[Mineursisoles] Communiqué de l\'anafé sur les mineurs en zone d\'attente

From : ericdavid@... , the 7th October 2006 18:48
  • 2006-10-07 18:48:34 — ericdavid@... - [Mineursisoles] Communiqué de l\'anafé sur les mineurs en zone d\'attente

 -  + voir sur le site du Centre de Media Indépendant Paris - +le de France:  http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=70510  MINEURS ISOLES EN ZONE D\'ATTENTE :  AVEC OU SANS ADMINISTRATEUR AD HOC, LES DROITS DES ENFANTS CONSTAMMENT  BAFOUES  4 octobre 2006  L\'Anafé estime que le maintien en zone d\'attente d\'un mineur étranger  isolé est incompatible avec l\'état de danger dans lequel il se trouve  nécessairement (1). Ce danger, qu\'il soit durable ou ponctuel, est accru  car un réacheminement est susceptible d\'intervenir à tout moment, ce  réacheminement est en effet inhérent à tout maintien en zone d\'attente et  il peut conduire le mineur vers une destination avec laquelle il n\'a  parfois aucune attache et le ramène parfois entre les mains de filières
que
 les pouvoirs publics ont pourtant le devoir de réprimer. L\'administrateur  ad hoc mis en place par le législateur est chargé de représenter le mineur  pour toutes les procédures administratives et juridictionnelles afférentes  au maintien en zone d\'attente, mais l\'Anafé a toujours estimé que cette  mise en place n\'apportait pas de véritable solution, dès lors que la
seule
 autorité susceptible d\'y répondre est le juge des enfants, en charge de
la
 protection judiciaire de l\'en  fance. Bien qu\'opposée à la mise en place  d\'un administrateur ad hoc, l\'Anafé a examiné leur fonctionnement depuis  deux années pour la zone d\'attente de l\'aéroport Roissy Charles de
Gaulle
 et recueilli des informations auprès des familles ou des mineurs, grâce à  ses bénévoles présents en zone d\'attente ou en charge des permanences  téléphoniques ou à travers différentes réunions avec les autorités ou avec  la Croix-Rouge. L\'Anafé avait accueilli avec beaucoup d\'espoir
l\'arrivée
 de la Croix-Rouge mais, aujourd\'hui, elle ne peut que tirer un bilan  négatif à la fois du mécanisme mis en place par le législateur mais  également de la manière dont la Croix-Rouge exerce sa mission. Toutes les  critiques émises par l\'Anafé sont confirmées et la pratique révèle les  carences de cette institution. Pour l\'Anafé, le système lui-même est  inopérant et n\'offre pas de véritable protection aux mineurs étrangers  maintenus en zone d\'attente qui sont dans tous les cas en quête de prote  ction.  Des violations de la Convention des droits de l\'enfant La Convention  internationale des droits de l\'enfant dispose que « dans toutes les  décisions qui concernent les enfants, qu\'elles soient le fait des  institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux,
des
 autorités administratives ou des organes législatifs, l\'intérêt supérieur  de l\'enfant doit être une considération primordiale. » Pour l\'Anafé, le  placement en zone d\'attente d\'un mineur isolé est incompatible avec
cette
 disposition et une telle décision ne prend à l\'évidence pas en  considération l\'intérêt supérieur de l\'enfant.  Il s\'agit clairement  d\'une décision qui repose avant tout sur des considérations liées aux  intérêts de l\'Etat en vue de faire appliquer sa politique migratoire.
S\'il
 peut être parfois dans l\'intérêt de l\'enfant de préparer son retour
auprès
 de sa famille, aucune privation de liberté n\'est pour autant tolérable.  L\'article 37 de la Convention internationale des droits de l\'enfant  prévoit également que : « L\'arrestation, la détention ou
l\'emprisonnement
 d\'un enfant doit […] n\'être qu\'une mesure de dernier ressort et être  d\'une durée aussi brève que possible ». Il précise en outre que tout
enfant
 privé de liberté doit être « traité avec humanité et avec le respect dû à
la
 dignité de la personne humaine, et d\'une manière tenant compte des
besoins
 des personnes de son âge : en particulier, tout enfant privé de liberté
sera
 séparé des adultes, à moins que l\'on n\'estime préférable de ne pas le  faire dans l\'intérêt supérieur de l\'enfant, et il a le droit de rester
en
 contact avec sa famille par la correspondance et par des visites, sauf  circonstances exceptionnelles ». Enfin, les enfants privés de liberté  doivent avoir « le droit d\'avoir rapidement accès à l\'assistance
juridique
 ou à toute assistance appropriée, ainsi que le droit de contester la  légalité de leur privation de  liberté devant un tribunal ou une autre  autorité compétente, indépendante et impartiale, et à ce qu\'une décision  rapide soit prise en la matière. » Le placement des mineurs isolés est  d\'ailleurs réprouvé de manière absolue par le HCR qui estime que les  enfants séparés en quête de protection ne devraient jamais se voir refuser  l\'entrée sur le territoire ni être refoulés à la frontière, « ni être  détenus pour cause d\'immigration » (Déclaration de bonne pratique,  programme en faveur des enfants séparés en Europe, 3ème édition, 2004).
