[Obs-enfermement]En visite en centre de rétention, trois députés constatent entorses à la loi et locaux dégradés (LM)

From : rodier@... , the 13th February 2018 15:54
  • 2018-02-13 15:54:07 — rodier@... - [Obs-enfermement]En visite en centre de rétention, trois députés constatent entorses à la loi et locaux dégradés (LM)

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/02/13/en-visite-en-centre-de-retention-trois-deputes-constatent-entorses-a-la-loi-et-locaux-degrades_5255887_1654200.html   En visite en centre de rétention, trois députés constatent entorses à   la loi et locaux dégradés Par Maryline Baumard Yaël Braun-Pivet, Naïma Moutchou (LRM) et Stéphane Peu (LFI) ont visité  lundi le CRA du Mesnil-Amelot. Ils y ont notamment trouvé une petite  fille de 13 mois enfermée depuis plusieurs jours avec sa mère. A l’entrée de la zone réservée à l’enfermement des familles, le  commissaire Pierre Bordereau, directeur des centres de rétention  d’Ile-de-France, marque une pause, heureux de montrer aux trois députés  le /« dispositif anti-pincement de doigt »/ installé sur les portes. Le  détail aurait pu faire son effet. Mais au centre de rétention  administrative (CRA) numéro deux du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne),  lundi 12 février, il a fait un bide. Les regards des parlementaires se sont plus volontiers arrêtés sur  /« l’absence de serrures aux toilettes »/, ou /« l’état de certaines  chambres aux murs maculés »/. Ce qui a vite amené Yaël Braun-Pivet (La  République en marche, LRM, Yvelines), présidente de la commission des  lois, à affirmer que /« si on veut augmenter la durée de rétention, il  va falloir adapter sérieusement les locaux »./ Avant de discuter la loi asile et migration qui arrivera prochainement  en débat, et prône plus de 100 jours de rétention pour préparer  l’expulsion d’un étranger, contre 45 aujourd’hui, M^me  Braun-Pivet,  Naïma Moutchou (LRM, Val-d’Oise) et Stéphane Peu (La France insoumise,  Seine-Saint-Denis) sont venus lundi après-midi constater sur le terrain  qui on enferme en CRA et dans quelles conditions. La réponse leur est rapidement apparue sous les traits d’une toute  petite fille de 13 mois, qui débutait lundi sa deuxième semaine de  privation de liberté, accrochée au dos de sa mère. Cette dernière, une  Ivoirienne de 20 ans, avait pourtant deux bonnes raisons au moins de ne  pas se trouver là avec son enfant. Ayant laissé ses empreintes pour la  première fois en Europe en Italie, elle pouvait y être renvoyée au nom  des accords de Dublin. Et la Cour de cassation a estimé, le 27 septembre  2017, que rien dans le droit français ne permettait d’enfermer un  « dubliné » en rétention…     La France condamnée six fois A ce premier contournement de la loi s’ajoute le fait que la France a  déjà été condamnée six fois par la Cour européenne des droits de l’homme  (CEDH) pour la privation de liberté d’un mineur… Mais les préfectures  continuent de passer allègrement outre les décisions des juridictions  françaises et européennes. Au Mesnil-Amelot, les députés ont également découvert un nouveau profil  de « retenu » qui donne au centre de faux airs de hall d’aéroport. Une  jeune Hondurienne en route pour l’Espagne tourne en rond après avoir  passé une dizaine de jours en zone d’attente à Roissy. Elle a été  transférée là après son refus de monter dans un vol retour. Non loin, une Tunisienne, munie d’un visa pour étudier en Ukraine,  traîne sa tristesse à l’idée que ses /« cours de biologie ont déjà  commencé »/. Elle aussi se retrouve là pour avoir refusé un retour.  /« Normal, /rétorque-t-elle, /il n’est pas question que je retourne en  Tunisie puisque je vais en Ukraine. »/ Les trois députés, eux, sont repartis vers l’Assemblée nationale, un peu  mieux armés pour écrire le futur droit des étrangers. Un droit que,  demain, les fonctionnaires sur le terrain pourraient bien s’ingénier à  contourner…