[Migreurop] Synergie entre associations des droits de l'homme au Maghreb/Synergy between associations of the humans right to the Maghreb

From : alaux@... , the 31st March 2006 09:56
  • 2006-03-31 09:56:34 — alaux@... - [Migreurop] Synergie entre associations des droits de l'homme au Maghreb/Synergy between associations of the humans right to the Maghreb

*"Libération" (Maroc), 31 mars 2006*     Entretien avec Amine Abdelhamid, président de l'AMDH     "Constituer une synergie entre les associations des droits humains     du Maghreb" Un séminaire qui fait le pari de réunir les associations de défense des  droits humains des pays du Maghreb, de l'Algérie à la Tunisie, de la  Mauritanie à la Libye, voici ce que vient d'organiser l'Association  marocaine des droits humains, avec le soutien de l'agence catalane de  coopération et développement. Son président, Amine Abdelhamid, explique  ici les objectifs d'une telle rencontre du Maghreb des droits de l'Homme  et précise le rôle de la coordination maghrébine des droits humains  créée à l'occasion de ce séminaire. *Libération : Quel est l'objectif de ce séminaire consacré aux droits de  l'Homme et auquel participent les pays du Maghreb ?* Amine Abdelhamid : Ce séminaire que nous organisons sur le thème des  droits humains dans les pays du Maghreb voit la participation de 11  associations de défense des droits de l'Homme venues des pays du Maghreb  : Maroc, Mauritanie, Algérie, Tunisie et Libye en plus de trois  associations qui viennent tout droit de France et qui s'occupent de  droits humains au Maghreb. L'objectif de ce séminaire est d'abord de discuter de la situation des  droits humains dans les pays du Maghreb, de confronter nos expériences  et nos points de vue, de voir les perspectives pour changer la situation  des droits humains dans nos pays respectifs et que nous considérons  globalement comme négative. C'est dans ce sens qu'en plus du caractère  académique des discussions et exposés, il y a également un aspect  organisationnel dans nos travaux. Il s'agit de la rencontre constitutive  de la coordination maghrébine des droits humains. *Quel rôle une telle coordination maghrébine des droits humains  peut-elle jouer ? Et à quoi servira-t-elle exactement ? * Le rôle de cette coordination est de constituer une synergie entre les  associations de défense des droits humains dans les différents pays  maghrébins. Ensemble, nous devons travailler à la promotion des droits  de l'Homme, à la protection de ces droits et à celles des défenseurs des  droits humains. Ensemble, nous devons travailler à renforcer nos liens  avec la société civile et participer à l'édification de la démocratie  dans les pays maghrébins. Comme le montre le mot d'ordre de cette  rencontre constitutive de la coordination maghrébine des droits humains  qui est "Pour une unité maghrébine respectant l'ensemble des droits  humains de tous et de toutes", nous voulons donc une unité maghrébine  conditionnée et qui ne peut être réalisée que par le respect de la  démocratie et de celui des droits humains. *Comment se porte aujourd'hui le Maghreb des droits de l'Homme ? Cette  unité à travers les droits humains peut-elle construire un Maghreb qui a jusque-là échoué sur un plan politique ?* Il est sûr que jusqu'à présent il y a un échec. Nous-mêmes, au niveau du  mouvement de défense des droits humains, nous avons constitué en 1990 ce  que nous avions appelé à l'époque l'union maghrébine des droits de  l'Homme. Cela s'était fait dans le sillage de l'édification de l'UMA.  Cette union maghrébine des droits de l'Homme avait malheureusement un  caractère officiel. Et parce que la construction officielle de l'UMA a  été bloqué, l'union maghrébine des droits de l'Homme s'est elle aussi  grippée, a subi les mêmes entraves et a fini par s'éteindre. De tout cela, il faut tirer trois conclusions essentielles. D'abord,  toute édification d'unité ou de coordination des droits humains doit  être indépendante du mouvement politique et des Etats. Ensuite, une  telle union doit être progressive, c'est pour cela que nous constituons  une coordination et non pas directement l'unité maghrébine des droits  humains. Enfin, nous devons respecter le référentiel universel des  droits humains. Nous ne devons avoir qu'un seul référentiel, la  Décllaration universelle des droits de l'Homme et la Charte  internationale des droits humains. Rien d'autre. Le respect du  référentiel universel est une garantie supplémentaire pour faire réussir  la coordination maghrébine des droits humains, et plus tard, l'union  maghrébine des droits humains. *Ce séminaire regroupe des pays comme la Libye, la Tunisie, l'Algérie et  la Mauritanie. Au regard de ce qui s'est passé au Maroc ces dernières  années et au regard de l'expérience marocaine de l'Instance Equité et  Réconciliation, le Maroc peut-il représenter un modèle, un exemple pour  le reste du Maghreb ?* Au Maroc, nous avons eu cette expérience conduite par l'Instance Equité  et Réconciliation. Une telle expérience n'a pas eu lieu dans les autres  pays du Maghreb. Mais l'IER n'a pas abouti aux résultats souhaités par  le mouvement marocain des droits humains. Le fait qu'une telle Instance  ait existé est en soi quelque chose de positif. Le fait qu'elle n'ait  pas abouti aux résultats escomptés constitue une leçon à tirer pour  l'ensemble du mouvement des droits de l'Homme dans les pays du Maghreb.  Nous devons tous, nous les associations de tous les pays du Maghreb,  profiter de l'expérience marocaine autant par ses aspects positifs que  ceux négatifs. Propos recueillis par Narjis Rerhaye www.liberation.press.ma/default.asp?id=13215#