Dans
 le même sens, M Alvaro Gil-Robles, alors Commissaire aux droits de
l\'Homme
 du Conseil de l\'Europe, dans son rapport 2006 sur le respect effectif des  droits de l\'Homme en France, a pour sa part considéré que le fait que la  législation française ne distingue pas les mineurs des majeurs et que  l\'admission des mineurs ne soit pas automatique constituent un « vide  juridique » qui contrevient à plusieurs dispositions de la Convention des  dro  its de l\'enfant. Il a en conséquence demandé aux autorités
françaises
 de considérer les mineurs isolés comme des enfants en danger qui ne
doivent
 pas être maintenus en zone d\'attente mais placés dans des lieux
bénéficiant
 d\'un accueil spécialisé. Qui peut sérieusement croire qu\'il n\'y a pas  d\'autres options que l\'enfermement de ces enfants ? En outre, la durée  maximum prévue pour le maintien en zone d\'attente, jusqu\'à vingt jours,  n\'est bien entendu pas « aussi brève que possible » et s\'avère  excessivement longue pour des enfants, qui peuvent en sortir gravement  traumatisés. A l\'inverse, le maintien est parfois trop rapide et le
mineur
 est réacheminé de manière précipitée, sans qu\'il ait pu faire entendre sa  cause de manière appropriée. Enfin, les enfants de plus de treize ans, en  violation patente de la Convention, sont maintenus en zone d\'attente sans  être séparés des adultes et sans que rien ne soit prévu pour tenir compte  des besoins de leur âge. Pour ceux  qui ont moins de treize ans, ils sont  séparés des adultes mais dans des conditions qui restent encore opaques  (lieu inconnu, inaccessible aux membres de la famille et à
l\'administrateur
 ad hoc, sous la responsabilité de personnes dont les garanties ne sont pas  justifiées), de telle sorte que personne ne peut vérifier que les droits  attachés au maintien en zone d\'attente sont respectés et peuvent être  matériellement exercés par les intéressés dans des conditions  satisfaisantes. Enfin, leur droit de contester la légalité de la mesure de  privation de liberté n\'est pas effectif. En effet, d\'une part, certains  mineurs sont renvoyés avant même d\'avoir rencontré un administrateur ad
hoc
 et d\'autre part les administrateurs nommés se refusent, dans les faits, à  contester cette décision.  Une mission de représentation défaillante L\'administrateur ad hoc (AAH)  doit assurer la représentation du mineur dans toutes les procédures  administratives et juridictionnelles relatives à son maintien en zone  d\'attente, afférentes à son entrée sur le territoire et, le cas échéant,  relatives à sa demande d\'asile à la frontière. Il a donc un rôle éminent,  tendant à s\'assurer que les droits des enfants dont il a la charge sont  effectivement respectés, tant en ce qui concerne les conditions de
maintien
 en zone d\'attente que dans l\'exercice des voies de droit qui s\'offrent
à
 lui et qu\'il ne peut pas mettre en œuvre lui-même. Toute défaillance ou  simple manquement à cette mission prive de facto les enfants des droits
qui
 sont les leurs. Il est regrettable que les AAH de la Croix-Rouge, comme
ceux
 de l\'association SOS Victimes 93 avant eux, ne considèrent pas comme une  obligation le fait d\'être présents au côté du mineur lors de toutes les  phases de la procédure et particulièrement, lors de son arrivée sur le ter  ritoire, lorsque lui sont notifiés non pas seulement les décisions de
refus
 d\'entrée et de maintien en zone d\'attente mais surtout les droits qui
sont
 attachés à ce maintien. Dans ces conditions, sachant qu\'un mineur est  exposé au risque d\'être renvoyé en quelques heures, l\'intervention
tardive
 de l\'administrateur ad hoc prive un grand nombre de mineurs de toute  possibilité de contester de manière effective les décisions qui sont
prises
 à leur encontre. La Croix-Rouge considère elle-même que la désignation  n\'est tardive que si elle est faite au-delà de 10 heures après l\'arrivée  en zone d\'attente du mineur (CR réunion Croix-Rouge/Anafé 13 octobre
2005).
