[Mineursisoles] [ATTAC-FRANCE] Evénements tragiques de Melilla et de Ceuta : en finir avec l'Europe forteresse !

From : ericdavid@... , the 22nd October 2005 21:37
  • 2005-10-22 21:37:42 — ericdavid@... - [Mineursisoles] [ATTAC-FRANCE] Evénements tragiques de Melilla et de Ceuta : en finir avec l'Europe forteresse !

[ATTAC-FRANCE] Evénements tragiques de Melilla et de Ceuta : en finir avec l'Europe forteresse !
 A propos des évènements tragiques de Melilla et de Ceuta  En finir avec l'Europe forteresse !  http://www.france.attac.org/a5585  Depuis de nombreuses années, des milliers de migrants subsahariens
tentent, au péril de leur vie et à travers un long périple de plusieurs mois dans des conditions atroces, d'atteindre l'Europe, dans l'espoir d'y trouver sécurité et ressources nécessaires à une vie digne. Ayant souvent investi la totalité des économies de leur famille dans cette tentative, ils viennent de Guinée, du Libéria, du Congo, de Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Nigéria, du Mali, du Cameroun, ils fuient des situations de guerre ou les persécutions dont ils l'objet, ou avec l'espoir de trouver les moyens d'assurer la survie de leur famille.
 Ces migrants, la Commission européenne, comme les gouvernements des Etats
membres de l'UE, les nomment des « clandestins ». Et ce mouvement migratoire, légitime, « invasion ».
 Sans jamais s'interroger sérieusement sur ses causes, ses effets, ni a
fortiori leurs responsabilité propres dans cette situation, leur seule préoccupation est de l'endiguer. Pour cela, l'Union européenne érige des murs de plus en plus hauts, installe des dispositifs toujours plus sophistiqués pour se « protéger », et pour échapper au regard de l'opinion publique qui pourrait s'en indigner, négocie aujourd'hui l'installation de ces dispositifs en dehors de ses propres frontières.
 Cette « externalisation de sa politique migratoire consiste à faire
prendre en charge, de gré ou de force, la « protection de ses frontières » par ses voisins proches - au Sud, les pays du Maghreb, la Mauritanie et la Libye, à travers différents accords et en échange de financements.
 Ces pays acceptent ainsi le statut de « zone tampon » : ils installent des
camps jusqu'en plein Sahara, des barbelés aux frontières, étendent leurs dispositifs policiers, organisent des systèmes de surveillance à l'aide de technologies de plus en plus sophistiquéesS Pour tenter de « dissuader » d'autres migrations, et montrer leur bonne volonté à l'UE, ils déploient tout un arsenal de répressions et d'humiliations. Tout cela au mépris de toutes les Conventions internationales et des droits fondamentaux des personnes. Pris au piège, les migrants prennent de plus en plus de risques, pour parvenir malgré tout à poser les pieds sur le territoire européen : traversée de la Méditerranée de nuit dans des embarcations de fortune ; escalades des grillages et barbelés entourant les enclaves, étroitement surveillées. On ne compte plus le nombre de victimes, au large des îles italiennes, des Canaries et des côtes andalouses ou au pied des barbelés entourant les enclaves.
 Ces dernières semaines, cela a une nouvelle fois conduit à un drame :  plusieurs centaines de migrants ont tenté, ensemble, de pénétrer les
enclaves de Melilla et de Ceuta, à l'aide de simples échelles de fortune. Ils ont été accueillis par des balles. Plus de dix personnes ont été tuées et des dizaines d'autres grièvement blessées ; plusieurs centaines ont été déportées et abandonnées, sans eau ni vivres, dans le désert du SaharaS
 Cette tragédie est le fruit de cette politique migratoire de la «
forteresse Europe », essentiellement utilitariste, à laquelle les gouvernements des pays du Sud servent de supplétifs. Elle est également la conséquence, parmi d'autres, d'une situation de relations avec l'Afrique qui aboutit par exemple à ce que les bénéfices nets d'un groupe comme Total-Fina-Elf s'élèvent à 12 milliards d'¤ par an, soit plus du double du volume global de l'Aide publique au développement de la France. Elle résulte de l'exigence des pays riches et des institutions financières internationales pour que l'Afrique sub-saharienne rembourse sa dette internationale, ce qu'elle fait depuis de très longues années au rythme de $ 25.000 à la minute. A quoi bon un "plan Marshall pour l'Afrique", si de tels scandales peuvent continuer ?
 La France porte une responsabilité forte dans cette situation. Elle pousse
en effet au sein de l'UE, avec une démagogie sans limite, à ce durcissement et cette externalisation des politiques migratoires. Elle prône elle aussi la distinction entre « immigration subie » (les réfugiés, q'il faut empêcher coûte que coûte d'entrer), et « immigration choisie », en fonction des besoins des économies du Nord. Sur son propre territoire, d'ailleurs, des sans-papiers, hommes, femmes, enfants, dont le seul tort est de vouloir vivre et construire un avenir meilleur, sont aujourd'hui pourchassés, traqués, empêchés de vivre, enfermés dans des centres de rétentions dans des conditions scandaleuses, avant d'être expulsés par "charters".
 Attac France s'indigne de ces violations devenues systématiques du droit
des personnes à la libre circulation, du droit d'asile, du droit à la vie et à la protection, contenus dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et les Conventions internationales.
 Attac France dénonce le traitement inhumain réservé aux migrants africains
par les autorités espagnoles et marocaines, au mépris de tous les engagements internationaux, et appelle l'Espagne à arrêter immédiatement les expulsions, à procéder à la régularisation de tous les rescapés et à renoncer à ériger des murs autour de Ceuta et Melilla.
 Attac France dénonce également avec force les politiques d'asile et
d'immigration actuelles de l'Union européenne qui font du fait migratoire une « menace » et reposent sur une approche exclusivement sécuritaire. Elle appelle l'Union européenne à cesser de financer la répression contre les migrants et à renoncer à sa politique d'externalisation du traitement des réfugiés qui conduit à subordonner l'Aide au développement à ce rôle de gendarme. Elle exige de l'Union européenne qu'elle mette en ¦uvre, sans tarder, une véritable politique d'asile et d'immigration, respectueuse des droits, de l'intégrité physique et de la dignité des personnes. Elle exige des Etats membres, et en premier lieu de la France, qu'ils ratifient la Convention pour le respect des droits des migrants et de leur famille.
 Attac France réclame la formation de commissions d'enquête, sous l'égide
du Parlement européen et de l'ONU, pour examiner l'ampleur des atteintes aux droits des migrants, et définir les responsabilités dans tous crimes commis, les déportations dans le désert et la non-assistance à personne en danger.