Un manuel pour remettre l'histoireà l'endroit

From : info-diplo@... , the 4th September 2014 14:46
  • 2014-09-04 14:46:53 — info-diplo@... - Un manuel pour remettre l'histoireà l'endroit

____________________________________________________    **  Le Monde diplomatique  **         4 septembre 2014     http://www.monde-diplomatique.fr/ _____________________________________________________ « Le Monde diplomatique » publie un manuel critique * Pour remettre l'histoire à l'endroit   par Benoît Bréville   Des torrents d'encre gonflent un fleuve d'ignorance : il y aura bientôt plus de publications consacrées à l'histoire qu'à l'automobile. Au seul mois de juin 2014, trois nouveaux magazines sont apparus dans les kiosques. *Les Clés de l'histoire,* dernier-né de Sophia Publications, qui édite également les mensuels *L'Histoire* et *Historia,* se veut un *« produit populaire, joyeux et facile d'accès »,* un *« magazine sympa et intergénérationnel »* destiné à *« donner du bonheur à tous les lecteurs ».* Le bimestriel *Tout sur l'histoire* (Fleurus Presse) se positionne pour sa part *« sur le créneau de l'histoire à grand spectacle »* et *« regarde vers les 18-25 ans, quand le reste du secteur se tourne vers les plus de 55 ans ».* Quant au troisième, *Secrets d'histoire* (Uni-éditions), il décline sur papier le concept de l'émission de Stéphane Bern sur France 2. S'y ajoutent *Guerres & Histoire, Ça m'intéresse Histoire, Le Figaro Histoire* et les multiples hors-séries qui peuplent les kiosques. La chose fut comprise avant même Hérodote : l'histoire est une arme au tranchant effilé ; qui la forge l'a pour soi, et malheur aux vaincus. Son récit habite les peuples, appelle la légende. Il divise ou rassemble. Se raconte et se transmet. Se déforme et se révise. Il passionne. Et les marchands en ont fait un marché. Un produit haut en couleur, mais sans relief ni profondeur. Un produit sans problème - mais pas sans profit. Sur les ondes aussi, on raconte beaucoup d'histoires. La discipline a droit à des émissions sur Europe 1, France Inter, France Culture et, à la télévision, sur France 2 et sur la chaîne Histoire (propriété à 100 % de Bouygues et longtemps dirigée par M. Patrick Buisson, ancien directeur du journal d'extrême droite *Minute*). Quant aux rayons des librairies, ils s'encombrent chaque année de dizaines de nouveaux ouvrages. Car tout personnage public peut désormais s'affirmer apprenti historien. Tandis que les dirigeants politiques affectionnent les biographies, de préférence d'un personnage illustre dont ils peuvent prétendre s'inspirer - Georges Mandel pour M. Nicolas Sarkozy, Napoléon Ier pour M. Lionel Jospin, Henri IV pour M. François Bayrou, etc. -, les journalistes affichent un plus grand éclectisme. En à peine quinze ans, parallèlement à ses fonctions de directeur du *Nouvel Observateur,* puis de *Libération,* puis du *Nouvel Observateur,* puis de *Libération,* etc., Laurent Joffrin a trouvé le temps d'écrire sur Mai 68, sur la Résistance, sur *Les Grandes Batailles navales, de Salamine à Midway* (Seuil) et sur les guerres napoléoniennes, sans oublier *La Grande Histoire des codes secrets* (Seuil). On l'aura compris : les porte-voix de l'histoire « popularisée » ou « vulgarisée » sont rarement des spécialistes. Sur les cinquante meilleures ventes de l'année 2012 en France, seuls treize livres ont été écrits par des historiens de profession - dont sept par Max Gallo, qui a quitté le monde universitaire depuis plusieurs décennies. Les autres sont journalistes (Patrice Duhamel, Franck Ferrand, Bernard Benyamin), animateurs de télévision (Pierre Bellemarre, Bern), écrivains (Katherine Pancol, Amin Maalouf), chroniqueurs princiers (Gonzague Saint Bris) ou simples témoins (un prisonnier cambodgien, un résistant, une déportée). Dans bien des cas, le nom de l'auteur fonctionne comme un logo : s'il devenait invisible, le livre se vendrait beaucoup moins bien. Les maisons d'édition jouent d'ailleurs sur l'effet « vu à la télé » en ornant parfois la couverture de leurs ouvrages d'une photographie de l'auteur. La recette pour rencontrer les faveurs du grand public est simple : *« Il faut attirer avec des méthodes de divertissement »* (Bern, quatre ouvrages au Top 50 de *Livres Hebdo*), en choisissant *« les épisodes les plus spectaculaires, les plus truculents »* (Lorànt Deutsch, deux millions de livres vendus), en privilégiant ce qui est *« atroce », « poignant »* ou *« inattendu »* (Ferrand, six cent mille auditeurs quotidiens sur Europe 1). Bref, l'histoire séduit au-delà du cercle des initiés si elle parvient à éveiller des émotions, des sentiments, des impressions (...) Lire l'intégralité de ce texte de Benoît Bréville en ligne :  Pour remettre l'histoire à l'endroit   http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/BREVILLE/50783   _____________________________________________________ Nouveau / Manuel d'histoire critique *Le Monde diplomatique* s'attaque aux idées reçues  sur le passé (1830-2010). *11,95 euros* - disponible en kiosques  et sur la boutique en ligne Commander :   http://www.monde-diplomatique.fr/t/manuelid     _____________________________________________________ * Nous contacter Pour toute requête concernant votre abonnement au journal :   abo@monde-diplomatique.fr À propos des commandes passées sur  notre boutique en ligne :    boutique@monde-diplomatique.fr * Votre inscription à cette liste Si vous désirez résilier votre inscription, ou changer d'adresse, rendez-vous à la page : www.monde-diplomatique.fr/info-diplo        _____________________________________________________ © Le Monde diplomatique septembre 2014