 Les mineurs refoulés à la frontière se voient notifier une décision de
refus
 d\'entrée en dépit de leur statut d\'« incapable ». L\'obligation
introduite
 à l\'article L. 221-5 du Code de l\'Entrée et du Séjour des Etrangers et
du
 Droit d\'Asile (CESEDA) de désigner un administrateur ad hoc chargé de  représenter les mi  neurs n\'est pas respectée. Cette disposition prévoit  pourtant que la désignation est faite « sans délai » par le procureur de
la
 République et ce, « lors de l\'entrée en zone d\'attente d\'un étranger  mineur non accompagné. »  La loi du 24 juillet 2006 réformant le CESEDA a  encore réaffirmé ce principe en modifiant sensiblement le texte de  l\'article L221-5 et en ajoutant que le procureur de la République devait  être avisé « immédiatement » par l\'autorité administrative lorsqu\'un  mineur non accompagné d\'un représentant légale n\'était pas autorisé à  entrer en France. En pratique, l\'administrateur ad hoc est toujours
absent
 lors du placement en zone d\'attente. Cette situation est d\'autant plus  préjudiciable dans la mesure où aujourd\'hui, pour prétendre au bénéfice
du
 jour franc interdisant tout refoulement dans les 24 heures de l\'arrivée
de
 l\'étranger, ce dernier doit expressément en faire la demande.  Les  étrangers arrivant à la frontière ne sont pas au fait des su  btilités  légales et administratives. A fortiori, un enfant se trouve d\'autant plus  désarmé et ne saurait faire valoir lui-même ses droits dans de telles  circonstances, d\'autant qu\'en qualité d\'« incapable », ses capacités  juridiques sont amoindries ou neutralisées. La présence d\'un
administrateur
 ad hoc est tout simplement décisive, car elle devrait offrir au mineur la  faculté d\'exercer véritablement ses droits. L\'Anafé ne peut que dénoncer  son absence car celle-ci s\'apparente en pratique à une réelle privation
des
 droits du mineur. Fort de ce constat, le Commissaire aux droits de
l\'Homme
 du Conseil de l\'Europe a d\'ailleurs recommandé aux autorités françaises  dans son rapport de 2006 de faire en sorte que l\'administrateur ad hoc
soit
 effectivement nommé dès l\'admission du mineur en zone d\'attente.  Face à cette pratique illégale, les AAH devraient contester
systématiquement
 les décisions de refus d\'entrée notifiées à des mineurs en leur absence.  D\'ailleurs, la circulaire interministérielle n° CIV/01/05 datée du 14
avril
 2005 prévoit expressément que l\'administrateur ad hoc « doit rendre  effectifs les recours du mineur :  devant la juridiction administrative à  l\'encontre de la décision de refus d\'entrée sur le territoire, qu\'elle  soit ou non formulée au titre de l\'asile à la frontière ; devant la  juridiction judiciaire, tant en première instance qu\'en appel, dans la  procédure de prolongation du maintien. » A cet égard, il convient de  rappeler que dans le cadre de cette dernière procédure, il est possible de  soulever toutes les exceptions de nullité constatées dans la procédure  préalable à la saisine du juge judiciaire et qu\'il est notamment possible  de contester par ce biais-là l\'absence d\'administrateur ad hoc au moment  de la notification du placement en zo  ne d\'attente et de son  renouvellement. Or, les administrateurs ad hoc de la Croix-Rouge n\'ont  jamais accepté de contester les mesures de placement en zone d\'attente
des
 mineurs qu\'ils sont censés représenter, ni les modalités de leur  notification qui sont singulièrement marquées par leur absence
systématique.
 Cette absence n\'a jamais été soulevée par un administrateur ad hoc devant  le tribunal administratif ou devant le juge des libertés et de la
détention.
