[Mineursisoles] [Rime] mineurs isolés aux canaries

From : ericdavid@... , the 10th March 2007 21:57
  • 2007-03-10 21:57:40 — ericdavid@... - [Mineursisoles] [Rime] mineurs isolés aux canaries

[Rime] mineurs isolés aux canaries Bonjour à tous,  j ai effectué un stage "leonardo" aux Canaries. Je me suis penchée plus spécifiquement sur la situation des mineurs isolés, et ai pu avoir un panorama assez complet de la situation des MIEs ayant accompagné une chercheuse de Human Rights Watch dans une étude sur l'accueil des MIE aux Canaries dans plusieurs îles et centres, et aupres des différentes autorités. Voici deux articles que j ai écrit. Le rapport de HRW devrait sortir au début mai, je ne manquerai pas de vous le transmettre. R. Pas facile d'être un mineur isolé aux Canaries... 27 octobre 2006 par Raphaele Depuis 1997, il existe des centres d'accueil pour les mineurs isolés aux îles canaries. Arrivés à bord de « pateras », seuls ou avec un parent (au sens large du terme), puis aujourd'hui en « cayucos », leur situation de vulnérabilité est censée prévaloir sur leur situation d'immigré. La Déclaration Universelle des Droits de l'Enfant comme le Droit National, qu'il soit français ou espagnol, exigent que les mineurs isolés étrangers reçoivent la même réponse que les « mineurs nationaux ». En somme, ils doivent être pris en charge par des services publics, être logés, nourris et blanchis, recevoir une éducation ou une formation afin de favoriser leur insertion sociale à la majorité. Selon l'organisation politique d'un pays, la gestion de tel ou tel service revient à telle ou telle entité. En Espagne, la tutelle d'un mineur revient à la Communauté autonome. Quant aux îles Canaries, de par leur insularité, elles disposent d'une entité politique particulière et qui existe sur chaque île : le cabildo. Celui-ci a en charge la mise en place des "centros de acogida de menores extranjeros" (CAME), dont il délègue ensuite la gestion à des ONGs ou à des groupes privés. Les cabildos doivent recevoir un quota défini par le gouvernement des Canaries des nouveaux arrivants. Comme en France et dans toute l'Europe, le processus de détermination de la minorité se fait par test osseux. Il est de notoriété public que ce test n'est absolument pas fiable ayant une marge d'erreur de +/- 18 mois. Mais la pratique perdure malgré les nombreuses dénonciations. Si avant l 'Espagne considérait toujours le chiffre le plus bas, c'est à dire en faveur du jeune , c'est désormais l'estimation la plus haute qui est prise en compte ceci afin d'exclure un maximum de jeunes de la protection accordée aux mineurs. Ces derniers mois, les arrivées se sont accrues, surtout à Tenerife et à Gran Canaria qui ont la plus grande capacité d'accueil. Les cabildos refusant de prendre en charge plus de mineurs que le quota prévu pour des raisons financières et surtout politiques, le gouvernement des canaries a ouvert des centres d'urgence, "Centro de acogida Inmediata" (CAI)sur ces deux îles en en gardant la gestion, excluant ainsi les jeunes pris en charge du quota par île. Le processus normal devrait être un passage au CAI, puis après un à trois mois, un accueil en centre normalisé, géré par le cabildo. Cependant, il y a un manque flagrant de volonté politique, et même une stratégie de pression sur le gouvernement central dans le fonctionnement des centres d'accueil d'urgence. En effet, depuis la création, en février 2006, des CAI, les jeunes ne passent plus du centre d'urgence au centre d'accueil. Il sont maintenus dans ces centres d'accueil immédiat, qui n'offrent pas de services scolaires ou de formation. Des nouveaux centres devraient être construits sur les différentes îles, mais il n'en est rien. La tactique consiste à dire qu'il n'y a pas de place pour ces jeunes, que les CAME sont saturés et qu'il faut envoyer ces jeunes sur la péninsule pour qu'ils soient pris en charge par d'autres Communautés Autonomes qui ne sont pas « confrontées à ces arrivées massives ». Or, de source fiable, les CAME disposent de places libres depuis plusieurs mois. Cette stratégie participe à focaliser le "phénomène migratoire" aux Canaries sur les "subsahariens" qui ne représentent en vérité qu'une goutte d'eau dans l'immigration illégale vers les canaries, comme sur la métropole. Les « latinos- américains » sont les plus nombreux du fait qu'ils obtiennent des visas de tourisme sur simple demande et qu'ensuite ils restent sans être passés par la case commissariat...mais leur arrivée est moins spectaculaire... Cette politique d'accueil des mineurs s'inscrit dans la politique migratoire locale. Les jeux de pouvoir entre Cabildo, Gouvernement autonome, gouvernement central et Union Européenne se font donc au détriment des mineurs isolés, et plus largement des immigrés. Mineurs Isolés Etrangers et droit d'asile. 