[Gisti-presse]Dubaï : des migrants traités en sous-hommes

From : alaux@... , the 31st March 2006 09:56
  • 2006-03-31 09:56:46 — alaux@... - [Gisti-presse]Dubaï : des migrants traités en sous-hommes

*"l'Orient - le Jour" (Liban), 31 mars 2006*     Les travailleurs asiatiques font les frais de la réputation de Dubaï Les Émirats fustigent le rapport de HRW sur les migrants Les autorités émiraties étaient sur la défensive hier à la suite des  sévères accusations d'un mouvement de défense des droits de l'homme à  propos du sort des milliers d'ouvriers asiatiques bâtissant les  gigantesques projets qui font la réputation de Dubaï dans le monde. Deux hauts responsables ont réagi aussi rapidement que vivement au  rapport de Human Rights Watch (HRW) pour annoncer l'élaboration d'un  projet de loi « garantissant le droit de grève » et permettant la  création de syndicats, mais aussi pour rappeler de récentes mesures  prises afin de répondre aux griefs des ouvriers. Le ministre émirati du  Travail, Ali ben Abdallah al-Kaabi, a qualifié d'« illogiques et  démentielles » les accusations de HRW. « Le boom immobilier que connaît Dubaï, l'un des plus importants du  monde, est nourri par les travailleurs, qui sont traités comme des  sous-hommes », avait affirmé HRW dans un communiqué aux allures de  réquisitoire. Les travailleurs étrangers « sont privés de leurs droits fondamentaux,  comme la liberté d'association et le droit à une convention collective  », rappelait aussi l'organisation, qui demandait aux pays négociant des  accords de libre-échange avec les Émirats d'exiger que « les lois du  travail du pays soient conformes aux conventions internationales ». « Lier ce qui s'est passé au boom immobilier du pays - qui représente un  cas de progrès dans la région - ou aux négociations sur des accords de  libre-échange est vraiment intrigant, illogique et démentiel », a  déclaré M. Kaabi dans une interview au quotidien al-Khaleej. Près de 2 500 ouvriers du chantier de Burj Dubai, qui sera la plus haute  tour du monde, ont observé la semaine dernière une grève sauvage de 48  heures, imités par les ouvriers travaillant à la construction d'un  nouveau terminal à l'aéroport de Dubaï. Des dizaines de milliers d'ouvriers, la plupart indiens et pakistanais,  travaillent dans des conditions précaires et pour des salaires de misère  à une multitude de mégaprojets à Dubaï, devenue l'une des principales  destinations touristiques du monde. « Nous ne disons pas qu'il n'existe pas d'infractions dans les Émirats.  Il y en a sûrement et nous les traitons au fur et à mesure conformément  au droit et au respect des droits de l'homme », a souligné M. Kaabi.  Mais « se concentrer sur les infractions en ignorant les efforts  déployés pour les régler est injuste et arbitraire », a-t-il poursuivi.  Il a annoncé qu'« un projet de loi du travail garantissant le droit de  grève et la représentation des ouvriers à travers des organisations  ouvrières serait soumis au Conseil des ministres avant l'été ». Le droit de grève et les syndicats sont pour l'heure interdits dans les  Émirats. La réaction émiratie a été d'autant plus rapide que HRW a touché à un  sujet de première importance pour les Émirats : les négociations pour un  accord de libre-échange avec les États-Unis. HRW a demandé aux États-Unis, à l'UE et à l'Australie, qui négocient  tous des accords de ce type avec Abou Dhabi, d'« exiger une amélioration  de la situation des travailleurs avant de signer de tels accords ».  L'organisation demande notamment que les Émirats adhèrent aux  conventions et traités internationaux sur le travail. Le commandant de la police de Dubaï, le général Dahi Khalfan, a  également fustigé HRW et énuméré les mesures prises par l'émirat pour  répondre aux plaintes des ouvriers étrangers. « Les personnes ou  organisations qui publient des rapports à leur gré ignorent les efforts  du gouvernement émirati en faveur des ouvriers travaillant sur son  territoire », a déclaré le général Khalfan à al-Khaleej. Il a ainsi  souligné « la création d'une commission chargée des questions ouvrières,  attachée au département des droits de l'homme de la police de Dubaï ». «  La commission a réussi à restituer 24 millions de dirhams (6,54 millions  dollars) d'arriérés de salaires dus aux ouvriers depuis sa création en  novembre », a-t-il affirmé. www.lorient-lejour.com.lb/page.aspx?page=article&id=309640