 Faisant valoir ses contingences matérielles, la Croix-Rouge a même accepté  auprès du parquet que ses représentants soient désignés administrateurs ad  hoc à la seule condition de ne pas devoir être présents lors du maintien  initial en zone d\'attente. Elle exige seulement d\'être informée de cette  décision. C\'est donc très logiquement qu\'elle s\'est engagée à ne pas  soulever d\'exception de nullité de la procédure lorsque l\'étranger  comparaît devant le juge des libertés et de la détention, sauf dans les
cas
 où elle    n\'aurait pas été informée de cette décision (CR réunion
Croix-Rouge/Anafé
 13 octobre 2005). Cet « accord » passé avec le parquet a donc pour objet
et
 pour effet d\'écarter d\'emblée les garanties essentielles pourtant
prévues
 par la loi, qui étaient d\'ailleurs critiquées par l\'Anafé lors de leur  édiction en ce sens qu\'elles étaient considérées comme largement  insuffisantes. Cette situation est d\'autant plus inacceptable que le
mineur
 étranger est souvent éloigné du territoire quelques heures à peine après
son
 arrivée, soit longtemps avant que la police aux frontières soit dans  l\'obligation de le présenter devant le juge judiciaire pour solliciter la  prolongation de son maintien en zone d\'attente. Toujours en faisant état
de
 contingences matérielles, il arrive que la Croix-Rouge refuse une mission
et
 prenne donc le risque de laisser un mineur isolé en zone d\'attente sans  qu\'il ne puisse faire valoir aucun droit. L\'aveu d\'impuissance de  l\'administrateur ad hoc est    donc criant : cet accord révèle bien que la mise en place de  l\'administrateur ad hoc est inopérante et, plus globalement, que le
système
 retenu par le législateur l\'est tout autant. Au nom d\'une prétendue  représentation légale qui n\'est pas respectée voire tout simplement pas  assurée, c\'est en fait une véritable protection de l\'enfant qui est  bafouée. On peut aussi déplorer que, bien souvent, les administrateurs ad  hoc ne disposent pas d\'une formation suffisante pour défendre
efficacement
 les intérêts des mineurs isolés, ce qu\'Alvaro Gil-Robles, regrette dans
son
 rapport, notamment du fait « qu\'ils se trouvent quotidiennement
confrontés
 à des questions juridiques très pointues ». Non seulement les  administrateurs n\'exercent pas leur mission de façon satisfaisante en ce  qui concerne le placement en zone d\'attente mais la question des dangers  que les enfants peuvent encourir en cas de renvoi vers un pays de transit
ou
 vers leur pays d\'origine n\'est pas prise en c  onsidération. Aucune  recherche n\'est entreprise pour savoir si ces mineurs, dont certains sont  très jeunes, ont de la famille ou des personnes susceptibles de s\'occuper  d\'eux de façon satisfaisante à leur retour.  Une mission d\'assistance qui n\'est pas assurée Dans le cadre de sa
mission
 d\'assistance, l\'administrateur est aussi chargé d\'identifier les
enfants
 en danger au sens de l\'article 375 du code civil. La circulaire du 14
avril
 2005 précise qu\'il peut « saisir le parquet de la situation du mineur à  toutes fins utiles (dénonciation d\'un crime ou d\'un délit, d\'une  situation de maltraitance etc.) » Or, dans les faits, les mineurs ne  semblent jamais être informés de la possibilité qu\'ils ont de saisir  directement le juge des enfants. La circulaire d\'avril 2005 n\'évoque pas  cette possibilité et la Croix-Rouge ne l\'a pas intégrée dans sa pratique.  Pourtant, le fait que l\'administrateur ad hoc puisse communiquer au  procureur d\'éventuels éléments « susceptibles de justifier la saisine du  juge des enfants » ne devrait pas pour autant le dispenser d\'informer le  mineur de l\'ensemble de ses droits dans ce domaine. Cette carence est  d\'autant plus regrettable que, dans la pratique, le juge des enfants de  Bobigny s\'est pou  r l\'instant révélé beaucoup plus réactif et