4 février 2007 par Raphaele La Commission Espagnole d'Aide aux Réfugiés est une ONG (selon la terminologie espagnole.) qui dispose de bureaux dans plusieurs Communautés Autonomes. Chaque délégation gère aussi des activités qui lui sont propres et qui dépendent autant du contexte local que de la répartition des compétences entre les différentes entités politiques espagnoles dû au système de Communauté Autonome. Elles sont également soumises à l'aléa des subventions. La CEAR-Canarias, selon son site internet, est organisée en plusieurs services :   assistance juridique (destinés aux demandeurs d'asile comme aux immigrés)   aide à l'emploi,   assistance sociale,   relations publiques et institutionnelles,   formations (de langues et aussi techniques)   gestion du centre d'accueil de demandeurs d'asile et réfugiés   gestion de centres d'accueil de mineurs non accompagnés   gestion/administration Seulement, depuis la fin de l'année 2005, la gestion des centres de mineurs a été retirée à la CEAR à la suite d'un événement dramatique que je n'exposerai pas, car ce n'est pas l'objet de cet article. Quoiqu'il en soit, je fis part à la responsable du service juridique d'une de mes interrogations :  « y-a-t-il des mineurs demandeurs d'asile ici ? Qu'est ce que fait la CEAR dans ce domaine ? »   « rien, depuis que la gestion ces centres de MIE nous a été retirée ». Ah, bon. Fin Novembre, une personne de « Human Rights Watch » contacte la CEAR, elle va venir faire une étude sur la situation des mineurs isolés aux Canaries, je prends l'appel. Echanges de mails, d'informations, recherche de contacts, de traducteurs. et interrogation auprès du directeur local de la CEAR :  « Y-a-t-il une information faite aux mineurs sur l'Asile ? Y a-t-il des mineurs demandeurs d'asile ici ? » - « Eh bien non, comme ils bénéficient de la loi de protection des mineurs, on considère que l'information n'a pas lieu d'être ».   « Mais pourtant il n'y a aucune contradiction à ce qu'un mineur isolé qui bénéficie de la loi de protection des mineurs puisse aussi accéder à l'asile ? Ce sont deux statuts différents qui n'apportent pas le même type de protection ! ».   « Oui, c'est vrai. ». Mi janvier, la personne de HRW arrive pour une quinzaine de jours. Au programme : visite des centres de mineurs et rencontres avec les autorités autonomes et insulaires. Je l'accompagne en tant que traductrice pour des entretiens avec certains enfants (ceux qui maîtrisent déjà l'espagnol) et surtout dans les réunions institutionnelles. Quand les traducteurs d'arabe ou de wolof sont en action à ses côtés, j'ai le temps d'échanger avec les jeunes, les éducateurs, les directeurs de centres, et, dans un des centres (un centre d'urgence qui accueille à ce jour 130 mineurs.) avec la travailleuse sociale qui s'occupe de tout ce qui relève des papiers, préoccupation majeure des mineurs. Apres l'avoir faite parler un peu, vient le moment de lui poser ma question :   « et alors vous faite de l'information sur la procédure d'asile ? »   « heu.bah non ! je ne connais pas la procédure et on y a jamais pensé. »   « Et la protection subsidiaire, vous connaissez ? » « La quoi ? ». Alors je lui explique un peu ce que c'est, que les droits et la protection apportés par les deux statuts : la protection des mineurs ou par l'asile, n'ont rien à voir, qu'avec tous les enfants sahraouis, notamment, on peut penser que ce ne serait pas un luxe de leur parler de l'asile. Je lui suggère aussi de voir si les jeunes pris en charge moins de 9 mois par le Gouvernement autonome (et qui n'ont pas le droit, au regard de la loi, d'obtenir des papiers, et reçoivent donc comme cadeau à leur 18 ans le droit d'aller séjourner dans la rue, sans papiers, sans ressources, sans rien) ne pourraient pas, dans certains cas, accéder à l'asile, ou tout du moins à la protection subsidiaire. Enfin, apparemment, le statut de réfugié pour un mineur isolé par ici, ce n'est pas pour demain ! A moins que. A moins que quelqu'un, sur place, donne un bon coup de pied dans la fourmilière ! -------------------------------------------------------------------------------- MSN Hotmail : créez votre adresse e-mail gratuite & à vie !  -------------------------------------------------------------------------------- _______________________________________________ Rime@... - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/rime