[Pap-infos]Atelier-projection Boris Barnet, dimanche 26 février 2006 à 16H

From : precairesassocies@... , the 17th February 2006 11:01
  • 2006-02-17 11:01:35 — precairesassocies@... - [Pap-infos]Atelier-projection Boris Barnet, dimanche 26 février 2006 à 16H

Attention, ce rdv, initialement annoncé pour le samedi 25, est reporté au dimanche 26 Atelier-projection Boris Barnet, dimanche 26 février 2006 à 16H 14-16 QUAI DE LA CHARENTE - 75019 PARIS - M° CORENTIN CARIOU "Il n’y a pas lieu de craindre ou d’espérer, mais de chercher de nouvelles armes." Gilles Deleuze. Dimanche 26 février à 16h00, le groupe Boris Barnet vous invite à une projection suivie d’une discussion, de : 1. Bùsqueda Piquetera , documentaire tourné par Jeanne Gaggini et David Planque en Argentine en 2003, qui donne la parole à un mouvement de chômeurs piqueteros : le MTD Solano, Movimiento de trabajadores desocupado) 2. Jusqu’au bout , téléflim de fiction de Maurice Faivelic sur l’occupation de leur usine classée "Seveso" par les salariés de Cellatex en juillet 2000, à Givet dans les Ardennes. 1. Bùsqueda Piquetera Documentaire, 62 min, autoproduction, France, 2005 Contact : busquedapiquetera@no-log.org Les manifestations, émeutes et pillages de décembre 2001 ont révélé à la scène internationale la grave crise économique que traverse l’Argentine. Cependant dès le milieu des années 90, les licenciements massifs ont poussé les plus pauvres à s’organiser collectivement pour faire face à la misère. En dehors des structures syndicales ou politiques, apparaissent des mouvements de chômeurs et les premiers « piquetes » blocages de routes. À travers cette nouvelle pratique se développe une forme d’organisation basée sur l’horizontalité et une recherche constante d’autonomie face aux institutions. Tourné en 2003, Bùsqueda Piquetera donne la parole aux piqueteros du MTD Solano (Movimiento de trabajadores desocupado). 2. Jusqu’au bout Téléfilm de fiction, diffusé sur France 3, le 26 novembre 2005 à 20 h 55. « La situation était explosive dans l’entreprise » Christian Larose , secrétaire général de la Fédération textile de la CGT Ecrit et réalisé en 2004 d’après Cellatex, quand l’acide a coulé, de Christian Larose, secrétaire général de la Fédération textile de la CGT, qui joua les médiateurs pendant le conflit, tourné sur les lieux même de l’occupation (l’usine de Givet dans les Ardennes), avec des acteurs de la lutte et des acteurs professionels (Bernard-Pierre Donnadieu dans le rôle de Christian Larose), le téléfilm Jusqu’au bout, met en fiction le "conflit des Cellatex" (la Cellatex devient la Chimotex ; Givet, Cravennes). En juillet 2000, une usine de soie artificielle classée "site Seveso" (56 000 litres d’acide sulfurique et 46 tonnes de sulfure de carbone y étaient entreposés), est mise en liquidation judiciaire après la disparition de ses repreneurs autrichiens. Les 153 salariés se barricadent aussitôt dans l’usine qu’ils menacent de "tout faire péter". Ils font la une des médias... Martine Aubry est alors Ministre du Travail (et refuse temporairement de signer la convention Unédic qui instaiure le PARE), et Jean-Pierre Chevènement ministre de l’Intérieur : « Il n’est pas acceptable que, quelle que soit la situation difficile, les salariés puissent prendre en otages les populations avoisinantes, pas davantage que les riverains de la Meuse, en France, en Belgique, en Hollande, en répandant de l’acide sulfurique dans ce fleuve » "Bonjour, Je vous avais informé par email de la diffusion de Jusqu’au bout de Maurice Failevic. Beaucoup d’entre vous qui ne regardez pas la télévision le samedi, m’avez remercié de vous avoir prévenu car vous avez beaucoup aimé le film... Grâce à vous Jusqu’au bout a fait un bon score malgré la concurrence de Star’ac et du rugby. 3,6 millions de téléspectateurs soit 16,5% de part de marché. Et cela ne tient pas compte de ceux qui ont regardé le rugby mais ont enregistré le téléfilm. Merci à Tous. Bernard-Pierre Donnadieu" --------- Boris Barnet - Qu’est-ce que le cinéma ? - Rien. - Que veut-il ? - Tout. - Que peut-il ? - Quelque chose. Depuis janvier 2005 le groupe Boris Barnet projette régulièrement à la CIP-idf plusieurs films agencés ensemble. Les images sont la plupart du temps comme les oies : domestiques et gavées de significations. Images imaginées. Nous proposons à partir de films projetés ensemble et regardés à plusieurs d’envisager les possibilités qu’il y aurait à "restituer nos expériences" dans des modalités et délais que nous nous donnerons. Boris Barnet fut un cinéaste soviétique. Au bord de la mer bleue et nous y étions à Cannes, c’est l’histoire d’une femme, de deux hommes, d’un kolkhoze de pêcheurs