protecteur
 que le parquet. En outre, l\'administrateur ad hoc devrait faciliter les  contacts avec d\'éventuels parents en France ou à l\'étranger. La
circulaire
 d\'avril 2005 rappelle même qu\'il peut rencontrer, en dehors de la zone  d\'attente, les membres de la famille du mineur qui se trouvent sur le  territoire français. Cet aspect de la mission des administrateurs ad hoc  n\'est à notre connaissance que trop rarement assuré par la Croix-Rouge.  Notre constat est que la Croix-Rouge ne prend pas suffisamment en compte
les
 dangers pouvant résulter du maintien en zone d\'attente. Il apparaît  pourtant que les conditions de ce maintien ne permettent nullement de  garantir un séjour exempt de risque. Les moyens d\'encadrement et de  protection des enfants sont notoirement insuffisants.  Tout d\'abord, on a  pu constater par le passé que les conditions matérielles pouvaient très  rapidement se dégrader et aboutir à des conditions indignes d  e privation  de liberté. Ensuite, le juge des enfant est tout à fait à même de
considérer
 que la moralité ou la sécurité des enfants de plus treize ans est menacée
du
 seul fait qu\'ils soient maintenus en zone d\'attente dans les mêmes
locaux
 que les majeurs. Enfin, la sécurité de l\'enfant est directement menacée  lorsqu\'il est exposé à des violences.  Le risque de violences policières,  notamment au moment de l\'embarquement, ne peut pas non plus être nié et a  souvent été dénoncé. Ainsi, dans son rapport 2003, rendu public en mai
2004,
 la Commission nationale de déontologie de la sécurité a établi qu\'un
enfant
 avait « reçu des coups en lien direct avec la tentative de réembarquement
:
 coups donnés au visage et blessures au poignet provoquées par la torsion  volontaire des menottes ». Ce risque est d\'autant plus préoccupant que  l\'actuel ministre de l\'Intérieur a officiellement légitimé ces actes de  violence à l\'égard d\'un mineur en répondant à la Commission que : « sur
l
 es contraintes exercées à l\'encontre de M. W., il ressort que celui-ci a
 être maîtrisé avec la force strictement nécessaire par les fonctionnaires  intervenants ».  En 2005, 466 mineurs ont été refoulés et 34 ont été  refoulés par la force (2). Enfin, il semble, que la Croix-Rouge ne dénonce  jamais publiquement des situations qui sont pourtant inacceptables. Ainsi,  elle sait très bien que de nombreux mineurs chinois sont renvoyés du  territoire français avant même qu\'elle soit désignée par le procureur de
la
 République. Comment est-ce juridiquement possible si l\'on sait que l\'une  des garanties essentielles qui doit être notifiée lors du placement en
zone
 d\'attente est l\'information relative au bénéfice du jour franc ? On a  peine à croire que la police aux frontières informe correctement et avec
les
 précisions nécessaires les mineurs à qui elle notifie cette mesure et que  ceux-ci renoncent librement et volontairement à ce droit qui n\'est de  surcroît qu\'une faculté. De    même, elle sait parfaitement que les mineurs de treize ans sont hébergés  dans des hôtels. Or, l\'Anafé n\'a jamais eu connaissance de protestation
de
 la part de la Croix-Rouge alors même que ses administrateurs ad hoc ne  peuvent jamais s\'y rendre et vérifier les conditions dans lesquelles ces  mineurs sont hébergés et les modalités dans lesquelles les droits
afférents
 au maintien en zone d\'attente peuvent être matériellement exercés.
