[Migreurop]Migrants expulsés de l’Algérie vers le Niger : pas de pitié pour les Subsahariens ?

From : rodier@... , the 30th October 2017 10:28
  • 2017-10-30 10:28:25 — rodier@... - [Migreurop]Migrants expulsés de l’Algérie vers le Niger : pas de pitié pour les Subsahariens ?

Migrants expulsés de l’Algérie vers le Niger : pas de pitié pour les   Subsahariens ? vendredi 27 octobre 2017 par Damien Glez  http://paroles-citoyennes.net/spip.php?article685 La région d’Agadez est devenue un sinistre « hub » où se retrouvent  notamment des migrants subsahariens expulsés du Maghreb, parfois aussi  indésirables au Nord qu’au Sud… Il faut bien la chercher, l’humanité, dans le no man’s land aride qui  s’étire entre l’Algérie et le Niger. Déjà maltraités à l’aller dans le  sens sud-nord, des groupes de migrants y deviennent des masses  déshumanisées, que l’on déplace au gré des politiques migratoires comme  des feuilles mortes dans le vent de cette Europe automnale qu’ils  veulent atteindre à tout prix. Par centaines. Par milliers. Ces deux derniers mois, selon certaines sources, ce sont 7 800  Subsahariens qui auraient été « déversés », par bus, après leur  expulsion d’Algérie, dans les parages de Tamanrasset, aux confins du  Niger. La semaine passée, ils étaient plus de 950 Ouest-Africains en  situation irrégulière à être ainsi livrés à la marche forcée en pleine  zone désertique. Si les marques d’indignation ne manquent pas, elles ont en réalité deux  dimensions. « Comment livrer ainsi des individus, parfois mineurs, aux  affres du désert ? », s’insurgent des sommités du Mali ou du Niger,  précédées ou relayées par des organisations non gouvernementales à  vocation humanitaire. Côté « droits de l’homme », Amnesty International  dénonce des « arrestations arbitraires », en Algérie, fondées sur « un  profilage ethnique » et des expulsions massives « illégales ». *Caractère nationaliste* La seconde dimension de cette compassion plutôt « universaliste » est  son caractère national, voire nationaliste. Si le Niger, par exemple,  s’émeut des conditions d’expulsion des sans-papiers, il s’irrite du  débarquement sur son territoire de migrants maliens, ghanéens,  nigérians, libériens ou sierra-léonais. Autrement dit, de migrants aussi  étrangers au Niger qu’en Algérie. Confrontées à la gestion du centre de transit pour migrants, les  autorités d’Agadez rappellent que chaque émigré indésirable doit être  rapatrié dans son pays par des chemins qui ne passent pas  systématiquement par le Niger. De hauts responsables nigériens  s’étonneraient notamment de la présence, parmi les récents débarqués, de  nombreux ressortissants du Mali, pays pourtant largement frontalier de  l’Algérie. En Afrique subsaharienne, comme ailleurs, la gestion internationale des  flux de migrants se heurte donc à des préoccupations nationales. En  attendant, dans le no man’s land, les voyageurs refoulés deviennent des  « no land’s men » que chacun préférerait ne pas voir. Et demain ? Les  observateurs estiment qu’environ 100 000 Subsahariens vivraient en  situation irrégulière en Algérie…