et d’un miracle (aussi loin que je m’en souvienne). Pourquoi Barnet plutôt que Vertov ou Medvedkine ? Parce que Vertov c’est le montage, Medvedkine l’histoire, et Barnet cela aurait pu être les deux. Je ne sais rien sur Barnet si ce n’est Au bord de la mer bleue qui aurait pu être un film de Flaherty mis en scène par Douglas Sirk ; j’en sais trop sur Vertov et Medvedkine (la peur les trahisons le courage la guerre le communisme de guerre et Mosfilm qui ne fut pas un Hollywood soviétique pas tout à fait). - Nous avons dit qu’il n’y avait aucune différence entre faire et montrer des films. - Regarder serait comme en faire. - Qu’il n’était pas question de regarder une oeuvre en soi mais d’essayer de rapprocher (autant que faire se peut) des films sans distinction autre que ce dont nous aurions besoin. Parce que nous ne pouvons nous passer, ni du passé, ni de penser l’à présent. - Que vouloir par exemple montrer Chats perchés et Qu’est-ce que vivre ?, c’est dire déjà que le montage existe autant entre deux films, qu’entre deux plans ; c’est dire qu’entre une foule qui manifeste et un homme qui parle depuis sa vie, il y va de l’avenir du collectif. Que ce n’est pas qu’une histoire de dispositifs filmiques, mais de rapport d’histoire(s) : complémentaire, disruptif, antagoniste, fécond. Que c’est aussi ce qu’avait inventé Griffith et Hollywood avec Naissance d’une nation. - Que filmer un arbre ou la banquise est aussi important que filmer un homme si nous nous entendons pour dire que la politique ne concerne pas que ce qui est humain. - Que regarder une archive, c’est entrer dans le labyrinthe des fictions : "Tu vois, à ce moment là, j’étais là et je pensais à ça ; tu vois ce que je veux dire ?” TOUS LES ENFANTS SONT DES ACTEURS TOUTES LES FEMMES SAVENT FAIRE DE LA MISE EN SCENE (ENREGISTRER CE QUI VA, ET LE COMPARER AVEC CE QUI NE VA PAS) Avant d’être beau, cependant, affirmons-le avec simplicité, le cinéma, d’abord, est bête. Prenons ce gros mot vague dans une acception limitée. Le cinéma est né bête parce qu’il est né puissant. C’est sa malédiction originelle à lui. Il est bête comme le Pouvoir. C’est-à-dire bête deux fois : l’une comm e puissance, l’autre comme servitude, dans l’obéissance à la « seule force des choses ». Ses innombrables produits, qui lui ont assuré la domination des espaces imaginaires de l’humanité depuis plus d’un demi-siècle, ses œuvres voire ses chefs-d’œuvres, portent tous à des degrés divers la marque de cette brutalité primaire qui le caractérise dès l’origine. On avait cru possible de s’entendre, mais il a fallu se demander, au fil de misères quotidiennes : comment se fait-il que nous ayons échoué ? Tu sais, c’est comme dans le film Léon : on ne tire pas sur les femmes, ni sur les enfants. Mais bien sûr, il y a des balles perdues. On ne peut pas se passer de la nécessité de savoir ce qu’on fait lorsqu’on fabrique des images. Que fait-on des images, de nos nécessités de travail, de nos nécessités de montrer ? Comment considérer la lutte à partir de ce qu’on fait ? C’est quoi l’histoire ? Comment regarder ou construire des films ? C’est quoi, adopter un plan, comment on fait le montage si monter consiste à trouver un accord, la fiction et le docu par rapport à nos problématiques, c’est quoi un auteur ? cf photos de conflits. Comment faire avec tout ça ? C’est quoi le champ / contrechamp si on s’entend pour dire que les Palestiniens ne sont pas le contrechamp des Israéliens pas plus que Kerry le contrechamp de Bush ? ON S’ÉMERVEILLE QU’UNE IMAGE ARRIVE IL POURRAIT NE RIEN Y AVOIR Il n’y a pas de raison, pas de raison... si bien que dans un film, les images comme on dit ne sont pas sur la pellicule, elles ne sont pas dedans, elles se produisent entre qui a filmé et qui regarde. C’est un phénomène qui se produit « entre » et que vous ne pouvez pas maîtriser. Je me souviens de ces questions : A quoi engage le cinéma ? Plutôt que qu’est-ce que le cinéma engagé ? Être précaire, être acteur : être forcé de se loger dans le désir de l’autre pour mériter son rôle ? (Deleuze sur Minnelli : si tu es pris dans le rêve de l’autre, tu es fichu) ailleurs dans la profession on ne parle que de montage chaîne de montage et les fonctions les plus usitées avec final-cut sont "écraser"et "insérer" (suivies pas "remplacer" et "sauvegarder") Ce que le cinéma ne sait pas, c’est que ce qui se passe au-dehors du cinéma rejoint ce qui se passe au-dedans du cinéma. - Comment ça va ? - Ca va pas. - Oui, mais : comment ça va pas ? A bientôt j’espère ------------------------------------------ cip-idf est la liste de débat de la Coordination des Intermittents et   Précaires d'ile de france. http://www.cip-idf.org