Comment
 peut-elle considérer qu\'elle accomplit la mission qu\'elle a acceptée
sans
 pouvoir rencontrer la « nurse » aux côtés de laquelle se trouve le mineur,  mineur que l\'administrateur ad hoc doit non seulement représenter mais  également protéger ?  La Croix-Rouge minimise aussi les dangers résultant des risques liés au  retour.  Alors que les autorités françaises ne sont jamais en mesure  d\'apporter des garanties sur les conditions d\'accueil des mineurs dans  leur pays d\'origine, ou pire dans le pays de dernier transit, les  administrateurs ad hoc ne saisissent que très rarement le parquet et
encore
 plus rarement le juge des enfants. Une telle inertie est inexplicable
compte
 tenu, d\'une part, des destinations les plus fréquentes, qui concernent
des
 pays où la situation est particulièrement dangereuse, et, d\'autre part,
du
 fait que, comme on l\'a vu, nul ne se préoccupe de la réalité de la  situation individuelle de l\'enfant et de l\'environnement d\'accueil qui  sera le sien. En effet, même si c\'est le danger personnel de l\'enfant
qui
 est le seul à pouvoir être pris en considération, l\'Anafé regrette de  constater que la police aux frontières remet des mineurs à des autorités  comme celles de la Libye ou de la Républiq  ue Démocratique du Congo en  affirmant que toutes les vérifications ont été effectuées en quelques  heures. Or, on constate à cet égard que lorsqu\'il a été saisi, le juge
des
 enfants a souvent conclu à l\'existence d\'un danger de nature à  compromettre l\'avenir du mineur concerné et à la nécessité de prendre  immédiatement une mesure d\'assistance.  Des expertises osseuses pratiquées illégalement Les actes médicaux
pratiqués
 à l\'occasion de l\'expertise visant à déterminer l\'âge d\'un jeune  devraient être autorisés par les titulaires de l\'autorité parentale  conformément aux dispositions de l\'article 371-1 du code civil. Compte
tenu
 du fait qu\'il ne s\'agit pas d\'une urgence vitale ou d\'un risque grave  pour la santé du mineur, il n\'y a aucune possibilité de se dispenser de  leur autorisation, sauf à nommer un représentant légal en leur absence qui  consentirait à cet examen. Or, en pratique, on constate que
l\'autorisation
 des administrateurs ad hoc n\'est jamais requise et qu\'à notre  connaissance, la Croix-Rouge n\'a jamais protesté ni émis de réserve à ce  propos. De plus, le consentement du mineur devrait être systématiquement  recherché s\'il est apte à exprimer sa volonté (CSP, art. L. 1111-4). Les  mineurs ont le droit de recevoir eux-mêmes une information et de
participer
 à la prise de décision les concernant, d\'une manière adaptée à leur degré  de maturité  (CSP, art. L. 1111-2). Or, comme le relève le Comité  consultatif national d\'éthique dans son avis rendu le 23 juin 2005,  l\'expertise est généralement effectuée sans le consentement du mineur. Là  encore, les administrateurs ad hoc ne se préoccupent pas de savoir si  l\'administration a tenté de recueillir le consentement des mineurs comme  cela est prévu par la loi.  L\'examen du caractère « manifestement infondé » de la demande d\'asile
Les
 administrateurs ad hoc devraient s\'opposer à ce que des mineurs soient  soumis à l\'examen du caractère « manifestement infondé » de leur demande  d\'asile. L\'examen du caractère manifestement infondé de la demande  d\'asile d\'un mineur isolé est en effet contraire aux recommandations du  HCR adoptées dans le cadre du programme en faveur des enfants séparés en  Europe (PESE). La Déclaration de bonne pratique du PESE précise que les  enfants séparés en quête de protection ne doivent jamais se voir refuser  l\'entrée sur le territoire ni être refoulés à la frontière ni être
détenus
 pour cause d\'immigration ; ils ne doivent pas non plus être soumis à des  entretiens poussés par les services d\'immigration au point d\'entrée sur
le
 territoire (art. 1). En revanche, ils doivent « passer par les procédures  normales et se voir épargner les procédures alternatives comme celles  relatives au \"pays tiers sûr\" (admissibilité), au \"manifestement  infondé\" (accélérée)… » (art. 12.a). Dè  s lors, il ne saurait être
affirmé
 que la désignation d\'un administrateur ad hoc a amélioré le sort des  mineurs maintenus en zone d\'attente. Bien au contraire, cette mission  n\'étant pas assurée dans l\'intérêt exclusif des mineurs, elle ne peut  qu\'être fermement contestée.  Conclusion  Le législateur a cru bon de mettre en place un simple système de  représentation légale pour répondre aux situations de danger auxquelles
sont
 pourtant confrontés tous les mineurs isolés qui se présentent à nos  frontières. Aux yeux de l\'Anafé, ce système a toujours été insuffisant
dès
 lors qu\'il n\'offre pas de protection adaptée et que le risque de  refoulement vers un pays ne présentant pas plus de garanties est inhérent
au
 maintien en zone d\'attente et qu\'il est susceptible d\'intervenir à tout  moment. La pratique constatée depuis plus de deux années ne fait que  confirmer l\'Anafé dans ses convictions. Pire, l\'absence systématique de  l\'administrateur ad hoc à des moments essentiels tels que la notification  du maintien initial en zone d\'attente et des droits qui y sont attachés
ou