistance, presque partout dans le       monde. Quand l'« ignorance informée » est       devenue la norme de l'expertise, la finance       est bien la poursuite de la guerre par       d'autres moyens. Mais une guerre contre qui ?       Une co-édition Agone / Le Monde diplomatique       http://www.monde-diplomatique.fr/livre/warde/     ________________________________________________     III. LA CULTURE À LA RESCOUSSE     « Réussir », « Tais-toi et achète », « Le classement     des hôpitaux, des écoles », « Ambition », « En avoir     pour son argent », « Combien ça coûte ? » : il n'est     pas difficile de rattacher la transformation     individualiste de la société, l'« univers impitoyable »     du chacun pour soi, et l'orientation dominante des     grands médias. La concentration des moyens de     communication entre les mains de quelques grands     groupes a « spontanément » accompagné et raffermi la     privatisation des moyens de production ; la connivence     entre les propriétaires des multinationales de     l'information ou du divertissement et les responsables     politiques a rendu plus avenant le chemin de croix des     « réformes ».     Modifier les comportements pour ne privilégier d'autres     collectifs que ceux des spectateurs et des     consommateurs, d'autre sentiment généreux que celui de     la compassion ou de la charité constitua un travail de     longue haleine. La percée de M.Silvio Berlusconi en     Italie ne s'imagine pas sans cette fabrication d'une     communauté joviale et dépolitisée. Ne peut-on pas en     dire autant de la victoire de M. Nicolas Sarkozy en     France (à qui l'appui des grands médias privés ne fit     jamais défaut) ou de la réélection de M. George W.Bush     aux Etats-Unis, qu'appuyèrent les chaînes et les     journaux de M. Rupert Murdoch ?     D'autres facteurs ont joué, assurément, mais qui dira     l'impact politique à long terme de ces programmes qui     effacèrent les collectifs ouvriers pour leur substituer     tantôt des « entrepreneurs » dynamiques, tantôt des     « exclus » pathétiques interdits d'avenir et d'histoire,     pressés de dévoiler leur intimité ? Le tout dans un     tohu-bohu d'animateurs-producteurs cyniques et     méprisants, de sportifs exilés (fiscalement) en Suisse     ou en Belgique, de journalistes, d'intellectuels     narcissiques issus de la gauche et qui, apparemment,     avaient avec elle et ses idéaux un compte à régler.     A moins que ces derniers aient tout simplement, eux     aussi, apprécié avec justesse le nouvel état du marché,     la fusion consommée entre émission littéraire et     entreprise de téléachat, programme culturel et     promotion d'un mécène. Mais la culture pouvait-elle     demeurer épargnée par les secousses telluriques qui     bousculaient — et qui bousculent — la société dans son     ensemble ? Elles ne délaissent jamais longtemps ses     représentations ni son imaginaire.     * Des médias et du retour aux normes.       Pierre Dommergues     * Italie, la traversée du « Cavaliere ».       Pierre Musso et Guy Pineau     * La télé parle enfin de moi !       Ignacio Ramonet     * Sacrées séries de l'ère Reagan. (S. H.)     * Le monde du travail interdit d'écran.       G. B. et Joëlle Stechel     * « Vive la crise ! », leçon de soumission.       Pierre Rimbert     * Chercheur-militant, puis expert mercenaire.       Jean-Pierre Garnier     * La dernière frontière du libéralisme.       Frédéric Lordon     Biographies         * Adolphe Thiers. L'antisocialiste sanglant (O. P.)         * Antoine Pinay. L'ami des rentiers (O. P.)         * Barry Goldwater. Le « perdant » victorieux (S. H.)         * Sir Keith Joseph. L'intellectuel du thatchérisme             (Keith Dixon)         * William Buckley. Un maccarthyste érudit (S. H.)         * José Maria Aznar. Autoritaire et proaméricain             (Manuel S. Jardi)     Des fictions très politiques       Jonathan Coe, « Testament à l'anglaise ».       En un royaume avili (Jacques Decornoy)       Costa-Gavras, « Le Couperet ».       Un conte amoral (I. R.)       Le renouveau du cinéma britannique.       Des regards acides et tendres (Gareth McFeely)       Laurent Cantet, « Ressources humaines ».       Deux générations (S. H.)       Tom Wolfe, « Le Bûcher des vanités ».       Dans le ventre de New York (Bernard Cassen)       René-Victor Pilhes, « La Médiatrice ».       Chronique d'une époque horrifique (Alain Gresh)     Documentation       Olivier Pironet     * Chronologies       * Les années Reagan       * Les années Thatcher       * Les années Berlusconi     * Essais     * Sur la Toile     Iconographie       Sauf mention contraire, toutes les photographies de       ce numéro sont de Martin Parr, de l'agence Magnum.     Retrouvez toute la collection de « Manière de voir » :        http://www.monde-diplomatique.fr/mav/     Les anciens numéros sont désormais en vente sur notre     boutique en ligne :        http://boutique.monde-diplomatique.fr/     ________________________________________________     Nous contacter :     - Pour toute requête concernant votre abonnement     au journal : abo@... 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