[Obs-enfermement] "sécuriser le placement en rétention des "dublinés"

From : rodier@... , the 8th February 2018 16:58
  • 2018-02-08 16:58:54 — rodier@... - [Obs-enfermement] "sécuriser le placement en rétention des "dublinés"

en parallèle au projet de loi asile immigration, l'assemblée nationale  puis le sénat viennent d'adopter une proposition de loi présentée par un  élu LREM pour faire échec à un arrêt de la cour de cassation du 27  septembre 2017 qui a jugé que la pratique qui consistait à placer en  rétention des demandeurs d'asile dublinés en attente de transfert était  illégale  (https://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/premiere_chambre_civile_568/1130_27_37725.html) qu'à cela tienne : si la pratique est illégale, il n'y a qu'à changer la  loi en "sécurisant  le placement en rétention des "dublinés" sur le site du sénat : les procédures de réadmission ont été fragilisées par l'arrêt de la Cour  de cassation du 27 septembre 2017. La Cour a en effet remis en cause le  placement en rétention administrative des "dublinés" en considérant que  le droit français ne prévoyait aucun « critère objectif » définissant  les "raisons de craindre la fuite du demandeur d'une protection  internationale qui fait l'objet d'une procédure de transfert" 83(*). La commission des lois du sénat estime que "_/face à cette  jurisprudence, il apparaît prioritaire de faire évoluer la partie  législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit  d'asile (CESEDA) pour sécuriser le placement en rétention des  "dublinés"/__"_. http://www.senat.fr/espace_presse/actualites/201801/application_du_regime_dasile_europeen.html voir le texte adopté par le sénat le 7 février 2018  http://www.senat.fr/leg/tas17-049.html et l'article de libération ci-après http://www.liberation.fr/politiques/2018/02/08/asile-les-deputes-lrem-obliges-d-accepter-un-texte-durci-par-le-senat_1628253   Asile : les députés LREM obligés d'accepter un texte durci par le Sénat Par Laure Equy  — 8  février 2018 à 11:35 La Commission des lois, à l'Assemblée nationale. AFP         Les députés ont voté une proposition de loi sur le régime d'asile     européen sans revenir sur les modifications du Sénat. Pour combler     rapidement un vide juridique, justifie LREM. L’aveu est pour le moins surprenant. /«Nous voterons conforme ce texte  bien qu’il soit imparfait»,/ reconnaît la députée La République en  marche (LREM) Marie Guévenoux. Sa collègue, Emilie Chalas, si elle  confie avoir /«des doutes»/ et même /«un cas de conscience»/, ajoute que  par/«bon sens, pragmatisme et souci d’efficacité»/, elle aussi votera la  proposition de loi débattue en commission des lois, sans changer une ligne. Les députés examinaient mercredi matin la proposition de loi du député  (Agir-Udi) Jean-Luc Warsmann  ,  censée permettre /«une bonne application du régime d’asile européen»./  Votée début décembre à l’Assemblée  ,  celle-ci a été débattue en janvier au Sénat qui l’a adoptée en musclant  ses dispositions.       «Vide juridique» Il s’agissait de répondre à un arrêt de la Cour de cassation qui a  estimé en septembre dernier que les critères pour placer en rétention un  demandeur d’asile soumis au règlement de «Dublin III», s’il présente  /«un risque non négligeable de fuite»,/ n’étaient pas assez clairement  définis. Le texte vise donc à préciser ces critères afin de transposer  dans le droit français cette règle européenne qui oblige tout étranger à  déposer sa demande d’asile dans le premier pays de l’Union européenne  (UE) où il est arrivé (ou a laissé une trace). Il vise donc, comme l’a  répété, le rapporteur Warsmann, à /«combler un vide juridique»./ Problème : le Sénat a complété la version des députés en la durcissant.  En ajoutant par exemple, parmi les critères de placement en rétention,  la dissimulation par un étranger /«d’éléments de son parcours  migratoire, de sa situation familiale et de ses demandes d’asile  antérieures»/ ou en raccourcissant les délais de recours. /«Nous aurions  pu nous en passer»,/ concède le rapporteur à l’Assemblée, qui invite  pourtant ses collègues à voter le texte en termes identiques  (c’est-à-dire sans l’amender) pour qu’il puisse entrer en vigueur /«plus  rapidement»/. En effet, si les députés modifiaient la mouture du Sénat,  le texte – qui doit être discuté jeudi 15 février en séance –  repartirait pour une nouvelle navette et ne serait définitivement adopté  que dans plusieurs mois. Or /«les préfectures et les services de l’Etat  ont besoin de ce texte»,/ enjoint Warsmann, donnant donc un avis  défavorable à tout nouvel amendement, /«quelle que soit sa qualité»./ À lire aussi Une proposition de loi pour placer plus de migrants en  centre de rétention  Et LREM obtempère. /«Afin de combler le vide juridique existant et de  répondre à l’urgence opérationnelle»,/ justifie Marie Guévenoux, tout en  jugeant /«discutables»/ certaines mesures accolées par les sénateurs.  L’Assemblée nationale doit pourtant discuter au printemps un projet de  loi «asile et immigration» qui aurait pu aborder ce sujet. Qu’à cela ne  tienne./«Peut-être aurons-nous l’occasion, lors de l’examen de ce projet  de loi, de corriger un certain nombre d’ajouts du Sénat,/ prévoit  Florent Boudié. /Nous le verrons ultérieurement, pour l’instant, il faut  agir.»/       «On vote maintenant et on détricotera après ?» L’/«esprit de responsabilité»/ et le /«pragmatisme»/ invoqués par les  députés LREM pour retirer leurs propres amendements et adopter le texte  tel quel, ont abasourdi l’opposition. /«Le texte est imparfait donc vous  allez voter pour. C’est extraordinaire ! //Qu’est-ce que c’est que cette  cacophonie ?», /leur lance le député Ugo Bernalicis (France  insoumise).//La socialiste Marietta Karamanli dénonce, elle, un/«petit  arrangement avec des personnes très proches politiquement. Ce n’est pas  La République en marche, c’est la droite en marche.»/ Même des députés de la majorité s’étonnent du procédé. /«L’idée c’est :  on vote maintenant et on détricotera après ?»,/ interroge Laurence  Vichnievsky,/«assez décontenancée»./ Erwan Balanant (Modem), qui a  maintenu ses amendements pour revenir à la première version, estime que  /«l’ajout du Sénat dénature l’équilibre trouvé dans le texte initial.  Vous êtes en train de détruire le sens du travail que nous avions fait  dans le premier round de ce texte»,/ prévient-il, invitant ses collègues  LREM à /«ne pas confondre vitesse et précipitation»./ Plusieurs d’entre eux ne cachent pas être gênés aux entournures. Comme  Emilie Chalas ou Matthieu Orphelin qui, tout en se pliant à la consigne,  promettent d’être /«particulièrement vigilants»/ sur le projet de loi  qui sera porté par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, afin  d’aboutir à /«un dispositif équilibré»./ Stella Dupont (LREM) déplore, à  son tour, que la proposition de loi version Sénat /«emprunte un chemin  qui vise à placer encore davantage en rétention et (n’aille) pas dans le  bon sens»./ Les députés LR n’ont pas perdu une miette de /«ces discussions amusantes  et un peu ridicules»/ laissant entrevoir le malaise de LREM sur  l’immigration  :  /«On a compris que la majorité était traversée par deux courants de  pensée»,/ frétille Raphaël Schellenberger (Les Républicains), y voyant  les futures lignes de fracture sur le texte /«asile et immigration»/.  Les députés LREM oseront-ils alors sortir du rang ? Laure Equy