[Obs-enfermement]Deux fois plus de personnes enfermées en rétention : la machine à expulser s’affole (la Cimade)

From : rodier@... , the 16th November 2017 14:56
  • 2017-11-16 14:56:04 — rodier@... - [Obs-enfermement]Deux fois plus de personnes enfermées en rétention : la machine à expulser s’affole (la Cimade)

la Cimade   Deux fois plus de personnes enfermées en rétention : la machine à   expulser s’affole 9 novembre 2017 * Depuis l’élection d’Emmanuel Macron et la nomination de Gérard Collomb  au ministère de l’intérieur, le volet répressif de la politique  migratoire s’est considérablement renforcé. Entre le développement des  contrôles au faciès et des contrôles frontières sous prétexte de lutte  antiterroriste, et les instructions données aux préfets après l’attentat  de Marseille, le nombre de personnes enfermées en centre de rétention  administrative (CRA) a été multiplié par deux. Une situation inédite qui  entraîne la violation massive des droits des personnes privées de libertés. * Après le dramatique double meurtre de Marseille le 1^er octobre 2017, le  ministre de l’intérieur a donné instruction aux préfets d’enfermer un  maximum de personnes étrangères en situation irrégulière. Cette pression  s’est immédiatement traduite par une hausse sans précédent du nombre de  personnes privées de liberté. Dans la suite du rapport de l’IGA « sur le traitement administratif de  l’auteur de l’attentat de Marseille »    estimant que ce traitement avait présenté des dysfonctionnements, Gérard  Collomb a imposé, par voie de circulaire  , aux  préfectures de faire preuve de /« la plus grande fermeté/ /»/ pour  expulser et enfermer toujours plus. Si cette circulaire ne fait que  rappeler le cadre légal déjà existant, elle invite aussi les préfectures  à faire preuve d’un zèle inédit. Cette invitation à la disproportion  fait payer aux personnes étrangères le prix fort d’une lutte  antiterroriste dévoyée. Ainsi, dans des CRA où La Cimade intervient*, le nombre de personnes  enfermées a doublé par rapport à la même période en 2016 : du 2 octobre  au 8 novembre 2017, 1 058 personnes y étaient privées de liberté, contre  569 l’an passé. Ce rythme effréné se traduit par une explosion de violations des droits  des personnes étrangères par les préfectures. En métropole, depuis le 2  octobre, 41 % des personnes enfermées ont ainsi été libérées par des  juges qui ont constaté et sanctionné des pratiques administratives ou  policières illégales – contre 30 % en 2016. Des familles sont séparées,  huit enfermées pour le seul CRA du Mesnil-Amelot ces 15 derniers jours,  des ressortissants de pays à risque (Afghanistan, Érythrée, Soudan) sont  menacés d’y être expulsés, des demandeurs d’asile visés par des  transferts Dublin sont enfermés en rétention en dépit d’une récente  décision de la Cour de Cassation qui condamne et interdit cette pratique  . Déjà éprouvantes habituellement, les conditions de privation de liberté  sont aggravées en raison de taux d’occupation des CRA particulièrement  élevés. À Toulouse, il est passé de 42 % à 90 % pour le secteur des  hommes. À Bordeaux, le CRA est plein depuis un mois. La séparation des  personnes enfermées avec leurs proches et leurs soutiens est accentuée,  les préfets n’hésitant pas à les transférer dans des CRA très éloignés  de leur lieu de résidence. /« À la frontière italienne et partout sur le territoire, les personnes  migrantes font les frais d’une politique qui fait le jeu des  amalgames. » /a déclaré Jean-Claude Mas, secrétaire général de La  Cimade./« Cette politique laisse croire à l’existence d’un lien entre  immigration et terrorisme et se développe au prix d’une chasse aux  personnes sans-papiers qui se trompe de cible. Le grand écart entre,  d’une part, le discours du Président de la République sur son  attachement à la Convention européenne des droits de l’homme et au  respect des droits fondamentaux, et, d’autre part, la politique mise en  œuvre sur le terrain est manifeste. »/ *La Cimade demande la fin de cet enfermement aveugle qui viole les  droits des personnes. Elle dénonce les actes et les discours qui  stigmatisent toute une catégorie de la population vivant en France, et  une politique qui sous couvert de lutte contre le terrorisme, préfigure  la politique d’immigration qu’entend mener ce nouveau gouvernement. *