Pérou, d'une arrière-cour à l'autre ?

From : info-diplo@... , the 9th June 2011 16:43
  • 2011-06-09 16:43:21 — info-diplo@... - Pérou, d'une arrière-cour à l'autre ?

____________________________________________________    **  Le Monde diplomatique  **        9 juin 2011     http://www.monde-diplomatique.fr/ _____________________________________________________ Inédit * Pérou, d'une arrière-cour à l'autre ?   par Philippe Revelli *Le 5 juin, M. Ollanta Humala (gauche) a remporté le scrutin présidentiel péruvien avec 51,6 % des votes, contre 48,4 % pour son adversaire, Mme Keiko Fujimori (droite). La nouvelle a provoqué la plus forte chute de la Bourse de Lima depuis sa création (12,51 %) : lors du précédent scrutin, en 2006, M. Humala n'avait-il pas affiché sa proximité avec le président vénézuélien, M. Hugo Chávez ? « Une erreur », n'a-t-il pourtant eu de cesse de répéter au cours de la campagne 2011, préférant se réclamer de l'ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, mieux vu des marchés financiers. Après avoir assuré qu'un second tour entre Mme Fujimori et M. Humala imposait aux Péruviens de choisir « entre le cancer et le sida », l'intellectuel libéral Mario Vargas Llosa - prix Nobel de littérature 2011 - a apporté son soutien au candidat de gauche, suivi par une partie de la bourgeoisie. C'est que Mme Fujimori n'est autre que la fille de l'ancien président Alberto Fujimori. Au pouvoir entre 1990 et 2000, celui-ci purge actuellement une peine de vingt-cinq ans de prison pour corruption et violations des droits humains. Voter pour une candidate dont l'un des objectifs était de réhabiliter son père *« reviendrait à légitimer la pire dictature dont nous ayons souffert au cours de notre longue histoire républicaine »*, a justifié M. Vargas Llosa. L'une des propositions les plus populaires de M. Humala consiste à accroître l'impôt sur la rente minière, gonflée par la hausse des cours : si l'économie péruvienne a cru de 8,3 % en 2010 et la pauvreté chuté de 54 % à 35 % en dix ans, les inégalités demeurent criantes. Directement concernées, les entreprises chinoises qui, comme le montre ce reportage, ont depuis quelques  années propulsé les produits miniers au premier rang  des exportations du pays.*   *« Il n'y a pas si longtemps, la Chine était encore considérée par nombre de travailleurs comme faisant partie du camp socialiste,* rappelle M. Juan Carlos Vargas, président du PLADES, une organisation non gouvernementale (ONG) d'appui au mouvement syndical, *et la reprise de Hierro Peru par une entreprise chinoise avait provoqué chez les mineurs de grandes espérances. »* Aujourd'hui,  de part et d'autre des rues envahies par le sable, des logements aux couleurs passées tombent peu à peu en ruine. Beaucoup sont vides, certains murés, donnant de San Juan Marcona l'image d'un rêve évanoui. Longtemps simple hameau de pêcheur, perdu entre désert et océan à quelque cinq cents kilomètres au sud de Lima, San Juan Marcona devient un campement minier en 1953, avec l'arrivée d'une compagnie nord-américaine venue exploiter les gisements de fer de la région. Nationalisée en 1975 par le gouvernement du général Juan Velasco Alvarado, la Marcona Mining Compagny est alors rebaptisée Hierro Peru. Au début des années 1990, l'élection de M. Alberto Fujimori ouvre, comme ailleurs en Amérique latine, une ère de privatisations massives. *El Chino* (« le Chinois »), comme on surnomme le nouveau président, met alors l'accent sur le resserrement des relations économiques avec l'Asie. Le Japon, bien sûr, dont sa famille est originaire, mais aussi la Chine. Entre 1991 et 1995, il se rend quatre fois à Pékin et, en 1994, les deux pays signent une convention sur la promotion et la protection réciproque des investissements. Comparées aux multinationales occidentales, les entreprises chinoises ne bénéficient que très marginalement du processus de cette « ouverture ». Le rachat, en 1992, de Hierro Peru par Shougang Corporation constitua de loin la plus importante opération réalisée dans ce cadre par les Chinois (...) Lire la suite de cet article inédit de Philippe Revelli :   http://www.monde-diplomatique.fr/2011/06/REVELLI/20747   _____________________________________________________ * LES ARCHIVES DU « MONDE DIPLOMATIQUE » SUR DVD-ROM     *Recherchez* dans *43 années d'archives*, 1968-2010        - Plus de  *500 numéros* du journal et  *400 cartes*;   - *40 000 documents* indexés par date, par thèmes et par pays, accessibles via *un puissant moteur  de recherche*; *Pour commander en ligne :*  http://www.monde-diplomatique.fr/t/dvdrom   _____________________________________________________                     *Nous contacter :* - Pour toute requête concernant votre abonnement  au journal : abo@monde-diplomatique.fr - À propos des commandes passées sur notre boutique en ligne : boutique@monde-diplomatique.fr *Votre inscription à la liste info-diplo :* - Si vous désirez modifier ou résilier votre inscription à info-diplo, rendez-vous à la page :   http://www.monde-diplomatique.fr/info-diplo        _____________________________________________________ © Le Monde diplomatique juin 2011