[Obs-enfermement]CGLPL Communiqué sur PJL immigration asile

From : rodier@... , the 22nd February 2018 12:57

Communiqué de la *Contrôleure générale des lieux de privation de liberté  *21 février 2018     Communiqué sur le projet de loi pour une immigration maîtrisée et un     droit d’asile effectif La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté tient à  exprimer ses vives inquiétudes pour les droits fondamentaux des  personnes étrangères à l’issue de la présentation en conseil des  ministres du « projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit  d’asile effectif ». Alors même que le CGLPL est régulièrement alerté sur une augmentation  conséquente du nombre de placements en rétention administrative,  notamment de familles avec enfants, ce projet marque un net recul des  libertés et va à l’encontre des préconisations du contrôle général, en  particulier sur la durée de la rétention et le respect des droits de la  défense. Il n’est jamais anodin d’enfermer des personnes, d’autant plus quand  elles n’ont commis aucune infraction. Le Gouvernement ne semble pas en  être suffisamment convaincu. Le CGLPL rappelle depuis plusieurs années  que la durée de rétention de 45 jours est déjà inutilement longue au vu  de l’objectif d’éloignement. Les constats du CGLPL montrent que la rétention se déroule d’ores et  déjà trop souvent dans des conditions attentatoires aux droits  fondamentaux des personnes retenues : hygiène déplorable, locaux  inadaptés, sécurisation de type carcéral, absence d’intimité, accès  limité à l’air libre, prise en charge médicale aléatoire pour le  somatique et inexistante pour le psychiatrique, moyens de communication  insuffisants, absence quasi-totale d’activités. L’allongement de la durée de la rétention de 45 à 90, voire 135 jours,  ne pourra qu’aggraver ces effets délétères. Le CGLPL maintient au  contraire sa recommandation de ramener cette durée à 32 jours. En outre, ce projet de loi met en péril les droits de la défense,  augmentant l’inégalité des moyens entre les personnes étrangères et  l’administration. Dans ce domaine l’exercice des recours légaux est  complexe : technicité de la matière, obstacle de la langue, brièveté des  délais pour agir, précarité, angoisse liée à l’éloignement et à  l’enfermement. Les modifications procédurales proposées ne feront  qu’accroître ces difficultés. Dans ce cadre, la généralisation du recours à la visioconférence pour  les audiences, sans le consentement des intéressés, est inacceptable.  Outre des difficultés techniques souvent constatées, la visioconférence  entraîne une déshumanisation des débats et nuit considérablement à la  qualité des échanges. Le CGLPL rappelle ses recommandations antérieures,  aux termes desquelles l’usage de ce moyen doit rester exceptionnel, et  en aucun cas constituer une commodité pour l’administration. Elle doit  en tout état de cause être soumise à l’accord de la personne concernée. Communiqué sur le projet de loi pour une une immigration maîtrisée et un  droit d’asile effectif